Acier : Thyssenkrupp et Tata Steel, une fusion qui menace 4.000 emplois

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Ce nouveau sidérurgiste européen, qui ambitionne de devenir le dauphin du géant mondial ArcelorMittal, réalisera un chiffre d'affaires à périmètre comparable de 15 milliards d'euros et produira environ 21 millions de tonnes d'acier par an.
Ce nouveau sidérurgiste européen, qui ambitionne de devenir le dauphin du géant mondial ArcelorMittal, réalisera un chiffre d'affaires à périmètre comparable de 15 milliards d'euros et produira environ 21 millions de tonnes d'acier par an. (Crédits : Fayaz Aziz)
Les deux groupes industriels spécialisés dans l'acier ont annoncé leur regroupement dans l'année à venir. Le protocole d'accord conclu entre Thyssenkrupp et Tata Steel prévoit des synergies de 400 à 600 millions d'euros par an et jusqu'à 4.000 suppressions de postes, soit 8% environ de l'ensemble des effectifs.

L'industriel allemand Thyssenkrupp et son concurrent indien Tata Steel entendent fusionner l'an prochain leurs activités acier en Europe, afin de créer le numéro deux de la sidérurgie du Vieux Continent derrière ArcelorMittal mais doivent encore convaincre les syndicats allemands, malgré les milliers de suppressions d'emplois attendues.

"Dans le cadre de la coentreprise prévue, nous offrons aux activités européennes de Thyssenkrupp et de Tata un avenir durable", a déclaré Heinrich Hiesinger, président du directoire de Thyssenkrupp. "Nous abordons les défis structurels de l'industrie sidérurgique européenne et créons un solide numéro 2".

Le protocole d'accord, largement attendu après les déclarations de Thyssenkrupp la semaine dernière selon lesquelles un accord pourrait être conclu ce mois-ci, prévoit des synergies de 400 à 600 millions d'euros par an et jusqu'à 4.000 suppressions de postes, soit 8% environ de l'ensemble des effectifs.

Thyssenkrupp

(Une infographie de notre partenaire Statista)

Un siège social aux Pays-Bas

Baptisée "Thyssenkrupp Tata Steel", leur coentreprise devrait être une holding installée aux Pays-Bas (Amsterdam ou les environs), avec une direction paritaire, qui emploiera quelque 48.000 salariés sur 34 sites. Ce nouveau sidérurgiste européen, qui ambitionne de devenir le dauphin du géant mondial ArcelorMittal, réalisera un chiffre d'affaires à périmètre comparable de 15 milliards d'euros et produira environ 21 millions de tonnes d'acier par an.

Des négociations se tiendront à présent pour peaufiner et chacun des partenaires pourra consulter les livres de comptes de l'autre avant la signature du contrat définitif de la coentreprise attendue au début de 2018, a déclaré Thyssenkrupp.

Les conseils de surveillance à convaincre

Le groupe industriel allemand avait envisagé au départ différentes options, y compris un démantèlement, avant de pencher pour la solution de la coentreprise.

"Avant de décider d'une coentreprise, le directoire de Thyssenkrupp a examiné et travaillé sur toutes les options disponibles: un partenariat avec un groupe allemand, une scission, une introduction en Bourse, la cession de la division sidérurgique, voire même un démantèlement de la société en son entier", peut-on lire sur son site internet.

"La coentreprise avec Tata est la seule option qui assure à nos activités sidérurgiques un avenir viable à long terme".

L'accord de fusion doit être approuvé par le conseil de surveillance de Thyssenkrupp et par le conseil d'administration de Tata Steel ainsi que par la Commission européenne.  Le puissant syndicat allemand IG Metall de la sidérurgie et de la métallurgie a exigé des garanties sur l'emploi en échange de son approbation, après avoir déploré lundi "un déficit total d'information".

En pleine campagne pour les législatives allemandes, prévues dimanche, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel a apporté lundi son soutien aux syndicats, estimant qu'"aucune solution allant à l'encontre des salariés" n'était "concevable" dans ce dossier.

A l'inverse, le ministre britannique de l'Economie Greg Clark a salué un "pas important" pour l'industrie sidérurgique du pays, estimant que la fusion pourrait garantir l'avenir du site gallois de Port Talbot, où Tata emploie 4.000 personnes et fait vivre de nombreux sous-traitants.

Le titre Thyssenkrupp bondit de 4% à l'ouverture de la Bourse de Francfort et Tata Steel gagnait 1,2% à la Bourse de Bombay à 5h40 GMT. Le titre ArcelorMittal bénéficiait également de l'annonce, prenant 1,2% à l'ouverture de la Bourse.

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