Avec 70 projets d’investissements étrangers en 2022 et une tendance soutenue en 2023, le rôle des groupes internationaux dans la réindustrialisation du Centre-Val de Loire devient de plus en plus déterminant. Le riche patrimoine historique et la douceur de vivre du « Jardin de la France » n’expliquent pas seulement leur engouement pour la région.Le Centre-Val de Loire a battu l'année dernière son record d'extensions ou d'implantations d'entreprises à capitaux étrangers avec une augmentation de 43% des projets par rapport à 2021. Les quelque 70 dossiers d'investissements recensés officiellement ont ainsi représenté un montant d'environ un milliard d'euros injecté sur le territoire. Ils concernent à 40% des créations de nouveaux sites, à l'instar de la méga plateforme de 50.000 m2 du répartiteur pharmaceutique américain Alloga à Meung-sur-Loire dans le Loiret. Vorwerk, le fabricant allemand du robot de cuisine Thermomix, implantera en 2024 une seconde usine en Eure-et-Loir où il est déjà installé. Du côté des extensions, soit 60% du total, sont notamment concernés le fabricant américain de solutions de lasers industriels MKS à Beaune la Rolande dans le Loiret, le laboratoire danois Novo Nordisk à Chartres en Eure-et-Loir, ou encore le groupe aéronautique hollandais Vallair sur l'aéroport de Châteauroux dans l'Indre.
Cette manne pour la réindustrialisation se chiffre également autour de plus de 3.500 emplois créés ou maintenus l'année dernière. S'ils s'inscrivent au sein d'une tendance nationale de forte attractivité de la France, comme en a attesté la sixième édition du sommet Choose France tenue mi-mai, les bons résultats enregistrés prennent une ampleur particulière en Centre-Val de Loire. La région se situe désormais au deuxième rang hexagonal, au regard de son PIB, pour les investissements des groupes internationaux. Environ 10% des salariés du Centre-Val de Loire sont employés par des entreprises à capitaux étrangers. Cette accélération fulgurante est due à un faisceau de facteurs favorables, selon Harold Huwart, vice-président régional délégué à l'économie.
Au plan géographique en premier lieu, le Centre-Val de Loire bénéficie à la fois de la proximité de l'Île-de-France et d'équipements de transports conséquents. « La desserte du territoire par plusieurs nœuds autoroutiers ainsi qu'une ligne de TGV constitue un atout central vis-à-vis des investisseurs français, mais aussi étrangers, précise l'élu régional. A fortiori dans un contexte de raréfaction des terrains disponibles en région parisienne ». Avec 20 hectares disponibles à Orléans, sept hectares à Tours et quatre à Chartres, l'offre du Centre-Val de Loire est en second lieu significative, même si elle reste insuffisante à moyen terme.
A Tours, Guillaume Fischer