Air France-KLM à Alitalia : pas d'efforts sur la dette ? Ok, vous n'aurez pas notre argent

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Un conseil d'administration de la compagnie italienne se tient ce mercredi
Un conseil d'administration de la compagnie italienne se tient ce mercredi (Crédits : reuters.com)
Le refus de Rome de restructurer la dette de la compagnie italienne compromet les chances d'un retour rapide à l'équilibre d'Alitalia. Air France-KLM n'entend pas participer à l'augmentation de capital.

Alors que les actionnaires d'Alitalia ont jusqu'au 15 novembre pour dire s'ils participent ou pas à l'augmentation de capital de 300 millions de la compagnie italienne, décidée mi-octobre, il ne faudra pas compter sur Air France-KLM, actionnaire à 25% d'Alitalia. Comme nous l'indiquions fin octobre, le groupe français va passer son tour. "Il n'y a aucune chance pour que nous fassions autrement", explique un proche du dossier. Les conditions d'Air France-KLM pour participer à l'aventure (jusqu'à 50% du capital) n'ayant pas été réunies (plan industriel moins ambitieux, rôle accru dans la gestion et restructuration de la dette), le groupe français ne va pas souscrire à l'opération et va se laisser diluer à moins de 10% du capital. La direction d'Alitalia a beau présenter ce mercredi en conseil d'administration un "business plan" plus proche des attentes d'Air France-KLM, qui se traduirait selon Bloomberg par 2.000 suppressions de postes sur 14.000 que compte l'entreprise, ce dernier ne sera pas suffisant pour revenir rapidement à l'équilibre. Des pertes nettes sont en effet attendues en 2014 et peut être aussi en 2015, pour un retour dans le vert en 2016. "Tout ça parce que la rentabilité potentielle d'Alitalia ne pourra pas supporter une dette aussi lourde (+ de 800 millions d'euros), car elle crée des coûts financiers qui sont supérieurs au résultat d'exploitation, même si celui-ci est positif", explique-t-on chez Air France-KLM. En gros, il faudrait qu'Alitalia dégage plus de 200 millions d'euros de bénéfices annuels d'exploitation pour sortir de la tête de l'eau. Ce qui fait beaucoup, au regard de la conjoncture actuelle, pour une compagnie aérienne qui réalise 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. "Sauf à afficher une rentabilité équivalente à celle de British Airways", ironise un expert.

Abandon de créances

Air France-KLM a toujours soutenu une restructuration de la dette, laquelle ne peut passer que par l'abandon d'une grande partie des créances ou (et) une transformation de celles-ci en capital. "Les banques ne veulent pas", explique-t-on. Le fait qu'elles (Banca intesa et Unicredit) soient à la fois actionnaires d'Alitalia, prêteuses et garanties de l'augmentation de capital à hauteur de 100 millions d'euros crée une sorte de cercle vicieux. Depuis février dernier, date à laquelle la direction d'Alitalia a demandé un prêt aux actionnaires pour passer l'été, la restructuration de la dette n'a jamais pu être correctement abordée.

Pour Air France-KLM, les 300 millions d'euros de recapitalisation (qui risquent d'ailleurs d'être difficile à réunir) risquent d'être absorbés rapidement. Ce qui pourrait pousser Alitalia à demander aux banques de lever, en début d'année prochaine, des lignes de crédit supplémentaires d'un montant de 200 millions d'euros. Celles-ci, même s'ils ne sont pas garanties, font partie du plan financier de 500 millions d'euros identifiés par la compagnie pour se sauver. Ces 200 millions d'euros permettront-ils à Alitalia de passer l'hiver ? "Ce sera juste, dit-on chez Air France-KLM. Cela dépendra des créanciers, des fournisseurs et bien sûr de la conjoncture".

Alternative

Pour autant, chez Air France-KLM, on estime qu'Alitalia ne pourra pas faire l'impasse d'une restructuration de la dette. Alors que Rome a déjà annoncé qu'il chercherait une alternative à Air France-KLM, il y a peu de chances pour qu'un investisseur vienne sans demander une restructuration de la dette au préalable. "Cela se fera par un redressement judiciaire", prédit un observateur. « Le gouvernement n'a pas souhaité la faire jusqu'ici pour des raisons politiques en raison du vote de confiance du gouvernement Letta début octobre. A la prochaine crise de trésorerie d'Alitalia, ils la feront", explique un fin observateur. Et à ce moment là, Air France-KLM risque fort d'être à nouveau en lice.

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 13/11/2013 à 21:09 :
Prenez un vol long courrier ALITALIA vous comprendrez pourquoi ils en sont arrivé là.
Les compagnies du Golfe ou d'Asie se portent bien elles, y a pas photo.
Le sourire et le service c'est la base du business depuis toujours, c'est tout !
a écrit le 13/11/2013 à 10:05 :
Qui doit payer les pertes accumulées? N'est-ce pas le rôle des actionnaires de mettre au pot en premier? Les contribuables après, pour sauver l'honneur national. Il est certain que émirates et qatar ou turqish airways seront intéressés pas une compagnie très bien implantée sur le bassin méditerranéen.
Réponse de le 13/11/2013 à 12:09 :
Pour vous, c'est aux actionnaires de payer ... et je suppose que lorsqu'une entreprise fait des bénéfices, elle DOIT partager avec les salariés et avec l'état !!!
Réponse de le 13/11/2013 à 16:12 :
N'est-ce pas le rôle d'une entreprise, quelle qu'elle soit, de ne pas perdre d'argent ? Qu'elle n'aie point envie d'en gagner trop, c'est son droit, mais on ne peut, en toute logique (normale,c-a-d non communisto-gaucho...), dépenser ce qu'on n'a pas... Allez, bon courage...

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