"No Postage Necessary", le premier film financé grâce à une blockchain

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(Crédits : DR)
[Spécial Festival de Cannes] "No Postage Necessary", une comédie romantique et "indé" qui sera sur les écrans en juin prochain, sera le premier film à sortir avec l'appui de la technologie blockchain. Les téléspectateurs pourront acheter le film via l'application vidéo basée sur la technologie Vevue, et payer avec la monnaie numérique de l'application. À quelques heures avant la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, l'industrie du cinéma a-t-elle enfin trouvé le Graal pour lutter contre le piratage ?

Le producteur-réalisateur Jeremy Culver a peut-être trouvé une nouvelle voie pour financer et distribuer un film : la technologique blockchain. Sa société de production Two Roads Picture Co. a annoncé fin mars que son premier long métrage, "No Postage Necessary", sera le premier film à être diffusé sur une plateforme blockchain et disponible à l'achat en utilisant une cryptomonnaie propre à celle-ci. En utilisant la Blockchain, une technologie émergente dans la production vidéo et cinéma, celle-ci pourrait, selon ses partisans, aider l'industrie du cinéma à lutter contre le piratage.

Le film sera disponible à la location et à la vente, à des tarifs différents. La production s'est refusée à communiquer un prix, indiquant seulement qu'il serait équivalent, pour la location, à ceux pratiqués sur les différentes plateformes vidéo en ligne. Le film sera également disponible sur des services plus classiques comme iTunes ou Amazon. Il est également prévu une sortie en salles, dans un "minimum" de dix cinémas aux États-Unis (limite minimale pour la diffusion outre-Atlantique).

La société de production s'est associée à la plateforme Vevue, un réseau vidéo paire-à-paire, basée sur Qtum (prononcer Quantum) développée par la Qtum Foundation située à Singapour. Les autres partenaires comprennent Qbao, un portefeuille numérique pour traiter les transactions de cryptomonnaie, et CoMakery, un fournisseur de contrats intelligents pour permettre des décaissements de redevances directement aux investisseurs et aux créatifs.

"Nous sommes ravis d'offrir aux cinéphiles du monde entier une nouvelle façon de vivre leur divertissement en transformant la blockchain en chaîne de distribution de longs métrages", a déclaré Jeremy Culver.

"Bien que ce soit une première pour l'industrie, nous espérons que cela marquera un changement dans la façon dont le contenu culturel est partagé et consommé".

Traçabilité et protection anti-piratage

Étant le premier à sortir sur une blockchain, le réalisateur note que "jusqu'à présent, la technologie n'a tout simplement pas été prête ; il n'y avait pas de plateforme pour soutenir cette nouvelle vision de la distribution."

"La distribution blockchain présente de nombreux avantages, notamment les preuves de droits de propriété intellectuelle, des redevances transparentes et, puisque toutes les données sur la blockchain résistent à la duplication, nous pouvons désormais envisager un monde où les films ne sont plus piratés", explique-t-il, lors de la conférence de présentation du film.

"Ce film se trouve à une intersection unique du paysage du divertissement, ayant été tourné sur pellicule 35 mm alors que son modèle de sortie inaugure l'ère de la distribution blockchain", réaffirme le producteur-scénariste-réalisateur de "No Postage Necessary".

Chaque transaction entre le diffuseur et le spectateur prend la forme d'un "smart contract" (contrat intelligent) dont l'empreinte s'ajoute à une chaîne d'autres transactions déjà effectuées auparavant. Impossible de dissocier les ordres d'achat formant des blocs les uns des autres.

Un scénario "cyber" de circonstance

Charleene Closshey, star et productrice du film, a reconnu que le scénario flatte un public fan des cryptomonnaies.

"Nous avons été attirés par le scénario de Jeremy [le réalisateur, Ndlr] parce qu'il est pertinent et opportun", explique la productrice.

"Bien que le film fasse la lumière sur un "cyber génie" malavisé qui peut pirater une entreprise de plusieurs milliards de dollars en quelques minutes, ces cyberattaques deviennent monnaie courante pour un grand nombre de sociétés."

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>> Pour en savoir plus sur le scénario du film

Vers la création d'un "studio blockchain"

Derrière "No Postage Necessary", d'autres sont déjà sur les rangs pour marier cinéma et blockchain.

Le projet "New Frontiers", qui comprend une saga de science-fiction en cinq volets et dont la sortie est prévue d'ici la fin de l'année est plus innovant encore. Outre le fait d'être distribués grâce à la Blockchain, les cinq films ont été financés par une levée de fonds en cryptomonnaie, pour un budget global d'environ 5 millions de dollars, selon le site spécialisé Deadline. L'un des moteurs de "New Frontiers", SingularDTV, se définit même comme un "Studio Blockchain", qui permet aux créateurs de gérer la totalité d'un projet, du financement jusqu'à la distribution, via sa plateforme Tokit. SingularDTV va également lancer prochainement sa propre plateforme de distribution blockchain, Ethervision.

Chaque projet a une empreinte indélébile qui permet d'en protéger la propriété intellectuelle, a récemment expliqué le directeur général de SingularDTV, Zach LeBeau, lors d'une table ronde au festival South by Southwest. Comme dans la plupart des utilisations de la Blockchain, le recours à cette technologie doit permettre de supprimer la plupart des intermédiaires et augmenter la part des revenus perçus par les créateurs.

Pour Nate Bolotin, de la société de production XYZ Films, également investie dans "New Frontiers" et qui a également participé à la table ronde, ce nouveau procédé de production et de distribution permet de "bâtir quelque chose d'assez organique, qui est orienté, de plusieurs manières, par l'utilisateur final".

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Commentaires
a écrit le 08/05/2018 à 18:12 :
Aucun blockchain n'est impiratable. C'est un mythe. Si déjà alors que c'est marginal, des hackeurs arrivent à les pirater, imaginez si cela se répandait..

C'est bien beau de vendre le tout numérique mais sans aucune réflexion sur la sécurité, c'est stupide.

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