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Les deux scénarios low-cost d'Air France

Fabrice Gliszczynski

Publié le 24 mars 2012 à 20:30

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Pour redresser son réseau moyen-courrier, la direction étudie le développement d'une compagnie à bas coûts en parallèle à la marque Air France. Transavia, la filiale mi-low-cost-mi charter pourrait servir de socle à ce projet mais en changeant de marque. Autre scénario, le maintien de Transavia et la création d'une low-cost sur les destinations loisirs en Europe et en France, toujours à côté de la marque Air France.

Restructurer le moyen-courrier d'Air France pour sauver la compagnie. C'est la priorité industrielle de la direction. Si le groupe entend modifier son système de hub pour enrayer les pertes des vols de courte distance qui aliment l'aéroport de  Roissy (voir aussi "Air France va revoir la production de son usine de Roissy"), il travaille aussi sur une riposte à la déferlante des low-cost sur les vols de "point-à-point". Alors que l'objectif est de revenir à l'équilibre sur cette partie du réseau d'ici à la fin 2013, les pistes de travail doivent être dégagées fin mars pour une décision d'ici à fin juin.

Si l'extension à d'autres aéroports de l'organisation du travail plus productiviste mise en place à Marseille, Nice et Toulouse est d'ores et déjà acquise, le développement d'une compagnie à bas coûts sur le réseau de point-à-point en Europe est également étudié, selon des sources internes. Ceci en parallèle à la marque Air France. «Tout est à l'étude, rien n'est tranché », assure t-on. Ce scénario implique donc la coexistence de deux marques. Car, alors qu'Air France cherche à monter en gamme en général, « il est difficile d'avoir sous la même marque un produit haut de gamme all inclusive (même si deux ou trois services pourraient être payants) et une compagnie un peu plus low-cost. Sinon on détruit la marque », explique t-on à un très niveau de l'entreprise.

Une extension de Transavia? 

« Si on décide d'une telle filiale low-cost, faut-il  le faire à partir de Transavia France », s'interroge une autre source ? En effet, ce projet pourrait se développer à partir du socle existant de cette filiale « touristique » d'Air France, lancée en 2007 sur le modèle mi-charter-mi low-cost de Transavia Hollande, la filiale de KLM. Mais sans pour autant conserver la marque. Un tel scénario passe par la renégociation de l'accord signé en 2006 par Air France et le SNPL (syndicat national des pilotes de ligne) qui limite à une quinzaine d'avions.

Aujourd'hui, les coûts de Transavia au siège kilomètre offert (SKO) sont inférieurs à 5 centimes d'euros, quand ceux d'Air France sur le moyen-courrier dépassent... les 11 centimes. Cette compagnie ne supporte ni les coûts de structure de sa maison-mère, ni le poids du personnel dans les aéroports dans la mesure où elle sous-traite son assistance en escale. Si sa performance est donc la meilleure du groupe Air France, elle ne lui a cependant jamais permis d'être une seule fois profitable en 5 ans.

A sa décharge, Transavia n'a pas l'autorisation d'Air France de se positionner sur les meilleures routes qui sont laissées à sa maison-mère (à l'exception de Marrakech). En outre, même si elle s'en rapproche, la structure de coûts de Transavia n'est pas au niveau de celui des grandes low-cost du secteur. «Si les coûts d'une compagnie sont supérieurs à 4 centimes au SKO (hors carburant) ce n'est pas une low-cost », estimait en début de semaine au colloque French Connect Alex Cruz, le directeur général de Vueling.

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L'autre scénario

Selon d'autres sources internes, il existe un autre scénario à l'étude. Celui de laisser Transavia sur son positionnement de prédilection  (exploiter  de lignes "loisirs" vers des destinations "soleil", essentiellement vers  le bassin méditerranéen)  et de créer une autre low-cost également positionnée sur les lignes losirs mais sur les axes intras-européens et domestiques. Ceci, toujours en parallèle de la marque Air France, indispensable pour l'aimentation du hub de Roissy afin d'éviter une rupture de produits pour les passagers en correspondances. Reste que les avis sont très partagés au sein d'Air France sur la capacité de la direction à prendre de telles décisions. Un peu comme la compagnie l'a fait depuis  plus de dix ans.

Air France a sous-estimé la menace low-cost

Depuis le début de la décennie 2000 Air France a toujours réfléchi à la possibilité de lancer une low-cost. Mais à chaque fois, le danger des Ryanair et autres Easyjet a été minoré. A tel point que le PDG d'Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta a reconnu il y a peu (devant des syndicats) s'être trompé. Dans les années 2001-2002, Air France a par exemple étudié la possibilité de baser sa filiale irlandaise Cityjet aux coûts plus bas, à l'aéroport londonien de Luton, le fief d'Easyjet qui venait défier Air France à Paris. L'objectif était de chiper à Easyjet sur le réseau britannique (Londres-Edimbourg) les passagers que lui prenait la compagnie à bas coûts sur Paris-Nice.

Appel à la grève le 30 mars

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Le développement d'une l'activité low-cost au détriment de l'activité d'Air France poserait la question du personnel des aéroports d'Air France, aujourd'hui en surreffectifs. Une véritable bombe sociale, alors que la pression commence à monter chez le personnel au sol. Jeudi, la CGT, la CFDT et FO ont appelé les salariés à se mobiliser le vendredi 30 mars, de 01H00 à minuit, selon un communiqué des trois syndicats, inquiets pour leurs acquis sociaux. Les pilotes et personnels de cabines ne se sont pas associés au mouvement.

Fabrice Gliszczynski

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