Face à l’augmentation des vagues caniculaires, pluies violentes et autres phénomènes déstabilisants, encore aggravés par l’infrastructure dense des pôles urbains, la Métropole du Grand Paris a lancé le 18 mai un outil baptisé Adaptaville. Son objectif : partager des actions concrètes d'adaptation au dérèglement climatique et inspirer les collectivités en la matière. Une quarantaine de solutions ont déjà été répertoriées, avant un appel à projet d’ici à la fin de l’année.Alors que les questions de transitions écologique et énergétique se trouvent désormais au cœur-même de l'action publique, qu'en est-il des mesures d'adaptation aux dérèglements inévitables à venir ? Les projections le montrent : en plus de la lutte contre le changement climatique, il faudrait en anticiper les effets dès aujourd'hui et se préparer, en pratique, à ses conséquences déjà visibles.
Un sujet pris à bras-le-corps par l'Agence Parisienne du Climat, qui a lancé, ce mardi 18 mai, une nouvelle plateforme baptisée Adaptaville avec le soutien de la Métropole du Grand Paris et la Ville de Paris. En répertoriant puis en partageant les solutions déjà mises en oeuvre par les collectivités territoriales, les aménageurs et les entreprises, celle-ci permettra de « mettre en contact les porteurs de solution avec les acteurs du territoire, pour que tous adoptent cette notion d'adaptation », promet Dan Lert, adjoint à la Mairie de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat de l'eau et de l'énergie.
Le but : faciliter la mise en œuvre opérationnelle d'actions concrètes en la matière, en « changeant la manière dont on conçoit l'aménagement des espaces publics », afin de faire face aux aléas environnementaux.
De 2 à 4°C en plus dans 30 ans à Paris
Car ceux-ci s'accélèrent, aussi bien dans leur fréquence que dans leur intensité. Selon Météo-France, le nombre de jours de vagues de chaleur en France pourrait doubler d'ici à la fin du siècle, voire être multipliés par un facteur 5 à 10. Face à ce phénomène, les villes se trouvent en première ligne : à Paris, les températures moyennes pourraient augmenter de 2 à 4 °C d'ici à 2030, faisant de l'été caniculaire de 2003 un « été normal ». Aujourd'hui déjà, le risque de décès lié à des chaleurs exceptionnelles est 18 % plus élevé dans les communes les moins arborées. En cause : l'artificialisation des sols - qui empêche l'infiltration des eaux et augmente les îlots de chaleur -, une végétation réduite, et, globalement, « une morphologie urbaine et des bâtiments inadaptés », estime l'Agence Parisienne du Climat.