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Entreprises & FinanceTransport & Logistique

SNCF : le voyage en train de 26 heures alimente la polémique

Source Reuters

Publié le 29 décembre 2010 à 06:06 - Mis à jour le 29 décembre 2010 à 06:11

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Le train de nuit 4295 parti de Strasbourg dimanche soir à 21h30 locales est arrivé à destination lundi soir peu après 22h00 à Perpignan, d'où certains passagers ont poursuivi le voyage en bus et en taxi. La SNCF s'excuse. Les syndicats polémiquent.

La SNCF a exprimé mardi ses regrets aux voyageurs d'un train entre Strasbourg et Port-Bou, à la frontière espagnole, arrivé à destination avec plus de 12 heures de retard et elle a promis une compensation exceptionnelle.

Les voyageurs ont parlé "d'enfer" après avoir passé plus de 24 heures à bord de ce train dont les toilettes étaient bouchées, le chauffage et l'éclairage défaillants. Ils disent n'avoir reçu qu'un plateau repas pour deux voyageurs et que le personnel ne leur a jamais donné aucune information.

Le train de nuit 4295 parti de Strasbourg dimanche soir à 21h30 locales est arrivé à destination lundi soir peu après 22h00 à Perpignan, d'où certains passagers ont poursuivi le voyage en bus et en taxi. "Ce train a fait l'objet d'une succession exceptionnelle d'incidents", a expliqué la SNCF dans un communiqué. Il y a eu d'abord un changement de conducteur très long à Belfort, une panne de motrice, et d'autres retards dus à l'expulsion de passagers ivres et à un incident sur la voie.

La SNCF a annoncé qu'elle rembourserait intégralement le prix du billet et offrirait un aller-retour gratuit supplémentaire à chacun des voyageurs. "Il s'agit d'un incident grave mais isolé dans une période de grand froid et de neige où 97% des trains ont circulé. L'enquête interne en cours permettra de savoir si le retard cumulé aurait pu être réduit", assure la compagnie.

LA CGT MET EN CAUSE LA POLITIQUE DE LA SNCF

La CGT, principal syndicat à la SNCF, a en revanche imputé l'incident à ce qu'elle voit comme un changement de culture, du service public à la société commerciale. "Cet événement est la résultante des politiques menées à la SNCF depuis plusieurs années. Pour la fédération CGT des cheminots, quand une entreprise publique comme la SNCF se détourne du service public pour faire du business, il est prévisible que les voyageurs et les cheminots en subissent les conséquences", dit le syndicat dans un communiqué.

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Il met en cause l'organisation des réserves de personnel, responsable à ses yeux de l'imbroglio sur le changement de conducteur du train 4295, et la spécialisation des ateliers d'entretien des locomotives, qui expliquerait les problèmes liés à la réparation de la motrice.

Le syndicat Sud-Rail met en cause la direction concernant le problème du changement de conducteur à Belfort, car selon lui elle savait depuis la veille que l'agent lyonnais prévu pour prendre le relais n'était plus disponible. "Ce conducteur a été renvoyé chez lui par la direction SNCF. Elle savait très bien que le conducteur en question n'était pas à Belfort, puisqu'il était à Lyon et qu'il n'avait pas pu assurer la première partie du trajet", a dit sur RTL Stéphane Boulade, secrétaire fédéral de Sud.

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Une avocate qui se trouvait à bord du train a annoncé qu'elle préparait une action en justice. Une association sera créée, a annoncé sur France info Me Fanny Deetjen. "Il ne s'agit pas d'être procédurier. Mais il n'est pas normal que des usagers aient à subir aujourd'hui les problèmes de dysfonctionnement du service, des conducteurs pas présents dans les trains ou des machines complètement désuètes faute d'entretien nécessaire", a-t-elle expliqué.

Source Reuters

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