OneMuze : quand le numérique vient au secours des artisans d'art

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Pour mieux mettre en valeur le savoir-faire des artisans d'art, OneMuze met à la disposition de ces professionnels une plate-forme, baptisée Atelier de créateur, sur laquelle ils créent leur profil. Ici, le bijoutier Aly Dianka dans son atelier lorrain.
Pour mieux mettre en valeur le savoir-faire des artisans d'art, OneMuze met à la disposition de ces professionnels une plate-forme, baptisée Atelier de créateur, sur laquelle ils créent leur profil. Ici, le bijoutier Aly Dianka dans son atelier lorrain. (Crédits : OneMuze)
Les créateurs de OneMuze mettent le numérique à disposition des artisans d'art pour accroître leur visibilité. Leur solution : un réseau social et professionnel qui garantit une plongée dans l'atelier de ces artisans peu connus.

Cornier, pipier sur bois, fabricant d'automates, diamantaire, lissier... Même au XXIe siècle, ces métiers d'artisanat d'art existent toujours. Ils sont sollicités pour la conception d'objets en corne, de pipes, d'automates et de pantin, pour la taille de diamants ou encore la confection des tapisseries. Mais à l'heure du numérique et des objets connectés, ces artisans d'un autre monde disparaissent aux yeux du grand public. Surtout, ils peinent parfois à trouver des clients, professionnels comme simples particuliers et à vivre ainsi de leur activité. La startup OneMuze a décidé de leur rendre justice. Son pari : (re)mettre en lumière ces artisans au savoir-faire déconnecté en misant, justement, sur le numérique.

Manque de visibilité

David Borysiak et Sébastien Chapelier, cofondateurs de OneMuze, ont ainsi mis au point un réseau social et professionnel exclusivement consacré aux quelques 38.000 entreprises françaises d'artisanat d'art. En 2008, selon les dernières données de l'Institut national des métiers d'arts (INMA), 99% d'entre elles étaient des PME, souvent de petits ateliers de moins de dix salariés, et des manufactures, et employaient près de 95.000 professionnels. "Même si ces artisans sont organisés en associations et ont créé leur propre site Internet, ils manquent encore cruellement de visibilité", a constaté David Borysiak après avoir interrogé près de 300 professionnels de ce secteur.

"Tout ce qui relève du marketing commercial est un boulet qui se traîne. Leur métier n'est pas de travailler à leur référencement, mais de souffler le verre, de sculpter le bois, de fondre le fer..."

Plongée dans l'univers de l'artisan

Pour mieux mettre en valeur leur savoir-faire, la startup met donc à la disposition des artisans une plate-forme, baptisée Atelier de créateur, sur laquelle ils créent leur profil. À grand renfort de photos, de vidéos et de textes, le site se veut "une plongée dans l'univers de l'artisan". On y trouve aussi bien les visuels de leurs travaux que de leur atelier, leurs inspirations ou leurs projets, comme pour "prolonger l'expérience d'un salon ou d'une journée portes ouvertes".

Bien sûr, s'adressant à un secteur qui dégageait 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2008, la plate-forme proposera bientôt un service de vente, sur lesquelles la société prendra une commission.

Une boutique en ligne plutôt qu'un site de e-commerce

Cependant, pas question de devenir un nouvel Etsy ou de copier My Little Market, précise David Borysiak. Tout d'abord, Atelier de créateur est uniquement ouvert aux 217 métiers d'artisanat d'art de la nomenclature française, et non pas à tous les petits artisans et artistes, quels qu'ils soient. Ensuite, les fondateurs de la start-up veulent offrir une véritable boutique où "le prix des œuvres apparaît seulement dans un second temps, après être entré dans l'univers du créateur". La plate-forme est donc également pensée pour une clientèle professionnelle attachée à savoir d'où viennent les créations, des architectes d'intérieur, des décorateurs ou des artisans aux savoir-faire complémentaires par exemple.

Quelques mois après son lancement, Atelier de créateur regroupe ainsi 93 artisans d'art. Pour faire vivre et grossir le réseau, ses fondateurs, anciens étudiants en communication visuelle et en histoire de l'art, y associent des écoles, des organisations professionnelles et des associations, avec la promesse de favoriser la rencontre et l'échange entre les artisans. Reste à convaincre les investisseurs.

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