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Les conversions d'automobilistes au Superéthanol-E85 ont quasi triplé en un an

latribune.fr

Publié le 24 janvier 2023 à 16:46 - Mis à jour le 25 janvier 2023 à 11:13

Superéthanol, E85, biocarburant, station-service, essence

Au 20 janvier 2023, le prix moyen du Superéthanol (E85) à la pompe avait grimpé à 1,11 euro le litre, contre 0,7433 euro le litre début 2022, et 0,6517 euro début 2021.

Reuters

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La consommation de bioéthanol comme carburant automobile a littéralement bondi en 2022 en France à la faveur des fortes hausses des prix de l'énergie. Bien que son prix ait fortement augmenté en un an, notamment en raison de l'inflation, le litre de Superéthanol reste toujours bien moins cher que celui des autres carburants.

La consommation de bioéthanol, fabriqué à base d'alcool agricole, s'est envolée de 83% l'an dernier, soit plus de 854 millions de litres sur douze mois, a annoncé mardi lors d'une conférence de presse la Collective du bioéthanol qui a qualifié l'année d'"exceptionnelle". La hausse des prix des carburants a été le facteur déclencheur et d'ailleurs, la moitié des automobilistes qui roulent aujourd'hui au bioéthanol, toujours 30% à 40% moins cher que les autres carburants, l'utilisent depuis moins d'un an, selon une enquête menée en novembre par la filière.

Le bioéthanol, on le retrouve dans les stations-service sous l'appellation « Superéthanol-E85 » ou simplement « E85 ». Et de plus en plus : le nombre d'établissements à en proposer a augmenté de 20% en 2022 par rapport à l'année précédente pour atteindre 3.300 établissements d'après la Collective du bioéthanol qui tenait une conférence de presse à Paris ce mardi 24 janvier. Si bien que ce carburant représente désormais 6,5% du marché des essences, contre 4% en 2021.

Pour rappel, le bioéthanol est un biocarburant destiné à certains véhicules à moteur thermique dans lequel l'éthanol, un alcool produit à partir de céréales ou de betteraves (et donc classé dans la caégorie des énergies renouvelables), est mélangé à l'essence traditionnelle, qui est, elle, produite par raffinage d'une énergie fossile, le pétrole.

Ce bioéthanol est produit à 80% en France, à partir de céréales (maïs et blé) ou de betteraves à sucre [lire encadré en pied d'article] dans des champs situés notamment dans le Nord ou le Sud-ouest.

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Environ 220.000 véhicules équipés d'un boîtier de conversion en France

Reste que tous les véhicules ne peuvent rouler au Superéthanol-E85. Pour l'utiliser, la première option est d'acheter un véhicule déjà équipé d'un boîtier homologué dit « flex fuel ». La deuxième option est de convertir son véhicule - seuls les moteurs essence le peuvent - en faisant installer ce type de boîtier a posteriori par un garage agréé.

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Selon la filière, 85.000 nouveaux boîtiers de conversion ont été installés en 2022, contre 30.000 en 2021, soit presque le triple. « On estime ainsi qu'à l'heure actuelle, 220.000 véhicules essence sont équipés de boîtiers de conversion pour rouler au Superéthanol-E85 », considère la Collective du bioéthanol.

La vente de véhicules flex-E85 d'origine est aussi en hausse avec 35.000 unités écoulées en 2022, soit environ six fois plus qu'en 2021. « Fin 2022, on dénombre un parc de 81.000 véhicules flex-E85 d'origine », selon la même source.

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Malgré la hausse des prix, un carburant toujours compétitif

Dans les stations-service françaises, le prix du bioéthanol a fortement augmenté en un an et franchi la barre de 1 euro le litre. Au 20 janvier 2023, le prix moyen à la pompe était de 1,11 euro le litre pour le Superéthanol, selon les données de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). Or, il se vendait au prix de 0,7433 euro le litre début 2022 et de 0,6517 euro début 2021, d'après des chiffres du ministère de la Transition énergétique.

Le tarif du bioéthanol est fixé par contrats à long-terme avec les agriculteurs et il dépend notamment de l'indice de l'inflation, qui a fortement progressé l'an dernier. La Collective de l'éthanol explique les raisons de la hausse sur son site internet :

« L'augmentation du prix à la pompe est surtout due à la fin de la ristourne accordée par l'État, comme pour les autres carburants, à l'augmentation des prix de l'éthanol pour les contrats de l'année 2023, et aux variations des cours de l'essence contenue dans l'E85. Dans un contexte d'inflation généralisée, la hausse des prix de l'éthanol répercute celle des matières premières agricoles et des énergies, notamment le gaz (hausse jusqu'à +250% entre janvier et août 2022). »

La filière rappelle néanmoins le moindre coût du litre de Superéthanol-E85 par rapport à l'essence. Le litre de sans plomb SP95-E10 est par exemple vendu en moyenne 1,87 euros actuellement, soit 76 centimes de plus. Rouler au Superéthanol-E85 est donc gage d'économie :

« En dépit de l'augmentation, les automobilistes peuvent toujours réaliser des économies annuelles de l'ordre de 440 euros pour 13.000 km/an et de 675 euros pour 20.000 km/an »,assure la Collective de l'éthanol.

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Se pliant à une décision de la justice européenne, la France a annoncé ce lundi renoncer à autoriser par dérogation les néonicotinoïdes pour protéger les semences de betteraves sucrières qui doivent être plantées en mars. Ces insecticides s'attaquent au système nerveux des insectes et sont mis en cause dans le déclin massif des colonies d'abeilles.

Une victoire pour la biodiversité et une lourde défaite pour les planteurs de betteraves. « Il y aura des baisses de surface, des planteurs qui vont abandonner. Si c'est une année à faible pression (de jaunisse), on saura gérer, mais si c'est comme en 2020 où on a perdu un tiers de la récolte, ce sera catastrophique », a déclaré à l'AFP Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB).

En cas de jaunisse, la CGB réclame une indemnisation totale, sans franchise, sous peine de « mettre en danger toute la filière », des 24.000 producteurs jusqu'aux usines qui transforment les racines en sucre, en alcool ou en carburant bioéthanol. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a tenté de rassurer producteurs et industriels du sucre. « J'ai convenu avec les représentants de la filière qu'on mettrait en place un dispositif qui permettrait de couvrir le risque de pertes qui serait liée à la jaunisse, le temps qu'on trouve les alternatives dont on a besoin », a-t-il précisé.

Interrogée sur la décision du gouvernement de renoncer à une troisième dérogation permettant aux betteraviers d'utiliser des insecticides néonicotinoïdes, la filière du bioéthanol n'a pas souhaité s'exprimer.

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(avec AFP)

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