Ils étaient 3.200 en 2022, 4.600 l’an dernier. Ils seront 6.500 mini-entrepreneurs cette année dans les écoles, collèges et établissements bretons. D'ici à 2026, Entreprendre pour Apprendre Bretagne compte tripler son impact, toucher 10.000 jeunes, et déployer davantage son dispositif auprès de deux populations: les élèves plus fragiles avant qu’ils ne décrochent du système scolaire et les détenus en phase de réinsertion professionnelle.Arsène Gasser est un collégien de 3ème, et comme près de 40.000 jeunes de 10 à 25 ans en France, il fait partie des mini-entrepreneurs révélés en milieu scolaire. Avec quinze autres élèves de son établissement situé à Guidel (Morbihan), cet adolescent de quatorze ans, très à l'aise à l'oral lorsqu'il s'agit de « pitcher » son projet, a conçu et développé Tonnerre de Tuiles, un jeu de société inclusif autour de la mythologie et du handicap, et porté au sein d'une société coopérative baptisée Cap Games.
Fabriqué en Bretagne de manière éco-responsable à 3.000 unités, avec notamment des pions en plastique recyclé et à base de coquilles d'´huîtres, ce produit est en phase de commercialisation, sur des salons, en boutiques et bientôt à la Fnac et chez Leclerc.
« Je retiens ce que je fais »
Le goût pour la mise en œuvre d'un projet n'est pas venu tout seul à Arsène et à ses associés mais grâce un atelier sur la mini-entreprise proposé en option par leur établissement scolaire et piloté par une professeure de français engagée. Cette initiative a été portée par Entreprendre pour Apprendre Bretagne, association membre d'une fédération nationale qui regroupe dix-sept entités dans toute la France.
Fondée en 2013, elle a déjà accroché 6.500 mini-entrepreneurs bretons pour l'année scolaire en cours (3.200 en 2022, 4.500 en 2023) et intervient dans tous les types de classes y compris, en partenariat avec le rectorat, dans les classes Ulis, Segpa et les établissements régionaux d'enseignement adapté (Erea). Pour son directeur, ces interventions auprès des élèves les plus fragiles ou en difficulté peut éviter le décrochage scolaire.
« Sur les 140 projets d'entreprise en cours, les deux-tiers sont développés au collège. Pour lutter contre le décrochage scolaire, il faut intervenir juste avant, on sait que tout se joue entre 11 et 14 ans » constate Gaël Le Bohec, qui se fixe l'objectif d'embarquer 10.000 mini-entrepreneurs en 2026 et d'être notamment présent dans les 400 collèges de la région, privés et publics.