Faillite de Thomas Cook : un séisme dans le tourisme

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(Crédits : Suzanne Plunkett)
Le plus ancien tour-opérateur du monde a fait faillite lundi. Près de 600.000 personnes actuellement en vacances à travers le monde sont touchées. Pour ses 150.000 ressortissants, les autorités britannniques lancent une opération de rapatriement colossale.

Le couperet est tombé pour Thomas Cook. Après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, le plus ancien voyagiste de la planète créé en 1841 a fait faillite lundi, touchant près de 600.000 clients, aujourd'hui en vacances à travers le monde.

Tous les vols annulés

Tous les vols du tour-opérateur sont annulés. L'Autorité de l'aviation civile (CAA) a déclaré que le régulateur et le gouvernement disposaient d'une flotte d'avions prêts à rapatrier les quelque 150.000 clients britanniques au cours des deux prochaines semaines. Deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans. Elles ont activé un plan d'urgence baptisé "Opération Matterhorn", du nom d'une campagne de bombardement américaine lors de la deuxième guerre mondiale.

"Le gouvernement et l'Autorité de l'aviation lancent l'opération de rapatriement la plus importante pour des civils de l'histoire en temps de paix", a fait valoir le département britannique des Transports dans un communiqué. Cette opération colossale qui devrait durer jusqu'au 6 octobre,

 La CAA a également contacté les hôtels accueillant des clients du voyagiste pour les prévenir qu'ils seraient payés par le gouvernement, via un système d'assurance. Cette annonce intervient après que certains clients ont été retenus dans un hôtel en Tunisie, où le personnel a réclamé le versement de frais supplémentaires.

"Notre plan d'urgence a permis d'acquérir des avions du monde entier - certains venant de Malaisie - et nous avons envoyé des centaines de personnes dans des centres d'appels et dans les aéroports", a déclaré le ministre des Transports Grant Shapps.

Thomas Cook gère des hôtels et des complexes touristiques, des liaisons aériennes et des croisières. Avec 21.000 employés, elle opère dans 16 pays et fait affaire avec 19 millions de clients par an. Le groupe avait annoncé une perte abyssale d'1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de quelque 10 milliards.

Dette colossale

Minée par une dette évaluée à 1,7 milliard de livres sterling (1,9 milliard d'euros), Thomas Cook a été touché de plein fouet par la concurrence des sites en ligne et les incertitudes géopolitiques. Sa situation a été aggravée l'an dernier par un été particulièrement chaud en Europe, qui a pesé sur les réservations de voyages vers des destinations habituellement plus ensoleillées.

Le destin du voyagiste s'est joué en quelques jours: des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d'euros) de financements supplémentaires pour qu'un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain. Fosun Tourism Group s'est dit déçu par l'échec d'un accord entre Thomas Cook, ses banques et ses créanciers, précisant qu'il y avait été favorable tout du long. Le plan de recapitalisation n'était "plus applicable compte tenu de la liquidation judiciaire" de Thomas Cook, dit un communiqué du groupe chinois.

Garantie ATOL

La CAA rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d'une directive européenne. Cette législation s'applique aux autres membres de l'UE, notamment la France et l'Allemagne qui ont de gros contingents de clients de Thomas Cook, et ces derniers devraient bénéficier de fonds de garantie locaux.

La CAA relève également que les clients ayant acheté un séjour qu'ils n'ont pas encore utilisé auront droit à "un remboursement complet", et que ceux qui sont coincés à l'étranger pourront aussi recouvrer les frais encourus sur place si leur retour est retardé.

Lire aussi : XL Airways, l'antithèse d'Aigle Azur

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Commentaires
a écrit le 24/09/2019 à 9:30 :
.....la faillite ne s'est déclarée en une nuit !
C'est honteux que cette entreprise ait continué a éparpiller des gens sur le globe en connaissance de cause !!!
a écrit le 23/09/2019 à 15:15 :
merci de votre cessation d'activité, le climat ne s'en portera que mieux.....
a écrit le 23/09/2019 à 14:55 :
Les limites du tourisme de masse sont dépassées depuis longtemps.
Financièrement et écologiquement, c'est un aberration que de "trimballer" des gens en avion, en bateau, tout autour du Monde pour soi-disant leur faire "découvrir le Monde", d'autres gens, d'autres cultures. Un gros mensonge. Ce que voient "les gens", ce sont des aéroports, des hôtels standardisés, les logos des enseignes mondialisées, des visites au pas de course, la cohue et la promiscuité...tout ce qui ne fait pas le charme, l'agrément, l'intérêt du voyage. Le voyage de notre temps est le pendant du plat cuisiné Industriel. Je n'en mange pas. Je mange local et naturel. Idem pour mes vacances.
a écrit le 23/09/2019 à 10:58 :
Il commence a y avoir du monde pour la caisse de compensation. Il faut dire qu'avec les deux faillies ou presque de compagnies Française, même sans lien supposé, j'imagine aussi que tout les opérateurs et voyagistes seront impacté. La question qui fait celle de thomas cook est de savoir qui le sera.

Dans le domaine actuellement, il est en train de se passer des choses qui veulent dire comme la norwegian qu'il y a recomposition du marché qui semble se faire pour les grosses compagnies nationales.

Ceci dit, l'économie globalisée permet de savoir que nous allons sans doute avoir des conséquences si l'on sait que le propriétaire de thomas cook est aussi celui d'un célèbre club de vacances.....

Et j'imagine que des déclinaison de cette sorte vont apparaître dans les semaines a venir. Nous ne regardons actuellement que le doigt pointé a l'horizon.

Mais sur la question culturelle, il est vrai que cela est signe de changements profonds de l'économie, et culturellement un mythe qui s’effondre.

Reste qu'ils ne seront sans doute pas les seuls, car la mutation dans les grosses structures généralement se fait de cette manière la du fait d'un management qui n'a plus de lien avec le réel et les transformations !!!!

La il est question économique, mais malgré tout cela indique aussi qu'ils avaient, les moyens, le temps, l'image et la capacité d'anticiper cela !!!!
a écrit le 23/09/2019 à 9:54 :
Air Travel Trust (ATT) a publié ses états financiers pour l'exercice clos le 31 mars 2018, faisant état d'un excédent de 170 millions de livres sterling.

Ca fait dans les 320 euros par personne a rapatrier, plus les sejours non faits a rembourser, ça va pas être suffisant
a écrit le 23/09/2019 à 9:29 :
Une certaine idée du tourisme de masse pas cher qui s'en va, je ne vais pas pleurer.
a écrit le 23/09/2019 à 9:23 :
"La CAA rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d'une directive européenne"...alors, les Britanniques partisans du Brexit, elle n'est pas belle cette U.E. qui ne leur apporte que des ennuis ? J'ai comme la fâcheuse impression que cette mise en faillite a été accélérée pour qu'elle intervienne avant le 31/10...
La Livre va continuer de dégringoler de plus belle avec cette affaire...les brexiters devraient songer à sérieusement assurer leurs arrières...
Réponse de le 23/09/2019 à 11:04 :
Il est vrai que les brexiters précipitent la chose, mais je crois aussi dans le fait que le monde anglosaxon sait transformer des états de faits !!!

Il leur suffira de faire comme méridien de Greenwich. et l'histoire qui a permit la domination des mers, mais ou avec le net que l'on peut voir comme un océan, il est question de voir pour savoir comprendre et entreprendre.

Les anglais ont la qualité du constat et la transformation, donc attendons, ce qu'ils vivent actuellement est temporel, mais l'atout de savoir reconnaître la qualité va sans doute leur permettre de trouver le phare !!!!
a écrit le 23/09/2019 à 9:14 :
"touchant près de 600.000 clients, aujourd'hui en vacances à travers le monde."

Sale temps pour le tourisme ! Un peu de secousses ne pourra pas leur faire de mal et peut-être faire réfléchir même allez savoir... Cela reste quand même un chiffre colossal de personnes qu'on largue dans la nature.

Incroyable.

"Thomas Cook fait faillite : récit de deux siècles de voyages"

Une belle histoire pour cacher le marasme, la mauvaise gestion et le mépris envers les clients, les médias de masse ne savent plus comment se ridiculiser.
a écrit le 23/09/2019 à 8:39 :
"touchant près de 600.000 clients, aujourd'hui en vacances à travers le monde".

Ben alors, et la couche d'ozone, déja oublié ?

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