[Article mis à jour le 14/05/2021 à 14:55]
Après des mois de bataille financière, politique et médiatique, l'heure du traité final a sonné pour les géants français de l'eau et des déchets Veolia et Suez. Sauf surprise, ils doivent sceller vendredi après-midi l'accord qui verra le premier mettre la main sur une bonne part du second, réduit pour l'essentiel à ses activités françaises.
Celui-ci devrait ainsi signer la fin d'une guerre acharnée, commencée fin août lorsque Veolia avait proposé de racheter les 29,9% détenus par Engie dans Suez. Au grand dam de ce dernier, qui n'avait pas réussi à empêcher la vente - conclue dès octobre - et se trouvait à la merci d'une offre publique d'achat (OPA). Après avoir longtemps ferraillé pour contrarier l'offensive, Suez avait finalement signé un armistice avec son assaillant, le 11 avril dernier à l'hôtel parisien le Bristol, à la suite de négociations éclair.
Depuis un mois les discussions se poursuivent donc pour consolider, préciser, mettre en forme. « Ça avance bien, on est dans le calendrier prévu », assure-t-on de part et d'autre. Pour Veolia, l'accord formel ouvrira la porte à l'OPA sur son concurrent, à 20,50 euros l'action, valorisant sa cible à quelque 13 milliards d'euros. Par ailleurs, il enclenchera, de fait, la dissolution de la fondation de droit néerlandais, créée par Suez en septembre dernier pour contrer les ambitions de son rival en empêchant la cession de ses actifs Eau France. Et les actions judiciaires en cours, déjà suspendues lors du cessez-le-feu en avril, devront cesser, avec l'engagement de ne pas lancer de nouvelles procédures.
Surtout, l'accord devrait entériner l'actionnariat du « nouveau Suez », qui a évolué depuis l'accord de Bristol. Après qu'Ardian a jeté l'éponge, les candidats à son achat ont présenté mardi leur offre « engageante et chiffrée » : les fonds français Meridiam et américain GIP doivent ainsi reprendre 40% chacun, complétés par la Caisse des dépôts et Consignation (CDC), pour les 20% restant.