Alstom : un Airbus du ferroviaire "est une idée complètement sotte" (PDG)

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Patrick Kron, PDG d'Alstom
Patrick Kron, PDG d'Alstom (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le groupe va vendre une part minoritaire d'Alstom Transports, le constructeur du TGV, à des partenaires industriels ou financiers. Une vente à l'allemand Siemens serait "idiote" a expliqué le PDG d'Alstom Patrick Kron.

Outre la suppression de 1.300 postes dans plusieurs d'activités d'Alstom Thermal Power, l'informatique et les coûts centraux (qui ne devraient être pas les dernières comme l'a indiqué la direction d'Alstom), l'ouverture du capital d'Alstom Transport, l'une des quatre branches du groupe, constitue l'autre grosse annonce d'Alstom de ce mercredi.

Le constructeur du TGV entend vendre une partie minoritaire du capital d'Alstom Transports à des partenaires industriels ou financiers. A quelle hauteur ? Mystère. "Je ne sais pas vous dire si on va vendre 20, 22,5% ou 30% peu importe, et encore moins vous donner le prix, mais nous avons le temps et nous allons engager ce processus avec l'ensemble des acteurs concernés", a déclaré Patrick Kron, le PDG du conglomérat, lors de la présentation des résultats semestriels, lesquels sont marqués par un recul de 1% du résultat opérationnel à 695 millions d'euros pour un chiffre d'affaires en hausse de 4% , à 9,73 milliard, mais surtout par une baisse de 22% des commandes. Celle-ci a contribué au cash flow négatif de 511 millions.

Redonner de la mobilité stratégique

Cette opération se combine avec de cessions d'actifs non-stratégiques qui n'ont pas été précisées. Ce programme de cessions d'actifs vise à obtenir entre un et deux milliards d'euros  d'ici à décembre 2014. Pourquoi ? "Pour redonner une mobilité stratégique si nécessaire", répond Patrick Kron, ajoutant qu'Alstom « n'avait pas de projet d'acquisition stratégique sur le feu ».

Pas d'augmentation de capital

Hors de question en revanche pour trouver de l'argent frais de procéder à une augmentation de capital, "un sujet qui n'est pas sur la table parce que nous n'en avons pas besoin et parce que cela ne serait pas non plus favorable aux actionnaires (au regard de la valorisation du groupe, ndlr) a expliqué Patrick Kron. Ce dernier a balayé tout lien entre les cessions d'actifs et le flux de trésorerie libre négatif de 511 millions d'euros au premier semestre. "Nous maintenons une guidance de cash flow positif", a-t-il déclaré. Vendre une part d'Alstom Transport ne changera rien à la marge opérationnel du groupe".

"Nous ferons ce deal si cela est utile à Alstom et intelligent pour Alstom Transport", a réagi le Patrick Kron, à une question évoquant l'hypothèse d'une cession d'une part minoritaire d'Alstom Transport à son concurrent Siemens. "Ce serait idiot de leur part et de la nôtre" a-t-il dit en voyant mal un client devoir choisir entre un produit « 100% Siemens ou 20% Siemens ». Bref, tous ceux qui rêvent d'un Airbus du ferroviaire seront déçus. "J'ai toujours pensé que c'était une idée complètement sotte", a répondu Patrick Kron à un journaliste allemand qui évoquait le sujet. Plusieurs voix se sont, dans le passé, déclarées favorables à ce projet. Notamment celle de l'ancien secrétaire d'Etat des transports, Dominique Bussereau. "Il faut un Airbus du ferroviaire. Je plaide, à l'avenir, pour des rapprochements entre les sociétés et les constructeurs européens", avait-il déclaré lors d'un déplacement en Chine en septembre 2010. L'idée était regrouper les forces comme l'a fait Airbus et de mettre fin à la guerre sans merci que se livrent les européens à l'export, face aux concurrents chinois de plus en plus actifs.

En mars, le chef de l'Etat prônait des EADS dans d'autres secteurs

En mars dernier, lors de la signature à l'Elysée d'un énorme contrat entre Airbus et Lion Air (juste avant de rendre visite le jour même à Angela Merkel), François Hollande avait souhaité vouloir d'autres "EADS" dans d'autres secteurs économiques, sans préciser lesquels. "Notre ambition au plan européen, c'est non seulement de poursuivre la belle aventure d'EADS mais également de concevoir d'autres EADS pour d'autres secteurs économiques avec nos partenaires européens", avait-il dit. Depuis la création d'EADS en 2000, plusieurs projets du même type ont été maintes fois évoqués, comme un Airbus du naval ou des télécoms.

TGV du futur

Avec la commande de 40 rames TGV passée cet été par la SNCF, Alstom a de la visibilité pendant trois ans en termes de production. Après, le fameux TGV du futur, doit prendre le relais.A l'export, il y a des projets TGV aux Etats-Unis, en Russie, au Brésil et en Asie du sud-est mais aucun ne décantera d'ici à la fin de l'année. Concernant la grande vitesse, Alstom surveille de près les projets irakiens et turcs. En octobre, Alstom a enregistré en Afrique du sud, le contrat de son histoire : 600 trains passagers pour 4 milliards d'euros.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2014 à 22:39 :
a t il fait quelque chose pour Pechiney? Rien. Pour Alstom? Rien, sauf vouloir vendre à tout prix aux américains, sans en informer le gouvernement..
a écrit le 31/03/2014 à 22:49 :
On les comprendra jamais ces gus.
L'idee du ferroviaire europeen est sotte, ben tiens patrick, que penses tu de hitachi qui se pose au royaume uni avec 3000 emplois a la cle.
Ya un marche europeen et internationale a prendre, on doit y etre et si une cooperation n'est pas enviseageable en europe, au moins a l'internationale.
Svp ne faites pas comme avec les avions de combats, on en propose 4, ah merde les americains les vendent, pas nous.
a écrit le 07/11/2013 à 11:42 :
Fusion des activites trains Siemens avec celles d'Alstom est une bonne idee pour creer un geant en Europe et ensuite mieux arme pour conquerir les marches de l'Asie et du Moyen Orient
a écrit le 06/11/2013 à 23:00 :
Normal ! des inepties,... venant d'un rigolo, pantin de Sarko.
Réponse de le 28/04/2014 à 18:16 :
Toute a fait vrai Kron et ses amis on detruit Alstom
a écrit le 06/11/2013 à 22:41 :
Les constructeurs s'allient dans l'utilitaire dans le cadre des accords entre l'alliance Renault-Nissan et le groupe Daimler, Mercedes Mitsubishi. Partage de pièces les même chaînes de fabrication de l'usine Renault de Maubeuge (Nord) Ce ne serait pas la première fois que des coopérations multiples Véhicules de loisir de grande qualité, conception et équipement complet....Chambre a coucher arrière permanente, toilette et Douche indépendante, Peinture du Motorisé Full Peinte de compagnie une option .
a écrit le 06/11/2013 à 17:49 :
Pourtant à y regarder de plus près l'idée pourrait ne pas être bête.Pourquoi ? En raison d'un parc jugé trop large ,la SNCF s'apprête à louer à la DB (chemins de fer Allemands) des rames TGV afin de permettre à nos voisins de continuer l'exploitation à grande vitesse en raison des défaillances croissantes des rames ICE construites par SIEMENS ! Si le concept ferroviaire Franco Allemand avait existé ,nous n'en serions pas là et nous aurions une "bête de course" réellement internationale comme la référence AIRBUS dans l'aérien.
a écrit le 06/11/2013 à 16:50 :
puéril! comme Montebourg vouloir travailler avec la Corée, en tout cas, ils sont plus forts que les Français, les Coréens.
a écrit le 06/11/2013 à 15:51 :
C'est sûr lorsqu'on vit de la commande publique donc des impôts, il serait stupide de vendre la poule aux oeufs d'or aux allemands.
Réponse de le 06/11/2013 à 19:16 :
Allemands qui vivent eux aussi de la commande publique de la Deutsche Bahn
Réponse de le 06/11/2013 à 21:22 :
Une seule compagnie vivant déjà des commandes franco-allemandes amortirait plus rapidement / facilement ses investissements, c'est évident. Donc au lieu d'avoir 2 petits Etats qui se battent, autant les regrouper au plus vite, c'est une évidence. Airbus n'aurait jamais pu atteindre cette taille en étant uniquement français ou allemand.
a écrit le 06/11/2013 à 15:25 :
Mais où est donc l'idiotie ? Siemens a déjà été rejeté quand on a "sauvé" Alsthom, en le délestant notamment du boulet des Chantiers de l'Atlantique. Le TGV est sévèrement concurrencé par la Chine, l'Espagne...; et les réseaux secondaires français sacrifiés, en mauvais état. Le coeur de métier est à trouver, et l'on cherche à ouvrir le capital mais pas à l'augmenter. L'idiotie est vagabonde dans pareille rhétorique.

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