Quand adopter un arbre devient rentable

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Un arbre prend de la valeur dans le temps, souligne Téophane Le Méné, l'un des fondateurs de l'entreprise. Eco Tree promet d'ailleurs un rendement compris entre 2% et 4% par an, à 10 ou 30 ans, selon le type d'espèce et son âge au moment de l'investissement.
"Un arbre prend de la valeur dans le temps", souligne Téophane Le Méné, l'un des fondateurs de l'entreprise. Eco Tree promet d'ailleurs un rendement compris entre 2% et 4% par an, à 10 ou 30 ans, selon le type d'espèce et son âge au moment de l'investissement. (Crédits : Flickr/Fran Urbano. CC License by.)
La startup Eco Tree propose d'acheter un arbre et de bénéficier des recettes de la vente du bois. La formule séduit les entreprises mais également nombre de particuliers qui participent ainsi au reboisement des forêts françaises.

Récompenser la conscience écologique des entreprises comme des particuliers, au lieu de simplement sanctionner les comportements polluants, et ainsi leur permettre de contribuer à la préservation du patrimoine forestier français. Telle est la philosophie d'Eco Tree, startup lancée il y a juste un an à côté de Brest par cinq Bretons amis d'enfance. Se revendiquant comme un acteur l'économie sociale et solidaire et solidaire "au sens large", elle propose à tout un chacun d'acheter et devenir propriétaire d'un arbre, et de bénéficier intégralement des produits de son bois dès lors qu'il sera mûr pour la coupe.

"Un arbre prend de la valeur dans le temps", souligne Téophane Le Méné, l'un des fondateurs de l'entreprise. Eco Tree promet d'ailleurs un rendement compris entre 2% et 4% par an, à 10 ou 30 ans, selon le type d'espèce et son âge au moment de l'investissement. Situés sur des parcelles appartenant à Eco Tree, les arbres sont proposés à un prix compris entre 15 et 29 euros.

 Des performances environnementales tracées

"Les entreprises apprécient cette approche, qui renverse la logique traditionnelle. Alors que jusqu'à présent les politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE) constituaient essentiellement un poste de coûts et éventuellement une source de greenwashing, elles ont à présent la possibilité de gagner de l'argent en accomplissant un geste positif et concret", explique Théophane Le Méné. "Elles apprécient également de pouvoir en mesurer les bénéfices": Eco Tree permet à chaque investisseur de géolocaliser "son" arbre et de suivre ses performances en termes d'absorption de CO2.

Parmi les sociétés s'étant déjà lancées dans la démarche, Aviva, la SNCF, Axa Banque... Mais alors qu'Eco Tree avaient initialement prévu tirer 70% de ses recettes du B2B, l'engouement des particuliers l'a désormais poussée à revoir son modèle à 50/50. "Nos quelque 400 nouveaux clients particuliers mensuels investissent globalement plus que les 3 ou 4 entreprises qui s'engagent", observe Théophane Le Méné, pour qui l'écart est aussi dû aux temps longs de signature des grands groupes.

Une acquisition permanente de parcelles

En 2016, Eco Tree, qui se rémunère grâce à la marge réalisée sur le prix de l'arbre vendu,  a enregistré un chiffre d'affaires de 160.000 euros, et compte atteindre 800.000 euros en 2017. "Même si nous nous inscrivons dans une démarche de développement durable, il nous faut du volume pour survivre", observe Théophane Le Méné. L'entreprise, qui en plus des cinq co-fondateurs a déjà recruté deux personnes, compte d'ailleurs embaucher encore environ cinq salariés. Elle est aussi en acquisition permanente de parcelles, s'intéressant notamment à celles qui, les moins bien exploitées, coûtent le moins cher et ont le plus besoin d'être revalorisées.

A cette fin, elle espère profiter des aides du Fonds stratégique et de la forêt du bois, que le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a promis d'augmenter en 2017. Et compte sur un nouvel apport de l'ordre d'un million d'euros cette année par un fonds d'investissement.

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a écrit le 22/03/2017 à 6:13 :
Très bon concept en effet car l'on n'a pas les contraintes de toutes les autres formules d'achat de forêts mais les principaux avantages. Les plus-values ne sont pas imposables lorsque la cession porte sur des arbres dont la valeur est inférieure à 15 000€ ou bien lorsque la cession est réalisée au-delà de 10 années de détention des arbres. On peut vendre à tout moment et le rendement est net de 2% à 4% par an avec une bonne diversité de bois et de lieux en France. Il n'y a pas non plus de risque en cas de faillite de l'entreprise qui est alors reprise par un autre groupement forestier et il n'y a pas de risque tempête ou incendie etc car l'assurance est intégrée. C'est une manière de transmettre également de l'argent à des petits enfants ou autres qui peuvent alors attendre s'ils le souhaitent le cycle complet de 30 ans où l'argent est définitivement versé, même si les ventes peuvent se faire à tout moment avant entre acheteurs ou avec la société. Donc formule bien pensée et investissement utile et profitable face à la demande de bois en nette hausse (biomasse, construction, prix du CO2 etc) et l'insécurité d'autres actifs financiers. C'est une bonne diversification et je ne vois pas de faille dans le montage qui est bien pensé, donc bravo à cette initiative et pour cet article car je ne connaissais pas. Voir : http://ecotree.fr/foire-aux-questions
Réponse de le 24/03/2017 à 14:34 :
Vous trouvez cela intéressant pour le bénéfice financier... Appelons cette « démarche » pour adoucir et faire passer ;a pilule: Comment faire de l’argent avec la disparition de la biodiversité ou Nature le nouvel eldorado de la finance. Je vous invite è regarder le phénomène des bio banques et tout particulièrement en Californie, San Francisco...
Entre autres questions, qui décidera qu’une espèce peut subsister plus qu’une autre ? ... la plus rentable, comme vous dites.
Et puis, l’homme va vouloir augmenter ses profits par cupidité, et il préférera planter des résineux, grandissants plus vites. Je passe sur les régions ou seront plantées des espèces n’ayant rien à y faire.

Pauvre humanité et pauvre choix que d’en arriver la !
Réponse de le 24/03/2017 à 14:35 :
Nature, le nouvel eldorado de la finance, documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac, 87mn.
a écrit le 22/03/2017 à 1:01 :
Sinon, j'ai un arbre à 599,95 Euros à adopter contre un chèque (mais pas en bois). C'est un collector d'un artiste financé par un philanthrope d'une ONG alimentée par de généreux anonymes d'un trust bénévole. Le concentré doit être au point, je pense...
a écrit le 21/03/2017 à 19:18 :
J'ai acheté et planté 2 mirabelliers et 2 poiriers pour mon terrain.
D'ici 5 ans, il commenceront à produire, dans 7 ils auront été repayés et pour les 30 ans à venir ils me rapporteront jusqu'à leur fin.
Et même ensuite, on peut faire de très jolies choses avec du bois de poirier.

Pas besoin d'investissements aveugles dans des entreprises aussi douteuses.
a écrit le 21/03/2017 à 12:09 :
C'est sûr que c'est un peu plus sympathique comme approche que celle de Databerries qui vous Bigbrotherise grâce à votre mobile.
a écrit le 21/03/2017 à 9:35 :
Aucun interet. Autant acheter une parcelle de bois directement.
Réponse de le 24/03/2017 à 15:14 :
Regarder mon commentaire plus haut, vous verrez à qui profite la situation et vous verrez que nos « petits » amis de la Start Up sont loin d’être naïfs et encore plus loin d’avoir comme intérêt premier de sauvegarder la nature...
a écrit le 21/03/2017 à 8:37 :
"Et compte sur un nouvel apport de l'ordre d'un million d'euros cette année par un fonds d'investissement. "

Aïe...

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