Les calories perdues de TotalEnergies chaufferont une partie du Havre
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'équivalent de 80 GWh de chaleur sera récupérée
Istock
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'équivalent de 80 GWh de chaleur sera récupérée
Istock
Le gisement est aurifère mais insuffisamment exploité de l'avis des experts. Selon l'Ademe, le secteur du raffinage représente 7% de la chaleur à haute température (+ de 100 degrés ) que l'industrie française passe par perte et profits chaque année à défaut de la valoriser. Presqu'une aberration à l'heure de la flambée des prix de l'énergie. D'où l'intérêt du projet mené par TotalEnergies et la communauté urbaine du Havre.
Son nom de code : Normand'Heat. Son but : récupérer une partie des calories que la raffinerie de Normandie (Gonfreville-l'Orcher) dissipe dans l'atmosphère pour aller alimenter le réseau de chauffage urbain havrais -exploité en délégation par Dalkia- dont les canalisations passeront bientôt au pied de la plateforme.
Le pétrolier français, pour qui c'est une première, va dépenser 25 millions d'euros, pour équiper l'une de ses colonnes de distillation d'un échangeur de chaleur. L'installation, qui sera opérationnelle fin 2024, permettra de capter l'équivalent de 80 GWh de chaleur. De quoi chauffer quelques 12.000 foyers de la communauté urbaine à partir d'une source qui était considérée jusqu'alors comme un déchet par l'industriel. « C'est un joli projet qui a valeur d'exemple dans le sens où il fait bouger positivement un mastodonte », salue Sébastien Huet, chargé de mission à l'Ademe Normandie.
À lire également
L'affaire n'était pourtant pas gagnée d'avance. Malgré l'ampleur du gisement, beaucoup d'industriels rechignent encore à capter cette chaleur dite « fatale » pour plusieurs raisons à commencer par l'absence de débouchés de proximité. « Ce type d'opération exige que tous les acteurs publics et privés se mettent en mouvement comme c'est le cas au Havre avec l'extension du réseau de chaleur urbain », décrypte David Marion, directeur de la plateforme.
Nathalie Jourdan