« Pour chaque zone soumise à risque d'inondation, les collectivités peuvent définir un seuil d'alerte » (Novimet)

 |   |  508  mots
Jacques Testud (à gauche), président, et Philippe Meyrand (à droite), vice-président de Novimet
Jacques Testud (à gauche), président, et Philippe Meyrand (à droite), vice-président de Novimet (Crédits : DR)
La startup française Novimet permet d'anticiper les événements météorologiques extraordinaires dus au dérèglement climatique et de prévenir les autorités locales avant la catastrophe naturelle. Son président Jacques Testud et son vice-président Philippe Meyrand en précisent les détails.

LA TRIBUNE - Comment mesurez-vous et suivez-vous les précipitations ?
JACQUES TESTUD ET PHILIPPE MEYRAND - Sur la base d'un brevet du CNRS, grâce au traitement des signaux radars hydro-météorologiques, nous avons créé un algorithme en rupture technologique avec tout ce qui se fait actuellement dans le monde dans le domaine de la mesure et de l'anticipation des précipitations. De cette innovation française a découlé la notion de pluviomètres numériques de très haute précision. Ils peuvent être disposés en grand nombre partout au-dessus de territoires terrestres,  comme des montagnes, mais également au-dessus des océans ce qui présente un intérêt majeur pour les villes côtières.

La technologie ne nécessite aucune mesure de calibration du sol, ce qui minimise les dépenses de maintenance et/ou de renouvellement. Grâce à cette capacité unique de pouvoir mesurer et anticiper de manière fine et en temps réel les précipitations, cette technologie peut être utilisée comme dispositif d'alerte en cas d'arrivée d'un élément convectif violent (développement inhabituel de nuages, ndlr).

Mais comment pouvez-vous anticiper et prévenir des intempéries ?
Les éléments convectifs violents sont détectables à 150 kilomètres d'altitude, mais du fait de la courbure de la terre, nous ne pouvons disposer de la mesure de la pluviométrie qu'à partir de 60 à 70 kilomètres. Dans cette zone, en plus de l'intensité de la pluie, que nous modélisons à l'échelle du pixel, nous pouvons disposer de la donnée de la direction et de l'intensité du vent.

C'est cela qui nous permet d'anticiper, dans les deux heures qui suivent, les zones d'impacts des précipitations. En plus de la géolocalisation précise et anticipée des précipitations, notre algorithme permet d'en déterminer la nature : pluie, neige ou grêle.

Les collectivités peuvent donc se préparer en amont des catastrophes naturelles ?
En effet, dès le dépassement des seuils de précipitation retenus, pour chaque zone soumise à risque d'inondation, les collectivités peuvent définir un seuil d'alerte qui sera programmé dans notre plateforme. En traitant les données pluviométriques mesurées et anticipées, celle-ci permet d'émettre des alertes automatiques par SMS, doublées de courriels, en direction des responsables chargés de la gestion de risque.

Pour ces derniers, le traitement automatique des données et d'alertes constitue une assistance à la décision tout en réduisant l'aléa du facteur humain lors de l'interprétation de la donnée. La chaîne de mesure et de traitement automatique des données leur permet en effet de disposer d'une certaine redondance (toujours utile en matière de sécurité) par rapport au dispositif public. Les une à deux heures d'anticipation possibles permettent de projeter les bons moyens aux bons endroits et donc de sauver des vies. Ainsi, notre technologie est pertinente pour l'accélération de la politique d'adaptation aux enjeux climatiques.

Propos recueillis par César Armand

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/10/2018 à 10:15 :
Tant que la notion d'aménagement du territoire s'effacera devant des soi-disant impératifs du moment (drame de la Faute sur mer) il y aura des catastrophes et peu importe la qualité des prévisions.
a écrit le 30/10/2018 à 5:17 :
technologie intéressante pour éviter des morts ou préparer les personnes au phénomène extrême mais ça n empêchera pas les mêmes causes d exister et en cas de trombe d eau a par mettre a l abri l eau tombera quand même .
anticiper c est prévoir construire dans des couloirs ou l eau risque de monter relève du bon sens mais ça certains ne le découvrent qu âpres les catastrophes

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :