Après plusieurs tentatives de mariage, Air France et Alitalia vont-ils écrire une nouvelle scène du Vaudeville qu'ils répètent depuis près de 20 ans ? Peut-être. Alors que les ponts semblaient définitivement coupés depuis plusieurs années avec l'entrée de la compagnie italienne dans la galaxie Etihad en 2014, puis l'arrêt des accords intra-européens, et le refus du groupe français de postuler au rachat de la compagnie italienne à nouveau mise en vente à l'automne après le désengagement d'Etihad, Air France-KLM manifeste à nouveau aujourd'hui un intérêt pour la compagnie transalpine.
Même s'il n'avait pas eu des mots très tendres lors de la dernière assemblée générale du groupe en mai dernier, en rappelant que les parts de marché d'Alitalia en Italie et sur le long-courrier étaient réduites et qu'Air France-KLM pouvait capter le marché italien via ses hubs de Paris et d'Amsterdam, Jean-Marc Janaillac craint aujourd'hui qu'Alitalia ne passe (sans la citer) sous la coupe de Lufthansa, le grand rival d'Air France-KLM en Europe.
Selon lui, il serait "plutôt négatif de voir Alitalia se joindre à une autre importante alliance" et de l'avoir "non pas comme un partenaire mais comme un concurrent" sur la joint-venture Nord-Atlantique dont elle faisait jusqu'ici partie avec Air France-KLM et Delta.
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Trois groupes ont déposé une offre de reprise partielle ou totale. Lufthansa, le fonds américain Cerberus et EasyJet. Et il est clair qu'Air France-KLM redoute qu'Alitalia soit rachetée par Lufthansa, déjà puissant en Italie du Nord. Notamment aux conditions imposées par le groupe allemand. Lufthansa aurait proposé 250 millions d'euros pour reprendre l'essentiel de la flotte et la moitié des effectifs d'Alitalia. Avec United, Air Canada..., Lufthansa fait partie de Star Alliance, la plus grande alliance commerciale mondiale.