Chypre voit une lueur au bout du tunnel, ses réserves de gaz naturel

Avec l'asphyxie de son modèle économique essentiellement fondé sur le secteur financier, Chypre compte sur l'exploitation future de ses ressources en gaz naturel off shore pour sortir de la crise. Une potentielle "rente non négligeable" qui devrait faire partie des négociations en cours pour obtenir des soutiens financiers de la part de l'Union européenne, du Fonds monétaire international et de la Russie.

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Blanchiment d'argent sale, régulation laxiste, paradis fiscal... les accusations fusent à l'encontre de Chypre depuis quelques jours. Un coup dur pour la petite île méditerranéenne, qui avait clairement axé son modèle économique sur le secteur bancaire. Le gaz naturel, et plus largement d'éventuelles autres ressources naturelles, pourraient-ils devenir la "lueur au bout du tunnel" pour les Chypriotes ?

C'est en tous cas ce que laisse envisager la proposition d'aide adressée par la banque russe Gazprombank, créée au début des années 1990 par le géant gazier public russe Gazprom pour fournir des services financiers à l'industrie gazière. L'établissement financier, ainsi détenu à 41% par Gazprom, aurait proposé de soutenir financièrement Chypre selon le quotidien russe Vedomosti, qui cite une source interne à la banque. Le montant de ce soutien reste pour l'heure inconnu. Mais, interrogée par le journal russe, l'économiste Julia Tsepliaeva de BNP Paribas a estimé qu'à elle seule Gazprombank ne pouvait fournir à Chypre qu'un crédit maximum de trois milliards de dollars au vu de son capital et de la réglementation.

"Une rente non négligeable"

La proposition met en tous cas en lumière l'importance des ressources gazières de l'île. "Cela confirme le fait que sur le plan macroéconomique, le gaz représente une rente non négligeable", remarque de son côté Alexandre Vincent, lui aussi économiste chez BNP Paribas. Il augure même une possible nouvelle réflexion au sujet du modèle économique chypriote suite à la crise financière que le pays traverse ces derniers mois. "Peut-être vont-ils opérer un repositionnement de leur économie sur le gaz ?", s'interroge-t-il. "Mais j'ignore si cela sera suffisant", tempère-t-il.

Le volume réel de ses réserves n'est en effet pour l'instant pas encore scientifiquement évalué. Il faudra patienter jusqu'à cet automne pour que de nouveaux forages soient effectués en eaux profondes. Surtout, il va falloir un peu de temps. Les analystes les plus optimistes penchent pour un début d'exploitation des ressources gazières chypriote au plus tôt en 2017, d'autres évoquent même 2020. A court terme, donc, Nicosie doit trouver d'autres solutions.

C'est ce à quoi s'attelle le gouvernement de Chypre. Ce mardi, le ministre des Finances Michalis Sarris est attendu à Moscou. Les médias moscovites affirment qu'il pourrait y négocier un nouveau prêt russe. Il n'est pas improbable qu'en contrepartie d'une aide financière, les Russes exigent des garanties quant à l'exploitation future de gisements naturels gaziers au large de l'île.

Gazprom lorgnait sur le gaz chypriote dès 2012

Cette demande n'est pas nouvelle. L'an dernier, Gazprombank avait participé, avec le groupe gazier russe Novatek et le pétrolier français Total, à un appel d'offres pour l'exploitation de ces ressources en hydrocarbures offshore de Chypre. Mais les négociations avaient échoué. Cette fois, le groupe revient en position de force.
 

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Commentaires 12
à écrit le 22/03/2013 à 7:07
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S'il n'y a pas assez de gaz naturel, t'as vu, il y aura encore le gaz de schiste, t'as vu, et puis il restera toujours le gaz d'oursin c'est tout vu !

à écrit le 20/03/2013 à 0:11
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@ Bubu 13:08 - Votre remarque concernant la définition des ZEE en méditerranée est très pertinente. C'est encore une lacune en matière législative, qui n'a pas échappé aux juristes perspicaces de multinationales - souvent même pas européennes - lesqu...

à écrit le 20/03/2013 à 0:03
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Si Chypre fait vraiment partie de l'UE, il serait logique que des groupes énergétiques européens aient la primeur (publication prioritaire) lors des appels d'offres liés à l'exploitation. Cependant, les précédents récents montrent l'inverse : la viru...

à écrit le 19/03/2013 à 18:50
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nous en France ,on a du gaz du schiste ! mais il ne va pas nous sauver la mise car à cause des Verts qui ont fait 2,5% à la derniere election presidentielle , on va pas y toucher ! cherchez l'erreur !

à écrit le 19/03/2013 à 17:33
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Une lueur au bout d'un tunnel, en langage minier cela ne signifie pas forcement la sortie mais un coup de grisou... Vue que la troïka nous a habituée au pire jusqu'à présent, je ne serais pas aussi optimiste quant à une fin heureuse.

à écrit le 19/03/2013 à 16:22
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A toutes fins utiles, ce fameux gisement de gaz off shore est revendiqué par Israël, le Liban et la Turquie qui avait menacé d?intervenir avec sa flotte pour réaffirmer ses droits. Pourquoi ne pas en parler ?

le 19/03/2013 à 16:36
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C'est le problème que je soulevais avec les ZEE non définies en Méditerranée.

à écrit le 19/03/2013 à 15:27
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L?attaque médiatique et militaire à l?encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l?énergie, ainsi que l?explique le professeur Imad Shuebi dans l?article magistral que nous publions. À un moment où la zone euro menace de...

le 19/03/2013 à 15:58
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@ le monde du gaz: l'article est intéressant, mais serait plus lisible avec l'envoi de son URL.

le 19/03/2013 à 21:37
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http://mecanoblog.wordpress.com/2012/05/15/la-syrie-centre-de-la-guerre-du-gaz-au-proche-orient/

le 20/03/2013 à 13:59
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A noter que la France semble visiblement complètement absente de cette partie d'échec économico-géo-politique.

à écrit le 19/03/2013 à 13:08
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On en parle beaucoup de ces gisements grecs, chypriotes, israéliens. Il me semble que les ZEE ne sont pas définies dans cette région ? Est ce que la Tribune a plus d'infos à ce sujet?

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