Inauguré il y a tout juste 30 ans sous un torrent de critiques, le palais des congrès de Deauville est devenu l’une des cartes maîtresse de la station balnéaire de la côte fleurie. Grâce au tourisme d’affaires, l’endroit permet de maintenir l’activité à flot, une fois les vacanciers partis. Malgré 18 mois de fermeture administrative au plus fort de la pandémie, il a retrouvé son rythme de croisière.C'est en septembre 1992 qu'est inauguré le Centre International de Deauville (alias CID). Lové entre le casino et la plage, l'édifice blanc bâti sous le niveau de la mer déroule son tapis rouge pour la première fois à l'occasion de la 18ème édition du festival du cinéma américain. Avec dans le rôle-titre Clint Eastwood au couper de ruban et dans celui de l'accoucheur Michel d'Ornano, l'influent maire de Deauville décédé depuis. Celui qui est surnommé le « Duc de Normandie » a dépensé 300 millions de francs, une coquette somme, pour construire ce palais des congrès digne d'une métropole. Qu'on en juge. L'endroit abrite, sur 18.000 m2 de planchers, un amphithéâtre de 1.500 places, 20 salles de commission et 4 halls d'exposition.
Le projet est mollement accueilli dans le gros « village » de Deauville qui compte à tout casser 4.500 résidents permanents. Le maire a beau décréter un prélèvement supplémentaire sur le jeu pour couvrir une partie de la dépense, l'initiative est jugée au pire dispendieuse, au mieux gonflée en pleine guerre du Golfe. « Que n'a t-on pas entendu à l'époque. Beaucoup de gens ont taxé Michel d'Ornano de mégalomanie alors qu'il était visionnaire au contraire », s'agace son poulain et successeur Philippe Augier. Michel d'Ornano fait fi des critiques. Soutenu bec et ongles par le groupe Barrière dont les établissements se vident inexorablement à la fin la saison hippique, lui caresse une ambition : développer le tourisme d'affaires pour éviter le syndrome « ville morte » que connaissent beaucoup de stations balnéaires en dehors des vacances et des week-end.
Promesse tenue
Trente ans plus tard, le CID (34 collaborateurs) peut se vanter d'avoir tenu la promesse de feu le maire de Deauville. Avec ses 2.500 chambres d'hôtels, la ville compacte où tous les commerces sont concentrés dans un rayon de quelques centaines de mètres parvient vite à s'imposer dans l'agenda annuel des congrès. La proximité de Paris, l'image glamour des planches et les distractions connexes qu'offre la station n'y sont pas pour rien. « Il est facile de sortir des murs pour des dîners de gala dans des lieux atypiques comme la Villa du cercle, le casino ou la plage », cite en exemple Carine Fouquier, directrice générale du Centre.