SNCF : la direction relance les départs volontaires, les syndicats parlent de "plan social"

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Des activités telles le fret sont stables ou en régression et  l'entreprise doit aider les personnels à s'adapter, souligne la SNCF. (Photo: Reuters)
Des activités telles le fret sont stables ou en régression et "l'entreprise doit aider les personnels à s'adapter", souligne la SNCF. (Photo: Reuters) (Crédits : reuters.com)
L'entreprise a annoncé la mise à jour d'un texte réglementaire définissant les conditions des départs volontaires de 150.000 cheminots. Mais, selon les syndicats, il ne s'agit de rien de moins que d'un plan social déguisé.

La crainte des syndicats s'est avérée être fondée. Désireuse de résorber des sureffectifs, la SNCF a annoncé mardi des départs volontaires.

Selon la direction, qui a présenté ses intentions en comité central d'entreprise (CCE), il s'agit de mettre à jour un texte réglementaire, dit référentiel RH 0281, qui définit depuis 1954 les conditions d'accompagnement des départs volontaires des 150.000 cheminots bénéficiant du statut historique de la SNCF.

A l'issue de la réunion, le directeur des ressources humaines, François Nogué, a expliqué:

"L'objet du CCE était de débattre des conditions d'adaptation de l'emploi dans l'entreprise". Le référentiel est un "dispositif que nous mettons à jour régulièrement".

"Il y a des métiers où nous avons des besoins très importants, comme ceux de l'infrastructure, ou de l'entretien du matériel roulant", a-t-il indiqué, rappelant que la SNCF va recruter en 2014, dont 4.000 personnes dans la maison-mère. Mais "d'autres activités sont stables ou en régression comme le fret" et "l'entreprise doit aider les personnels à s'adapter", a-t-il précisé.

Les salariés au statut historique de la SNCF bénéficient d'"une garantie d'emploi", a souligné François Nogué.

Aucun objectif chiffré ni daté

Le référentiel sur les départs volontaires est fondé sur le volontariat et s'appliquera au cas par cas, sans objectif chiffré ni daté puisqu'il s'agit d'un texte pérenne actualisé, a souligné la SNCF. Selon la direction, il a été utilisé de nombreuses fois pour faire face à des sureffectifs soit fonctionnels soit géographiques.

Le dispositif sera applicable aux cheminots ayant quatre ans d'ancienneté et des mesures adaptées seront prises pour les personnes proches de la retraite, a précisé l'entreprise. Les indemnités pour les volontaires au départ "seront importantes en cours de carrière et iront en se réduisant à l'approche de l'âge de la retraite", a affirmé François Nogué. Selon la direction, la prime sera au maximum de 24 mois.

Un plan social "déguisé"

Pour plusieurs syndicats, cette relance de mesures d'incitation aux départs volontaires s'apparente toutefois à "un plan social" pour réduire les sureffectifs dans le fret et aux guichets.

Selon Roland Fourneray de la CGT-Cheminots, premier syndicat, "l'entreprise ne se comporte pas différemment d'une entreprise privée qui, pour augmenter ses gains de productivité, supprime des emplois". Cédric Robert, secrétaire fédéral du syndicat, souligne que la mesure permettra de "faire partir les cheminots prématurément à la retraite", dans des "métiers ciblés": il dénonce une "situation ubuesque", alors que "nous avons subi quatre réformes des retraites depuis 2003 pour nous faire travailler plus longtemps".

Nathalie Bonnet de SUD-Rail (troisième syndicat) partage le même point de vue: le toilettage du référentiel RH 0281, qui selon elle a été utilisé "pour la dernière fois dans les années 90", est "clairement un plan social" pour "faire partir tous les cheminots du fret en excédent" et permettre à la SNCF de supprimer "la moitié des vendeurs" entre 2012 et 2016. Elle souligne:

"Ceux qui ont entre 53 et 56 ans vont faire leurs calculs, mais la prime n'annulera pas les effets de la décote".

FO, cinquième syndicat, voit aussi dans ce dispositif "un véritable plan social" avec potentiellement "des milliers d'emplois au statut sacrifiés".

180 millions de perte nette en 2013

La SNCF, qui a plongé dans le rouge en 2013 avec une perte nette de 180 millions d'euros, avait annoncé en décembre son intention de ne pas remplacer tous les départs en 2014, avec l'objectif de 1.400 suppressions nettes d'emplois dans le groupe.

Jusqu'à la réforme des régimes spéciaux de retraites en 2008, le départ à la retraite des cheminots intervenait automatiquement à 55 ans. L'âge légal s'aligne désormais progressivement sur le régime général avec un âge de départ moyen à 58 ans actuellement.

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Commentaires
a écrit le 12/06/2014 à 17:27 :
Même cheminot, j'ai pris ma retraite à 55 ans et 5% de décote : c'est normal !
Maintenant que l'on donne une prime de départ à 55 ans c'est pas logique et doublement injuste vis-à-vis du privé.
a écrit le 14/05/2014 à 9:35 :
Pourquoi un contrat de travail différent du contrat commun ?
Pourquoi un régime de retraite particulier ?
La justice exige un régime GÉNÉRAL de retraite, un contrat de travail soumis au régime général...
Réponse de le 14/05/2014 à 16:06 :
"lyon69",pour votre connaissance les fondements du régime spécifique des cheminots remonte à 1909 date à laquelle les compagnies privées de chemin de fer voulaient conserver leurs personnels qualifiés.Les temps ont changé et les compétences sont de moins en moins privilégiées (comme dans les autres entreprises d'ailleurs). Désormais il faut "dégraisser" mais rappelons que la prime de départ va jusqu'à 24 MOIS de salaire (pour les plus anciens) soit nettement moins que le DROIT COMMUN qui prévoit 1 MOIS par année de présence dans l'entreprise.Donc ,c'est une proposition de départ discutable par rapport à d'autres ...
Réponse de le 14/05/2014 à 22:45 :
@Bioman
Je ne suis pas sur que les entreprises privées accordent toutes un mois par année de présence. A défaut d'appliquer le droit commun, chaque entreprise agit en fonction des accords de branche, voir de ses propres accords. Il ne faut pas faire des généralités
a écrit le 14/05/2014 à 9:18 :
J’espère que la direction SNCF et Pepy en tête profite de ce plan. L'entreprise pourra p-e être sauvé de ces dirigeants qu'Ils ne pensent qu'a créer des filiales pour surement récupéré des jetons de présence + de 800 filiales à ce jour.
Réponse de le 14/05/2014 à 14:14 :
déjà la retraite a 50 ans ....+ voyages a vie et pour leurs proches GRATUIT ...ou aux frais des contribuables ...
Réponse de le 14/05/2014 à 16:10 :
"quoi de mieux" ,suis cheminot depuis 34 ans et ai 51 ans et suis toujours au sein de mon entreprise.D'ailleurs ,avec les décotes liées aux réformes de 2008 et surtout 2010 devrait rester au delà de 55 ans .Quant au train gratuit que vous jalousez ,suis allé au boulot ... en voiture car pas de train pour ma part ! Faudrait nettoyer CHACUN devant sa porte d'abord car il y a beaucoup d'avantages ... ailleurs et vous ne voulez pas les citer !
Réponse de le 14/05/2014 à 17:04 :
DANS LE PRIVE C BEAUCOUP MIEUX ..personne ignore vos privilèges d une autre époque ...votre entreprise est propriété de la CGT aux frais du contribuables
Réponse de le 14/05/2014 à 20:58 :
"@boiman" ,pourriez-vous énumérer le terme de "privilèges" qui remontent à 1789 ? Quant à la notion de "propriété" oui , un service public appartient à la collectivité et souhaitez que ce soit le cas longtemps car les lendemains vont déchanter pour les cigales Françaises qui n'imaginent pas que hors de nos frontières l'herbe est plus grasse ...Simplement allez voir la Grande Bretagne où il n'y a plus de services publics et où seul le privé règne ... Il faut tout payer et ce très chèrement ! (voir le prix de l'électricité,des hôpitaux,du train du métro londonien,...) D'ailleurs j'en reviens et la comparaison est éloquente
Réponse de le 14/05/2014 à 23:13 :
Bonsoir messieurs,

je me permets de m'associer à vos échanges, en tentant de revenir à un ton quelque peu cordial vu que vous invoquez les british, davantage connus pour leur flegme que pour la qualité de leur réseau ferré, même si ça a bien changé.
Deux choses :
- oui, il y a beaucoup de bonnes choses au sein d'une aussi belle boutique que la "senecefe", la possibilité d'exercer XX métiers tout au long de sa vie, et de voyager à l'oeil (on y bosse en même temps),
- là où cela coince, et là je me rapproche de Mr Boiman, c'est que le REGIME GENERAL ne peut pas tout absorber, c'est ce que je me tue à expliquer à mes adorables collègues de la fonction publique territoriale que j'ai le plaisir de cotoyer.
Quant au contribuable, il est bien content de profiter de services dignes de pays occidentaux, à un tarif honnête. Alors bonne et nécessaire réforme, on pense à vous on a donné en 2003, 2007, etc... et on s'en reparle très vite.
La Gnak, une amoureuse du rail, très attentive à l'homogénéisation des régimes.

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