C’est l’un des effets collatéraux des canicules à répétition. De plus en plus de projets émergent en aval de la capitale visant à réhabiliter la baignade et les activités nautiques sur le bassin de la Seine. Face au phénomène, les autorités apparaissent un peu démunies.Piquer une tête dans le fleuve préféré des impressionnistes n'est plus une vue de l'esprit. Et pour cause, Paris a récemment remis au goût du jour la baignade en eaux vives, à l'image d'autres grandes métropoles européennes comme Zurich, Berlin et Prague. En aval de la capitale aussi, la tentation du grand plongeon émerge à la faveur du changement climatique.
Ainsi, plusieurs localités riveraines de la Seine, non loin de Rouen, rêvent désormais de braver l'interdiction en vigueur depuis les années 1920, sous la pression de collectifs ou d'associations sportives, impatients de se réapproprier les eaux urbaines.
Les collectivités se jettent à l'eau
Dans le détail, les communes de Belbeuf et d'Elbeuf projettent notamment d'aménager des zones de loisirs aquatiques. Autre exemple : un club de voile se bat pour obtenir un bassin où faire voguer ses petits catamarans. Ailleurs encore, des élus ferraillent pour créer une marina fluviale, une aire réservée aux paddles.
«Depuis deux ans, on observe une croissance exponentielle des demandes des collectivités locales relatives à la baignade et aux activités nautiques», confirme Marie-Noëlle Riffaut, responsable du bureau « tourisme et relation avec les usagers » chez VNF (Voies Navigables de France) pour le bassin de la Seine.
Certains ont déjà franchi le Rubicon, avec ou sans blanc-seing préfectoral. « Les expérimentations plus ou moins encadrées se multiplient par le biais d'initiatives collectives ou individuelles », observe Gabrielle Bouleau, chercheuse à l'INRAE, et fine connaisseuse du mouvement naissant des baignades urbaines. Future directrice du groupement de recherche Piren-Seine, cette sociologue, hydraulicienne de formation, aime à citer en exemple le « Big Jump ». Littéralement le grand saut, il désigne une journée internationale de baignade, née en Allemagne sur les rives de l'Elbe, et depuis copiée par plusieurs villes françaises, dont Rouen et Le Havre pour la première fois, en juillet dernier.