Grindr, l'appli star des rencontres gays, rachetée par une entreprise chinoise

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Joel Simkhai, PDG et fondateur de Grindr, a affirmé que cette première prise de participation d'un investissement extérieur représentait une énorme marque de confiance.
Joel Simkhai, PDG et fondateur de Grindr, a affirmé que cette première prise de participation d'un investissement extérieur "représentait une énorme marque de confiance". (Crédits : Blogspot)
La société chinoise Kunlun Tech a pris une participation majoritaire de 60 % dans l’application californienne qui se revendique comme le « plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gays ». Cette opération attire le regard sur les fortes pressions sociales que vivent toujours les homosexuels en Chine.

La société chinoise Kunlun Tech, spécialiste des jeux en ligne, a pris une participation majoritaire dans l'application de rencontres pour hommes homosexuels Grindr, ont annoncé mardi 12 janvier les deux parties. Grindr, qui se revendique comme le « plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gays », compterait 2 millions d'utilisateurs quotidiens dans le monde, à travers 196 pays, d'après sa direction. Le principe de l'application est la mise en relation par géolocalisation, une innovation qui a inspiré de nombreuses applications depuis sa création en 2009, à commencer par le célèbre Tinder. L'usage de ces applications n'est toutefois pas sans danger : en Grande-Bretagne, les crimes liés aux seules applications Grindr et Tinder ont été multipliés par 7 en l'espace de 2 ans, a rapporté la police britannique.

« Une énorme marque de confiance »

Joel Simkhai, le PDG et fondateur de Grindr, a affirmé sur son blog que cette opération « représentait une énorme marque de confiance dans [sa] vision de connecter encore davantage les hommes homosexuels au monde qui les entoure ». Il s'agit de la première prise de participation d'un investissement extérieur dans Grindr, qui produit un chiffre d'affaires annuel de 32 millions de dollars.

Opération de 93 millions de dollars

Kunlun Tech, l'un des plus importants créateurs et opérateurs de jeux en ligne en Chine, a plus tard confirmé prendre une participation majoritaire à hauteur de 60 %. L'opération a été effectuée pour 93 millions de dollars, portant ainsi le capital de la société californienne à 155 millions de dollars. Kunlun Tech a affirmé être intéressé aussi bien par la spécialisation de l'application dans les rencontres gays que par ses innovations technologiques de réseau social. En retour, la firme chinoise a promis de mettre son expérience dans la gestion de jeux et autres produits en ligne au service de la prospérité des affaires de Grindr. L'annonce a visiblement séduit le marché : le titre de Kunlun Tech a connu mardi une hausse de 10 % à la Bourse de Shenzhen, atteignant ainsi la limite maximale autorisée.

L'homosexualité toujours objet d'une forte pression sociale en Chine

L'application de rencontres est déjà bien implantée en Chine : elle fait partie de 10 pays et territoires où l'activité de l'application est la plus forte. Ce succès dans le pays est d'autant plus fort que la firme californienne doit faire face à la concurrence notable de rivaux étrangers, comme Jack'd, mais surtout chinois, comme Blued ou Zank, toutes utilisant des interfaces très similaires.

Disposant de la plus large population d'internautes de la planète (près de 670 millions de personnes), la Chine représente un marché crucial et une source de croissance considérable pour ces applications, malgré (ou grâce aux) pressions qu'y subissent toujours les homosexuels. En effet, malgré la dépénalisation de l'homosexualité en 1997 et son retrait en 2001 de la liste des maladies mentales, les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres) en Chine font toujours l'objet de très fortes pressions dans le cadre familial comme social. De même, les contenus liés à l'homosexualité sont régulièrement censurés sur l'internet local. Si les bars et autres lieux de socialisation gays sont très prisés dans les grandes villes, ils demeurent rares, et beaucoup de jeunes homosexuels préfèrent la discrétion et le caractère pratique des applications de rencontres.

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