La gestion des déchets radioactifs a peut-être fait un pas en avant grâce à la découverte du laboratoire Coria de l'université de Rouen. En association avec le CEA, ses chercheurs ont mis au point un procédé de « laser impulsionnel » capable de dépolluer des matériaux contaminés au tritium qui n'est autre qu'une forme radioactive de l'hydrogène.
Joliment dénommé Padawann en hommage à La Guerre des Étoiles, le procédé en question consiste en quelque sorte à polir, grâce au laser, des pièces de grande taille ou des poussières contenant du tritium. Et ce jusqu'à éliminer la plus petite trace de ce déchet qui est présent en quantité importante dans les installations nucléaires. La seule usine de retraitement de La Hague en produit 40.000 m3 par an, « le double d'il y a vingt ans » rappelle l'Autorité de Sureté Nucléaire dans son « Livre Blanc du tritium » paru début 2022.
Problème, cet isotope est très compliqué à éradiquer au moyen des technologies actuelles comme l'explique Arnaud Bultel, maître de conférences en physique à l'université de Rouen Normandie et membre du CORIA. « Son confinement est difficile car il est très léger. Il contamine facilement des pièces métalliques et peut se trouver dispersé par les poussières produites lors de l'usinage ou lors de la découpe de ces pièces ». Le programme Padawann, qui vise à démontrer la faisabilité du procédé rouennais à grande échelle, pourrait donc offrir une alternative utile. Il vient d'ailleurs de se voir allouer 1,9 million d'euros (1,1 million pour l'université de Rouen et 800.000 euros pour le CEA) dans le cadre du plan d'investissement France 2030 et de son volet sur la gestion des déchets nucléaires.