Suède : quand une ville plie bagage pour sauver sa mine

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La mine était tellement riche en fer que les autorités ont construit, trois ans à peine après son ouverture en 1899, une ligne de chemin de fer dans cette région quasiment désertique.
La mine était tellement riche en fer que les autorités ont construit, trois ans à peine après son ouverture en 1899, une ligne de chemin de fer dans cette région quasiment désertique. (Crédits : DR)
La ville de Kiruna s'est lancée dans le chantier titanesque de son déménagement. Il s'agit de sauver la mine de fer qui avait fondé la ville au début du 20e siècle. C'est aussi le plus important gisement du monde.

C'est un défi audacieux auquel va se livrer la petite ville suédoise de Kiruna. La cité de 18.000 âmes, la plus septentrionale du pays située à plus de 16 heures de train de Stockholm, en Laponie, va déménager de plusieurs kilomètres à l'est. Il s'agit de permettre l'extension de la mine de fer exploitée par LKBA. Ce gisement est le plus important au monde, il produit 90% du fer européen. En 2004, l'entreprise a informé les autorités que l'extension de l'exploitation pourrait fragiliser les fondations de Kiruna. Les fissures qui, depuis, sont apparues sur plusieurs immeubles témoignent de l'imminence du risque.

Reconstruire la ville à l'identique

L'entreprise minière a ainsi conçu un vaste projet immobilier avec les autorités locales intitulé Kiruna 4-ever (Kiruna pour toujours). Il s'agit de reconstruire la ville à l'identique. Un cabinet d'architecte a d'ores et déjà dessiné les plans du centre-ville avec son beffroi, et certains bâtiments emblématiques de la ville. D'autres immeubles changeront complètement de configuration comme la mairie, l'hôpital et les écoles. Les travaux de cette première tranche devraient durer jusqu'en 2021.

Loger les habitants et les ouvriers...

LKAB a proposé de racheter aux habitants leurs biens immobiliers 25% plus cher que la valeur du marché, afin de leur revendre ensuite une propriété dans la nouvelle cité. Il faudra néanmoins créer des logements supplémentaires pour loger les nombreux ouvriers nécessaires à la construction de chantier considérable qui pourrait durer jusqu'en... 2099!

La ville et la mine, deux destins liés

Le projet de LKAB pourrait trouver un écho favorable dans la population de Kiruna. Il faut dire que la ville a été bâtie au début du 20e siècle précisément à la faveur de l'exploitation de ce gisement de fer. La mine était tellement riche en fer que les autorités ont construit, trois ans à peine après son ouverture en 1899, une ligne de chemin de fer dans cette région quasiment désertique. Autrement dit, la fermeture de la mine aboutirait à l'extinction de la ville.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2017 à 14:36 :
Déplacer cette ville est une folie douce!
a écrit le 28/10/2014 à 18:49 :
En france, il y aurait eu une manif foireuse, un gaucho pour se faire tuer et tout le monde au chômage....
a écrit le 28/10/2014 à 18:28 :
"fermeture de la mine", ça ne risque pas, c'est plutôt la ville qui tomberait dans un grand trou, une grande veine passe sous la ville, même si l'exploitation est plutôt externe, il ne faut pas négliger la partie souterraine. Du minerai aussi riche, ça ne se gâche pas. Et à force de gratter en surface, ça s'épuise aussi. Pas du fer pur mais presque.
Le train tirant de très nombreux wagons de minerai va à Narvik (port Norvégien, le minerai part en bateau), y en a un par jour, je crois (l'ai pris en photo entre les deux villes).
L'ennui, pour les habitants, est la valeur de leur maison, sacrifiée, et le prix d'une neuve, quelques km plus loin, aïe la facture. Pour les habitants des immeubles, sais pas (propriétaires ?).

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