Air France-KLM : un bénéfice d'exploitation record

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Air France-KLM clôture l'année 2017 avec de solides résultats, dans un environnement économique porteur, a indiqué le Pdg du groupe Jean-Marc Janaillac
"Air France-KLM clôture l'année 2017 avec de solides résultats, dans un environnement économique porteur", a indiqué le Pdg du groupe Jean-Marc Janaillac (Crédits : Reuters)
Le groupe a dégagé l'an dernier un résultat d'exploitation de 1,488 milliard d'euros (+41,8% par rapport à 2016), dépassant le record réalisé en 2007/2008. KLM dégage un bénéfice d'exploitation de 910 millions d'euros, contre 588 millions d'euros pour Air France.

L'année 2017 aura donc été la meilleure année sur le plan de la performance économique pour Air France-KLM depuis sa création en 2004. Le groupe a en effet dégagé l'an dernier un résultat d'exploitation record de 1,488 milliard d'euros (+41,8% par rapport à 2016). Légèrement en dessous du consensus de 1,53 milliard qu'il avait lui-même fait réaliser, cette performance dépasse néanmoins le précédent record de l'exercice 2007-2008 (1,405 milliard). La différence semble à première vue ténue. Elle ne l'est pas. Car à l'époque, le résultat d'exploitation de KLM était gonflé de 100 à 200 millions d'euros par le système de fonds de retraites de KLM. Ce dernier n'est plus comptabilisé dans le résultat d'exploitation.

Performance impressionnante de KLM

En 2017, un changement de régime de deux fonds de pension aux Pays Bas a même impacté le résultat net de plus de 1,4 milliard. Air France-KLM affiche ainsi une perte nette de 274 millions. Sans cette charge courante qui n'a pas entraîné de sortie de cash a rappelé Frédéric Gagey, le directeur financier d'Air France-KLM, le résultat net s'élève à 1,155 milliard d'euros, en hausse de 363 millions d'euros par rapport à 2016. Tiré par un trafic dynamique, le chiffre d'affaires a progressé de 3,8% à 25,7 milliards d'euros. Dans le même temps, la dette s'est réduite de 2 milliards d'euros, en raison notamment de la génération de cash et des deux augmentations de capital d'un montant de 751 millions d'euros réservées à China Eastern et Delta. La dette ne s'élève donc plus qu'à 1,657 milliard d'euros, contre 3,655 milliards fin 2016. Le ratio de la dette nette ajustée sur l'Ebitda (le résultat brut d'exploitation) est passé de 2,9 en 2016 à 2,1 en 2017, contre 5,7 en 2011.

Pour autant, les deux principales filiales n'ont pas contribué de la même façon aux résultats. Bien que deux fois plus petite qu'Air France, KLM a dégagé un bénéfice d'exploitation de 910 millions d'euros (+33,6%) contre 588 millions d'euros pour Air France (+58%). Pour Franck Terner, le directeur général d'Air France, cette différence s'explique en grande partie par le poids des charges sociales et des taxes en France.

"Quand nous corrigeons les chiffres de ces deux facteurs, la rentabilité est assez proche de celle de KLM", a-t-il indiqué.

Demande dynamique

D'une manière générale, Air France-KLM a bénéficié l'an dernier de l'amélioration de l'environnement économique, notamment en Europe et en France, de la baisse des cours du pétrole, qui a diminué sa facture de carburant de 90 millions d'euros par rapport à 2016, et d'une recette unitaire dynamique (+2%), liée notamment à une bonne adéquation des capacités de l'ensemble du secteur avec la demande. Le tout dans un contexte de stabilité des coûts unitaires. Air France-KLM avait tablé au début de l'an dernier sur une réduction de ses coûts unitaires de 1% à 1,5%, mais avait émis des réserves sur cet objectif en novembre, lors de ses résultats du troisième trimestre. Le groupe vise pour cette année une réduction des coûts unitaires de 1,0% à 1,5% hors impact des changes, du carburant et des charges de retraite.

Air France-KLM prévoit pour cette année d'augmenter sa capacité de 3% à 4% en sièges-kilomètres offerts pour le principal réseau (réseau Passage) afin de suivre la croissance du marché, et de 6% à 7% pour sa filiale low cost Transavia.

« Air France-KLM clôture l'année 2017 avec de solides résultats, dans un environnement économique porteur. En ce début d'année 2018, dans un contexte de hausse des prix du pétrole et de concurrence toujours plus intense, nous poursuivrons l'offensive, travaillerons sur notre compétitivité et la réduction de nos coûts unitaires, et capitaliserons sur les réalisations de 2017 pour maintenir une dynamique de croissance rentable", s'est félicité le Pdg du groupe, Jean-Marc Janaillac.

Pour autant, le groupe a déçu les investisseurs. La combinaison de plusieurs éléments ont fait chuter le cours de bourse de 6,36% ce vendredi. Aussi satisfaisants soient-ils, les résultats restent néanmoins légèrement inférieurs aux attentes des analystes. Ce qui n'est jamais bon. Surtout l'absence de prévisions pour l'année 2018 et le refus de la direction de s'engager sur une augmentation de la rentabilité ont pesé sur le cours de l'action.

Hausse des réservations long-courriers

Au premier trimestre 2018, le groupe attend des recettes unitaires positives (à changes constants) par rapport à 2017. Frédéric Gagey a précisé que les réservations sur les vols long-courriers étaient en hausse d'un point de pourcentage pour février et de quatre points pour mars, en repli d'un point en avril à cause de Pâques et en hausse de deux points pour mai.

Les syndicats d'Air France veulent une hausse des salaires de 6%

Les analystes s'attendent à ce qu'Air France-KLM soit cette année sous la pression d'un coût accru du carburant et du développement de ses concurrents low cost. Air France-KLM a dit tabler sur une augmentation de sa facture de carburant de 150 millions d'euros cette année, ce qui la porterait à 4,66 milliards d'euros. La pression pourrait aussi se faire sentir sur les coûts du travail, avec des syndicats d'Air France qui appellent à la grève le 22 février pour réclamer 6% d'augmentation des salaires, "au titre de l'inflation perdue" depuis six ans. La direction refuse. Dans un courrier adressé récemment aux salariés, le directeur général Franck Terner a indiqué qu'une telle augmentation représenterait une hausse des coûts de 200 millions d'euros. Soit quasiment le tiers du résultat d'exploitation d'Air France en 2017. Ce jeudi, Franck Terner a ajouté qu'Air France allait distribuer un intéressement de 130 millions d'euros contre 50 millions en 2016, soit l'équivalent d'une hausse de 2,5%, à laquelle s'ajoutent  une hausse des grilles de salaires de 1% pour tous les personnels et une hausse de l'ancienneté (+1,4% au sol notamment). Il veut savoir si les syndicats incluent ou pas dans leurs revendications ces éléments. Une réunion est prévue lundi sur ce sujet avec les syndicats.

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Commentaires
a écrit le 02/12/2018 à 2:38 :
A quand la taxation du kérozen au vu des bénéfices...?!
a écrit le 18/02/2018 à 12:13 :
l'augmentation générale demandée par les employés unis serait elle mieux mise en lumière si l'on rapportait l'augmentation outrancière que s'accorde une nouvelle fois le Comex (comité exécutif) de cette entreprise (+29% !)
pour rappel; Lufthansa a supprimé un niveau hiérarchique complet de son administration pour participer aux économies globales, AF doit commencer cette transformation au plus vite !
a écrit le 17/02/2018 à 9:24 :
Il faudrait que la compagnie augmente ses personnels exceptés ses pilotes trop généreusement traités et qu'elle investisse dans l'amélioration des ses services à bord qui sont surannés comparés aux meilleures compagnies régulières (cf. Singapore). Par exemple un seul "toilettes" en business à bord des B777 (le second étant réservé aux... , pilotes), un mauvais champagne servi dans des gobelets en plastique en premium et pour les deux classes plus de menus imprimés mais à lire sur écran (quand cela fonctionne).
a écrit le 16/02/2018 à 16:16 :
Il est regrettable que les actionnaires ( petits porteurs en particulier ) , qui sont restés fidèles à AF malgré les turbulences ,continuent d'être superbement ignorés .
Réponse de le 17/02/2018 à 12:28 :
On s'en moque des petits porteurs ! il fallait être irréfléchi pour acquérir des actions Air France. Il fallait se goinfrer d'actions Aéroports de Paris...
a écrit le 16/02/2018 à 15:23 :
Je me suis amusé à lire un peu plus en détail les résultats de compagnies aériennes étrangères... ne gâtant pas mon plaisir... voici ce que j'ai trouvé. :-)

''Pour l'ensemble de l'exercice 2017, Air Canada rapporte un bénéfice net ajusté de 1,142 milliard, alors qu'en 2016, le bénéfice net ajusté du transporteur aérien avait été légèrement supérieur, à 1,147 milliard.''

En résumé, ''KLM dégage un bénéfice d'exploitation (2017) de 910 millions d'euros, contre 588 millions d'euros pour Air France.'' Est-ce le bénéfice net, ou pas ?

Air Canada transporte moins de 10 milliards de passagers-kilomètres payants contre 21 milliards de passagers-kilomètres payants pour AF/KLM.

Vous investiriez vos pesos et vos kopecks dans AF/KLM ou dans Air Canada ?
Réponse de le 17/02/2018 à 10:51 :
Si AF était soumis aux tarifs aeroport d’Amsterdam et aux charges NL , cela ferait 800000 de resultat sup. CQFD
Réponse de le 17/02/2018 à 22:56 :
@ Farid

J'apprécie votre enthousiasme débridé... mais, en admettant que les chiffres soient exactes, c'est quand même des noix sur un bilan... et même en admettant que l'on prélève 60% sur vos avancées... il reste pas grand chose pour passer de 588 millions d'euros à 588,1 millions d'euros... et admettons que ça nourrisse la moitié de la France pendant 5 ans... sommes-nous à quelque chose de ''significatif'' sur le plan mondial ? NON.
a écrit le 16/02/2018 à 10:21 :
Bravo au travail entrepris par Air France depuis plusieurs années.
cela commence à payer, certes doucement, mais cela paie.

Quoi qu’en dise les détracteurs habituels d’Air France, les PAX sont au rendez-vous, dans la quasi totalité des classes (Bémol pour La Première), le service s’est très nettement amélioré dans l’ensemble, que ce soit à l’aéroport, dans les airs, ou sur les canaux sociaux.

Donc, très belle année 2017… maintenant, il faut confirmer cela en 2018 et les autres années…
Mais, il est vrai que les turbulences arrivent à cause de la gourmandise des syndicats, certes AF va un peu mieux, mais AF n’est pas encore sauvée.
Réponse de le 18/02/2018 à 12:23 :
Non la faute n'est pas aux syndicats (même si il faudrait pouvoir changer ce système), et si le cours s'effondre c'est pour plusieurs raisons financières.
En revanche ce sont les employés qui ont redressé l'entreprise par leurs efforts soutenus, changé même de présidence en éjectant ce Mr de juniac !
La gourmandise est celle de ceux qui se font aujourd'hui des augmentations % a 2 chiffres, et des primes de fin d'année à 5 chiffres !!!
a écrit le 16/02/2018 à 10:04 :
la bourse ne le reflète pas.. de ce fait n incite pas a investir pas !

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