Restauration : un accord sur les salaires mais pas de baisse satisfaisante des prix

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli a commenté ce mardi le bilan des engagements pris par l'hôtellerie-restauration en échange de la baisse de la TVA en juillet dernier. Du côté des points positifs, un accord salarial, en passe d'être signé, jugé "historique" ; du côté des points négatifs, une baisse des prix peu spectaculaire.

Dans le "contrat d'avenir" signé en avril avec le gouvernement, neuf organisations professionnelles de l'hôtellerie-restauration s'étaient engagées à baisser les prix sur au moins sept produits et à conclure des négociations sociales avant la fin de l'année en contrepartie de la baisse de la TVA, passée de 19,6% à 5,5% le 1er juillet. "Pour les négociations sociales, l'objectif est atteint. Pour les prix, la moitié du chemin a été parcourue", a déclaré ce mardi Hervé Novelli, qui s'exprimait à l'issue du premier bilan du "comité de suivi" en charge de mesurer les effets de la baisse de la TVA dans le secteur.

1 milliard d'euros pour augmenter les salaires

Le secrétaire d'Etat a ainsi qualifié d'"historique" l'accord salarial devant être signé dans l'après-midi, entre trois organisations patronales et les syndicats FO, CGT, CFTC, CFDT et CGC. L'accord consacre 1 milliard d'euros à augmenter les salaires, alors que le secteur a globalement été crédité de 2,4 milliards d'euros par le biais de la hausse de la TVA. Les salaires seront revalorisés en moyenne de 5% et une "prime TVA", équivalent à 2% du salaire annuel et plafonnée à 500 euros, sera créée.

Concrètement, un salarié au smic à temps plein gagnera 600 euros de plus par an et le gain de pouvoir d'achat supplémentaire ira jusqu'à 1.500 euros pour les employés qualifiés, a expliqué Hervé Novelli. L'accord accorde également deux jours de congés supplémentaires et créé de toute pièce une mutuelle santé.

Petit bémol au satisfecit gouvernemental, l'Umih, principale organisation patronale du secteur, et le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC), qui représente les grands groupes, ont décidé de ne pas signer le texte. Le flou perdurait encore ce mardi sur l'hypothèse selon laquelle le ministère pourrait s'engager sur l'extension du texte, une procédure qui permettrait d'imposer l'accord à toute la profession. Le secrétaire d'Etat a déclaré mardi matin "ne rien voir qui puisse empêcher l'extension de l'accord à l'ensemble du secteur", sans donner plus de détails.

Peu d'avancées sur les prix

Autre bémol, en ce qui concerne les prix affichés par les restaurateurs, l'Insee annoncé ce mardi des chiffres mitigés. Les prix ont  baissé dans le secteur de 1,3% en juillet puis de 0,2% en août - c'est certes une première depuis le début des relevés en 1998 -, mais ils sont restés stables en septembre et ont augmenté de 0,1% en octobre et en novembre.  Au total, la baisse est de 1,4% dans la restauration et de 1% dans les cafés depuis le 1er juillet. C'est moitié moins que les 3% de baisse que le gouvernement espérait.

Une enquête menée parallèlement par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) montre que 55% des restaurants ont affiché une baisse de prix sur au moins sept produits. La proportion est équivalente à celle observée en juillet par les mêmes enquêteurs.

Hervé Novelli, conscient des difficultés économiques des établissements indépendants, a laissé entendre qu'il n'attendait plus guère d'avancées sur les prix, mais a appelé à la modération "tout au long de l'année 2010", afin que les hausses "ne dépassent pas l'inflation".

Concernant l'emploi, les restaurants de chaîne, les cafétérias et les syndicats de la restauration rapide font état de 6.500 embauches prévues en 2010. Le nombre de contrats d'apprentissage et ceux de professionnalisation seraient en hausse d'environ 5%.  L'objectif de 40.000 créations d'emplois en trois ans, dont 20.000 pérennes, a été mis en veilleuse par la crise, a noté Hervé Novelli, mais les destructions d'emplois en 2009 seront moins importantes dans le secteur que dans l'ensemble de l'économie.

Pour le secrétaire d'Etat, près de six mois après sa mise en place, le "contrat d'avenir" est au final "sur de bons rails" ; "il faut le laisser arriver à son terme", en 2011, a-t-il déclaré.

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