La justice britannique pousse Eurotunnel à se séparer de MyFerryLink

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Jugeant excessif le niveau de concurrence dans le transport transmanche, la justice britannique a donné six mois à MyFerryLink pour cesser d'opérer.
Jugeant excessif le niveau de concurrence dans le transport transmanche, la justice britannique a donné six mois à MyFerryLink pour cesser d'opérer. (Crédits : reuters.com)
La compagnie maritime française MyFerryLink (ex-SeaFrance) s'est vue interdire en appel de desservir Douvres par les autorités britanniques. La direction d'Eurotunnel a dénoncé une décision qui "porte atteinte à la liberté d'entreprendre".

Une décision "contrainte". Eurotunnel a annoncé vendredi 9 janvier qu'il allait chercher un repreneur pour sa filiale MyFerryLink après la confirmation par la justice britannique de l'interdiction faite à la compagnie maritime de relier Calais à Douvres.  La direction d'Eurotunnel a dénoncé une décision "illogique" du Tribunal d'appel de la concurrence (CAT) et qu'il chercherait un repreneur pour la compagnie.

"Elle réduit la concurrence sur le détroit et porte atteinte à la liberté d'entreprendre. Le CAT contraint le Groupe à se retirer de cette activité [...] MyFerryLink est une réussite industrielle et commerciale [...] Compte tenu de la position britannique, son avenir se jouera maintenant en dehors du groupe", a déclaré Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, dans un communiqué.

Six mois pour cesser d'opérer

Jugeant excessif le niveau de concurrence dans le transport transmanche, la justice britannique a donné six mois à MyFerryLink pour cesser d'opérer, confirmant la position de l'autorité de la concurrence britannique. L'opérateur du tunnel sous la Manche avait fait appel d'une décision jugée "aberrante" susceptible selon lui d'entraîner une hausse des prix et menaçant quelque 600 emplois.

"Durant cette période, la Compagnie maritime continuera à opérer sur la ligne transmanche, offrant à sa clientèle un même service de qualité", a-t-elle assuré dans un communiqué distinct de celui d'Eurotunnel. Déficitaire, l'entreprise pourrait atteindre l'équilibre en 2015 si elle poursuit son activité, avait expliqué en mars le PDG d'Eurotunnel.

"Profondément injuste", selon le secrétaire d'Etat chargé des transports

Le secrétaire d'Etat chargé des transports Alain Vidalies a qualifié vendredi de "profondément injuste" la décision des autorités britanniques d'interdire à la compagnie maritime française MyFerryLink d'opérer depuis le port de Douvres.

Dans un communiqué, il a par ailleurs promis que "la détermination du gouvernement français à trouver une solution pour permettre la poursuite de l'activité de MyFerryLink est totale".

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Commentaires
a écrit le 11/01/2015 à 20:03 :
A long terme vu l'avenir économique de l'Europe et les salaires et niveau de vie qui auront cours, je pense que les billets pour traverser la Manche en ferry (bien moins chers que ceux des TGV transmanche - on trouve des formules à 20€ pour deux A/R pour deux personnes + une voiture) se vendront bien mieux. Payer quatre fois plus cher pour traverser la Manche enfermés dans un tunnel est une absurdité.
a écrit le 10/01/2015 à 14:39 :
Les principaux responsables des difficulté de My Ferry Link ne sont pas les juges britanniques, même s'ils ont des intérêts directs ou indirects à l'affaire. Les véritables responsables sont nos technocrates français qui ont laissé se détériorer, volontairement, la compagnie Sea France au nom d'une volonté cachée de faire disparaitre les sociétés publiques. Leur acharnement idéologique ne va pas jusqu'à proposer des solutions de privatisation pérenne. Le dossier SCOP a été monté par ces même technocrates. C'est une solution provisoire et mal ficelée. Nos énarques ne peuvent ignorer deux choses: d'abord, les règlements européens sur la concurrence. Ce sont eux qui ont participé à leur rédaction. Ensuite, ils savent que les SCOP sont des solutions sur de petits marchés, rarement sur des grands qui nécessitent des investissements lourds (comme des navires). En effet, le circuit bancaire, sur un marché concurrentiel (comme le maritime) prêtera à une grosse société (P&O), mais pas à une SCOP. Nos technocrates détruisent tout. Ils sont en train de faire la même chose avec une autre compagnie maritime, la SNCM. Sous prétexte de libéralisation, il ne relancent pas les ex entreprises publiques, ils les coulent. Dans ces deux exemples, il ne reste que des compagnies non françaises. C'est terrifiant
a écrit le 09/01/2015 à 16:29 :
Une trahison britannique de plus !
Ces insulaires sont d'un égoïsme forcené.
a écrit le 09/01/2015 à 15:32 :
Je suis en vacances
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