Restructuration d'Air France : "il n'y a pas de plan B", selon Alexandre de Juniac

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Dans une interview au "Journal du Dimanche", le patron d'Air France, Alexandre de Juniac, que cette grève des pilotes n'empêchera pas la restructuration de la compagnie française. Un tiers des quelque 400 vols initialement prévus sur l'ensemble du week-end par la compagnie aérienne Régional, filiale d' Air France, a été annulé.

Le PDG du transporteur aérien Air France-KLM, Alexandre de Juniac, prévient dans un entretien au "Journal du Dimanche" qu'"il n'y a pas de plan B" pour le redressement de la compagnie, touchée ce week end par une grève, dont il minimise l'impact. L'impact de ce mouvement sur l'activité "devrait être très limité", déclare-t-il. Cette grève des pilotes n'empêchera pas l'application du plan industriel, qui prévoit la suppression de 5.122 postes, assure encore le patron d'Air France pour qui "il n'y a pas de plan B". "Nous déroulons notre plan de transformation comme prévu", dit-il. Il souligne que le plan "Transform 2015" prévoit "20 % de gains de productivité et 2 milliards d'euros d'économies" d'ici à 2015.

Les adhérents du SNPL [Syndicat national des pilotes de ligne], représentant plus de 70 % des pilotes, "dont le bureau a rendu un avis favorable à l'accord" doivent se prononcer dans les prochaines semaines, rappelle-t-il. Les représentants des personnels au sol, catégorie la plus nombreuse, "ont d'ores et déjà signé leur accord", et les hôtesses et stewards, "dont les représentants sont plus divisés", votent en ce moment, poursuit-il. "S'ils devaient voter contre, nous appliquerions un texte de façon unilatérale comme le droit nous y autorise", prévient le patron de la compagnie, jugeant que "les contreparties en matière de rémunération et d'emploi ne pourraient être aussi favorables".

Un tiers des 400 vols de Regional prévus ce week-end annulé

Pour les négociations en cours avec les personnels du pôle régional (Brit Air, Airlinair et Regional), qui est déficitaire, Alexandre de Juniac dit appliquer la "même méthode" pour servir "les mêmes objectifs" : "Remettre nos filiales régionales sur une trajectoire de croissance et éviter les départs contraints". Il ne se prononce pas sur d'éventuelles suppressions d'emplois. "Aujourd'hui, chaque salarié est conscient que la gravité de la situation (...) justifie des efforts", ajoute-t-il en rappelant que la "dette a été multipliée par trois" et que la société perd de l'argent depuis trois ans, avec des "coûts supérieurs de plus de 30 % à ceux des concurrents les plus performants".

Selon la direction, un tiers des quelque 400 vols initialement prévus sur l'ensemble du week-end par la compagnie aérienne Régional, filiale d' Air France, ont été annulés à cause d'une grève nationale. "La grève de ce week-end (...) ne touchera que 7 % de nos vols et 3 % de nos passagers", précise le patron d'Air France, au deuxième jour d'une grève lancée par plusieurs syndicats inquiets pour la pérennité des emplois. La grève à Régional a commencé vendredi à 00h00 et s'est soldée également ce jour-là par l'annulation d'un tiers des 245 vols programmés. Le mouvement doit se prolonger jusqu'à lundi minuit, selon la direction de la compagnie. Les prévisions sont identiques pour dimanche avec un tiers des vols annulés. Les grévistes protestent contre le projet d'accord-cadre qui menace, selon eux, la pérennité de l'emploi. Régional, qui dessert la France et l'Europe, emploie 1.800 salariés.

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Commentaires
a écrit le 23/07/2012 à 10:48 :
Quand il dirigeait une des divisions de Thales, M de Juniac a courageusement soutenu un plan de restructuration innovateur, qui évitait les licenciements secs et mettait le paquet sur la formation. Le résultat : une division redressée avec le soutien du personnel. Tout le monde sait qu'Air France est en difficulté ; au moins il s'y trouve un patron qui connaît comment conduire et rétablir une entreprise complexe ; peut-on en dire autant des ministres sans doute pas avares de bons conseils ?
a écrit le 23/07/2012 à 9:59 :
La direction doit aller bcp plus vite si elle veut échapper au maelstrom des conflits sociaux imminents. Une purge - bien méritée - au sommet l'y aiderait certainement .
a écrit le 22/07/2012 à 14:45 :
Ce n'est jamais facile pour une entreprise d'avoir à mettre en place d'un plan de restructuration, mais c'est un mal nécessaire pour l'intérêt général d'AF, compte tenu de la concurrence vive notamment... Les sacrifices réalisés , avec un volet social à considérer, permettront à la structure de réaliser de meilleures résultats, et donc de se développer et d'investir y compris dans l'humain. Cela fait mal à court terme (sur les 4 ou 5 prochaines années ) mais c'est un virage incontournable. Il est vrai que le management aurait peut être dû le piloter avec davantage d'anticipation ...Pour fini, c'est une belle entreprise et elle a de bons fondamentaux.
Réponse de le 22/07/2012 à 15:01 :
@nanar64: un peu naîf et tous à vos mouchoirs :-) Le patron ne te connait même pas dans la très grande majorité des cas et n'a donc rien à faire de toi. Il gère pour optimiser ...surtout sa prime de rentabilité :-) Ilfaut arrêter de croire que t'es important aux yeux des autres mon cher :-)
Réponse de le 22/07/2012 à 16:56 :
voilà exactement la réaction qui était prévisible : le patron pense à sa prime (bah heureusement d'ailleurs, celle-ci est gage de viabilité économique de la structure), ne patron n'en a rien à faire de toi (je suis complètement d'accord : il réfléchit en global et prend le décision au global , aucun dirigeant ne fait du cas par cas) ... ce que vous appelez de la naïveté, ce sont d'abord les bases de la gestion, et une pincée de vision .... et l'expérience montre que beaucoup de dirigeants feraient mieux de revenir parfois aux fondamentaux, quitte à frôler des raisonnements simples mais parfois efficaces. Bonne journée.
Réponse de le 22/07/2012 à 19:31 :
Bonsoir, Patrickb mais les syndicats aussi "se foutent" des salariés si le contraire était vrai il y a longtemps que notre pays serait sorti de sont déclin.Il faut également rajouter que les syndicats se foutent du client, alors taper sur une direction rien de plus facile mais dans notre cher pays ceux qui ont les manettes sont dans l'ensemble des incompétents en premier lieu le politique en deuxième les syndicats entre un cheminot un ancien de la sécu et un ancien électricien la concurrence est mot inconnu tout comme la vuision mondiale de l'économie et enfin uner bonne partie du Medef le grand pleureur qui n' a jamais de solution à part quemander auprès de l'Etat donc du contribuable. L'ensemble de nos institutions sont obsolètes et comlétement dépassée par les enjeux du monde il joue dabns la cour des perdants et non des perdants. bonne soirée.
a écrit le 22/07/2012 à 13:14 :
est ce que les syndicats vont saccager des sous prefectures, sous les applaudissements du ministre?
a écrit le 22/07/2012 à 12:38 :
Ces syndicats vont-il attendre qu'il y ait un nouvel "effet PSA" chez Air France avant d'être raisonnable.
Réponse de le 22/07/2012 à 15:03 :
@cjesus: t'inquiètes pas trop. A Air France, il y a quelque 14 syndicats et il suffit qu'un seul signe pour que l'accord soit conclu. Je crois donc que tout ce brouhaha ne sert qu'à justifier l'action de Juniac :-)
a écrit le 22/07/2012 à 12:37 :
Assez tergiversé, il faut maintenant agir!!! Ceux qui ne sont pas content ou mettent en péril l'avenir d'AF, Dehors!!!
a écrit le 22/07/2012 à 12:28 :
mais comment se fait il que personne n'a pensé à interroger le duc de Bourgogne et le Roi Duflou ??? pour invectiver la direction sur la stratégie d'AIR FRANCE
a écrit le 22/07/2012 à 11:17 :
Le plan B ce sera la fin d'AF qui passera sous le contrôle étranger comme cela fut le cas pour Swissair.
Réponse de le 22/07/2012 à 12:00 :
Gilles1, je vois que vous êtes toujours aussi subtif et objectif quand il s'agit d'analyser la situation d'Air France...

Quand on a attendu aussi longtemps pour lancer une restructuration à la hauteur des enjeux (quoi qu'en dise J-C Spinetta qui tombe systématiquement dans un auto satisfecit lénifiant, rien n'a été fait depuis 2008 pour enrayer la chute des revenus), il est incontournable que ce plan de restructuration soit à présent douloureux pour tous les employés d'Air France...

ET ENCORE !!! L'Elysée a certainement fait en sorte qu'il soit adouci pour les personnels au sol afin qu'Air France évite de licencier comme nécessaire et continue un peu à faire du social...
Réponse de le 22/07/2012 à 16:28 :
@chicago pour votre gouverne le dernier plan de restructuration d air france a eu leiu en 2009 sous la gouvenance gourgeon? qiuand a ADJ il n a aucune connaissance du transport aerien il est arrivé avec des idées préconçues et les a gardées se defaire du moyen courrier est une evidence mais ses idées sur le long courrier datent d une autre epoque et sa stratégie comme celle menée par ses prédécesseur nous conduiront a la perte. et je mets une piece qu il y aura un autre plan dans 3 ans et petit a petit on detricotera AF sans jamais remettre en cause ses stratèges perchés aux dessus des nuages
Réponse de le 22/07/2012 à 22:36 :
trés bon commentaire dropzone. Pour ce qui est des stratégies de developpement d'un autre age, c'est trés révélateur de voir que les campagnes de pubs AF et le inflight magazine s'adressent uniquement a des pax de classe business qui dépensent bien sûr des milles et des cents en duty free....a coté de ça on supprime des siéges business sur les longs courriers et le 77W-COI devient la norme sur des destinations non-COI....y a pas comme un décalage?
Réponse de le 22/07/2012 à 22:58 :
je crains helas que nous ne soyons plus en situation pour produire un service business class digne de ce nom un cumul de mauvaises habitudes mauvaises décision manque de cohésion au sein de la cie un peu tout on aura beau faire des économies sur les petits les gros seront toujours la pour mener la barque avec une RVR000
Réponse de le 23/07/2012 à 0:01 :
@Dropzone, s'il a en effet été lancé un plan de redressement en 2009, il n'a été que cosmétique : Certes il y a eu 1500 départs volontaires parmi les personnels au sol (Air France reste néanmoins encore loin des ratios personnels / avion des leaders de l'industrie) mais ce n'est pas avec un changement de format des plateaux distribués au passagers que l'on redresse une situation difficile... On ne s'attaque pas à un incendie de forêt avec une paille et un verre d'eau...!
Quant à AdJ, il n'y connait pas grand'chose en effet mais c'est un type qui semble comprendre vite et surtout, il n'a pas été porté à son poste par promotion interne. Dans le contexte actuel, je trouve que c'est réellement un atout majeur. Cela n'empêchera pas un autre plan dans 3 ans, je vous l'accorde mais à l'opposé de ce que pensent au moins une grosse minorité en France, n'est-ce pas la nature de l'industrie de chercher à progresser et à s'améliorer d'année en année (ce qui ne signifie pas baisser les salaires et/ou licencier, je souhaite préciser...) ? L'évolution doit être dans les gênes d'une entreprise.

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