SNCF : les départs en vacances tout de même perturbés par les grèves

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(Crédits : Reuters)
Les perturbations du trafic SNCF dues à la contestation de la réforme des retraites devaient être "limitées" à l'heure des départs en vacances de la Toussaint. Mais ce samedi, ceux qui ont tenté de prendre leur train ont parfois vécu une situation bien différente. Pour le carburant, le gouvernement a tenté de rassurer mais l'approvisionnement reste perturbé.

Un calme relatif régnait vendredi parmi les rangs des opposants à la réforme, pour ce début des vacances de la Toussaint. Entre 185 lycées (selon le ministère de l'Education nationale) et 600 (selon l'Union nationale lycéenne) étaient cependant perturbés vendredi.

Du côté des transports, Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, a déclaré à l'AFP que les départs en vacances se passeraient "pas trop mal" avec des "perturbations limitées", sauf en cas de "provocations" de la part de la direction. La SNCF a annoncé une "nette amélioration" du trafic TGV vendredi, avec plus de huit trains sur dix, les perturbations sur les réseaux TER, Transilien et Corail restant au même niveau avec plus d'un train sur deux assuré. Dans la journée, les gares de Bordeaux, La Rochelle et Montauban ont été bloquées momentanément. Et le ministère britannique des Affaires étrangères a mis en garde, dans ses "conseils aux voyageurs, ses ressortissants désireux de se rendre en France contre les "grèves sauvages" qui s'y déroulent.

Il n'avait pas tout à fait tort. Ceux qui ont tenté de prendre le train ce samedi, notamment pour un départ en vacances, ont parfois connu des diificultés. Trains annulés, personnel gentil mais dépassé, consignes peu claires ou inadaptées, un festival. A la gare de Lyon, on a vu des wagons pris d'assaut, des personnes âgées debout dans les travées, des chutes de voyageurs paniqués sur les quais. Pour une destination dui Sud de la France, l'annulation d'un train en matinée et d'un autre en après-midi a provoqué un afflux de voyageurs supplémentaires sur le train du midi, incapable de supporter les centaines de passagers en plus que cela entraînait.

Un retour à la normale qui se fait attendre pour les stations-service

Le gouvernement a tenté de rassurer les Français sur les problèmes d'approvisionnement en carburant des stations-service samedi, premier jour des vacances de la Toussaint. Selon le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, sept départements (Eure, Calvados, Loire-Atlantique, Indre-et-Loire, Val-de-Marne, Oise, Allier) sur 100 étaient "à sec" samedi à 11h00 en raison du blocage des raffineries pour protester contre la réforme des retraites.

Le texte, qui fait l'objet depuis des mois d'une levée de boucliers syndicale, a été voté vendredi soir au Sénat. Son adoption définitive par le Parlement devrait intervenir mercredi au plus tard. Alors que professeurs et élèves sont en congés jusqu'au 4 novembre, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a assuré que l'approvisionnement du réseau autoroutier français était "parfait". "Le réseau autoroutier est très bien approvisionné sur l'ensemble du pays (...) Les autoroutes, c'est parfait", a-t-il dit sur Europe 1. Lors d'une conférence de presse, Jean-Louis Borloo a précisé que dans les 300 stations d'autoroute, "tout marche bien sauf pour 4% à 5% d'entre elles qui attendent un approvisionnement dans la journée".

Un porte-parole de la CGT Chimie a déclaré samedi matin que 12 raffineries étaient toujours à l'arrêt ou en grève. Un retour à la normale dans les stations-service n'est pas prévu avant plusieurs jours, ont indiqué le gouvernement et les industriels vendredi à l'issue d'une réunion à Matignon. L'Etat va superviser la répartition du carburant par l'intermédiaire des préfets.

56% DES FRANÇAIS POUR LA FIN DU CONFLIT

Malgré les vacances, la contestation contre la réforme des retraites persiste. Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro réalisé les 20 et 21 octobre auprès de 1.001 personnes, 56% des Français souhaitent la fin du conflit social après l'adoption du projet de loi par le Parlement. Ils sont 43% à souhaiter une poursuite du mouvement et 1% ne se prononcent pas. Une autre enquête à paraître dans Sud-Ouest Dimanche montre que près d'un Français sur deux (48%) pense que la réforme des retraites n'aura pas d'influence sur son vote lors de l'élection présidentielle de 2012. D'après ce sondage Ifop réalisé les 21 et 22 octobre auprès de 956 personnes, 42% des sondés affirment que la réforme va les inciter à voter contre Nicolas Sarkozy dans deux ans.

La réforme porte d'ici 2018 l'âge minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans et repousse de 65 à 67 ans l'âge pour un départ avec une pension à taux plein. Le vote des sénateurs, acquis grâce à une procédure exceptionnelle de vote "bloqué", par 177 voix contre 153, a donné lieu à une dernière passe d'armes entre la droite et la gauche, qui a dénoncé un "coup de force".

Le vote est intervenu quelques heures après l'intervention des forces de l'ordre pour débloquer la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne. Invoquant l'atteinte au droit de grève, la CGT a obtenu une victoire judiciaire au tribunal administratif de Melun, qui a annulé les réquisitions de personnel signée par le préfet de Seine-et-Marne. Le préfet a cependant repris dans l'heure d'autres réquisitions de personnel, fondées différemment. La CGT a de nouveau saisi le tribunal. Outre ce contexte de grève, les raffineries françaises vivent des heures difficiles, avec les fermetures annoncées, jeudi et vendredi, de deux établissements, celui de Total dans les Flandres et celui de Petroplus à Reichstett, en Alsace.

La circulation des camions-citernes a ainsi été de nouveau autorisée ce dimanche et le suivant (les 24 et 30 octobre, jusqu'au 1er novembre), pour permettre l'approvisionnement en carburants. En temps normal, les véhicules de plus de 7,5 tonnes transportant des marchandises sont interdits de circulation le dimanche. Les feux de la contestation sont loin d'être éteints : les manifestants du Grand Ouest qui ciblaient déjà les dépôts de carburant, les dépôts de bus et les ports ont commencé à s'en prendre aux entrepôts des grandes surfaces comme en Basse-Normandie où deux étaient bloqués vendredi. A Vannes, Rennes ou encore Nantes et dans d'autres villes de l'Ouest, la circulation a été perturbée temporairement en raison de barrages, filtrants ou bloquants.

La CGT des ports et docks, très majoritaire dans le secteur, a de nouveau appelé vendredi les travailleurs portuaires à cesser le travail samedi et dimanche, pour réclamer la mise en place d'un dispositif de cessation anticipée d'activité. A Marseille, la mobilisation reste visible aux tas d'ordures qui s'empilent après douze jours de grève des éboueurs. La sécurité civile a déblayé près de 50 tonnes de déchets ces deux derniers jours, une goutte d'eau sur les 7.000 à 8.000 tonnes accumulées depuis le 11 octobre. A Marseille-Fos, 71 navires et 4 péniches sont toujours bloqués.

Pour se renseigner

- www.sncf.com et www.infolignes.com pour tous les trafics
- www.abcdtrains.com pour les prévisions Transilien par gare
- www.ter-sncf.com pour le trafic TER.
- le numéro vert 0 805 90 36 35 pour les Grandes Lignes, TER, Téoz et Intercités
- 0 805 70 08 05 pour le Transilien
- la radio avec un point trafic toutes les 15 mn depuis l'application SNCF Direct sur smart-phone et tous les sites internet SNCF (www.sncflaradio.com) ou France Bleu Ile-de-France : 107.1.
- par téléphone portable avec sncf.mobi pour accéder en temps réel aux informations.

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