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ClimatEnergie & Environnement

RTE : quatre salariés en garde à vue après des dégradations sur le réseau électrique

latribune.fr

Publié le 05 octobre 2022 à 13:28 - Mis à jour le 05 octobre 2022 à 14:22

électricité

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Quatre salariés du réseau de transport d’électricité RTE sont en garde à vue à la DGSI, d'après l’AFP. Bien que les faits reprochés - des dégradations sur le réseau qui auraient entraîné des coupures de courant - soient de droits communs, ils concernent RTE, opérateur d'importance vitale pour le bon fonctionnement du pays.

Alors que l'heure est aux économies d'énergie, quatre salariés du réseau de transport d'électricité (RTE) ont été placés en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon une source proche du dossier à l'AFP. Cela fait suite à des dégradations majeures sur le réseau qui ont entraîné des coupures de courant. RTE avait déposé plainte cet été à la suite de ces dégradations, qui auraient entraîné des coupures de courant, a indiqué la source proche du dossier, précisant que les faits reprochés étaient de droit commun. Mais le fait que les salariés soient entendus dans les locaux de la DGSI s'explique par le statut de RTE, opérateur d'importance vitale pour le fonctionnement du pays.

Le parquet de Paris a confirmé le placement en garde à vue de quatre hommes âgés de 31 à 35 ans, employés de RTE, dans le cadre d'une enquête de sa section cybercriminalité. Cette enquête a été ouverte le 29 juillet pour entrave à un système de traitement de données, sabotage informatique, accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, ainsi que pour introduction, modification et suppression de données d'un tel système, a précisé le parquet.

Des faits de droits commun à la DGSI

Dans la matinée mercredi, la CGT a diffusé un communiqué pour dénoncer des « services anti-terroristes utilisés pour faire taire les revendications salariales des agents ». Le syndicat affirme que les quatre salariés, basés dans le Nord, sont suspectés d'avoir « programmé le passage en local de postes électriques ». « Ce sont des salariés lambda, quatre techniciens de maintenance de la région Nord », a déclaré à l'AFP Francis Casanova, délégué syndical central CGT pour RTE, qui déplore que pour une « action symbolique », selon lui, ces salariés « se retrouvent en garde à vue pendant 96 heures comme les pires des terroristes ».

« Il s'agit, a poursuivi la CGT, d'une action symbolique de reprise en main de l'outil de travail, fréquente lors des grèves, qui n'a aucune incidence sur la continuité de l'alimentation électrique, ni même sur la sécurité des gens et des personnes ».

Le syndicat a dénoncé la tenue de cette garde à vue dans les locaux de la DGSI, fustigeant le recours à des « services anti-terroristes utilisés pour faire taire les revendications salariales des agents ». C'est là « une volonté de réprimer le mouvement social », estime le représentant CGT, rappelant qu'il y a eu des actions pendant plusieurs mois chez RTE pour des augmentations de salaires, sans que les grévistes obtiennent gain de cause. Un rassemblement à l'initiative du syndicat est prévu jeudi à 14 heures devant le siège de RTE dans le quartier de La Défense, en proche banlieue parisienne.

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ZOOM - RTE rendra plus d'un milliard d'euros à ses clients début 2023

La flambée des prix de l'énergie, si elle grève le pouvoir d'achat des ménages, profite néanmoins au gestionnaire des lignes à haute tension françaises (RTE). Ce dernier a, en effet, encaissé des recettes exceptionnelles sous l'effet des tensions sur le marché de l'électricité. Et ce, grâce aux droits d'accès payés par les importateurs ou exportateurs d'électricité pour pouvoir utiliser les interconnexions transfrontalières exploitées par RTE, explique ce dernier. Ces recettes dépendent des volumes échangés aux frontières et des écarts de prix de l'électricité entre la France et ses voisins, qui se sont creusés dans le contexte de la crise énergétique européenne, alimentée par les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

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Mais il ne gardera toutefois pas cette manne pour lui puisqu'il a annoncé le 28 septembre dernier son intention de restituer plus d'un milliard d'euros à ses clients qui bénéficieront de ce soutien « dès le début d'année 2023 ». Cela concerne notamment « 53 grands sites de chimie », « 80 sites de métallurgie », « 34 sites de sidérurgie » et « une cinquantaine de sites de papeterie et cartonnage », précise Laurent Martel, directeur général chargé du pôle finances et achats à RTE. Avec près de 90%, la plus grosse part reviendra aux distributeurs, les gestionnaires du réseau basse et moyenne tension, comme Enedis et certaines entreprises locales de distribution qui font l'intermédiaire entre RTE et les utilisateurs finaux - entreprises ou particuliers.

(Avec AFP)

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