Le Parlement européen a validé ce mardi une aide «de 25,9 millions d'euros pour financer la recherche d'emplois de 3,686 salariés licenciés par Air France». Il s'agit de l'aide "la plus importante jamais attribuée dans le cadre du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation" (FEM), a souligné dans un communiqué le Parlement. Déjà approuvée par la Commission européenne, l'aide doit être acceptée par le Conseil des ministres, comme les trois autres validées ce mardi pour d'anciens salariés du détaillant grec Odyssefs Fokas, de Whirlpool en Italie et du fabricant italien automobile Fiat en Pologne.
Les départs qui se sont multipliés résultent du non remplacement des personnes qui quittent l'entreprise par le gel des embauches et par la mise en place depuis 2009 de trois plans de départs volontaires.
En fait, ce Fonds européen a pour objectif de fournir une aide aux salariés «licenciés économiques» (ou assimilés, comme dans le cas d'un plan de départs volontaires) «à la suite de changements structurels majeurs survenus dans le commerce international en raison de la mondialisation ou du fait de la crise économique et financière mondiale», explique un parlementaire.
Néanmoins, les motifs invoqués peuvent surprendre un peu. Car la concurrence des compagnies du Golfe et la hausse du prix du carburant sont deux phénomènes qui ont touché l'ensemble des compagnies européennes, lesquelles n'ont pas toutes rencontré les mêmes difficultés qu'Air France. Au contraire, la France étant le pays le plus restrictif en termes d'attribution des droits de trafic, la pression d'Emirates, Qatar Airways ou Etihad Airways est «moindre» dans l'Hexagone que dans d'autres pays européens comme le Royaume-Uni par exemple (ce qui n'empêche pas British Airways d' affiche des excellents résultats).
En fait, explique un député français à La Tribune, «si Air France a moins bien résisté c'est en à cause du coût du travail qui est élevé en France. Il y a un problème de compétitivité».
C'est indéniable. Si Air France-KLM transférait son siège social de Paris à Amsterdam, il ferait une économie de 700 millions d'euros. Pour autant mettre l'intégralité des difficultés d'Air France sur le compte du manque de compétitivité de l'Hexagone est pour le moins exagéré. Si Air France a dû supprimer des postes, c'est aussi parce qu'elle est entrée dans la crise de 2009 la moins bien préparée des Majors européennes et qu'ensuite qu'elle a tardé à réagir puisqu'il a fallu attendre 2012 pour que soit lancé un plan de restructuration d'envergure.
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