LA TRIBUNE DIMANCHE - La Caisse des dépôts a pris le contrôle d'Orpea il y a moins d'un mois, avec 50,18 % du capital. Quelle est votre analyse du secteur ?
ÉRIC LOMBARD - Nous le connaissons bien, puisque nous le financions déjà, entre autres avec la Banque des territoires, à hauteur de 300 à 400 millions d'euros par an. Et la Caisse des dépôts préside également Arpavie, le groupe d'Ehpad associatif. Le rapprochement avec le groupe La Poste, dont les actions en faveur du maintien à domicile se structurent, amplifie notre présence. Nous sommes donc conscients des facteurs de la crise actuelle.
Trois se distinguent. Le premier tient à la nature même de l'activité. Les Ehpad sont des endroits où l'on vient finir sa vie. C'est une réalité assez sombre, qui se répercute nécessairement sur l'image de ces établissements. Leurs charges ont en outre fortement augmenté depuis quelques années, avec l'inflation des coûts énergétiques. Ainsi que les hausses de salaires. Même s'ils restent relativement bas, les compensations versées par l'État dans le domaine des soins n'ont pas suivi. Enfin, les taux d'occupation baissent, car l'âge moyen d'entrée dans un Ehpad - 85 ans - correspond actuellement à la génération des personnes nées entre 1938 et 1945, par définition moins nombreuses que dans les suivantes, celles du baby-boom.
Pourquoi vous êtes-vous impliqué ?
Avec 286 000 résidents et 76 000 salariés le risque pour les personnes était indéniable. C'est ce qui nous a poussés à regarder le dossier au départ : une mission d'intérêt général, difficile, mais indispensable. La Caisse des dépôts est dans son rôle. Celui d'un actionnaire de long terme, ancré dans le bien commun, dont l'impératif de rentabilité renforce la prudence.