A l'aéroport de Bâle-Mulhouse, les coûts du raccordement ferroviaire s'envolent
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'aéroport de Bâle-Mulhouse a accueilli 8,1 millions de passagers en 2023.
Olivier Mirguet
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'aéroport de Bâle-Mulhouse a accueilli 8,1 millions de passagers en 2023.
Olivier Mirguet
Le statut bi-national de l'Euroairport de Bâle-Mulhouse, régi depuis 1949 par une convention franco-suisse, se révèle encore une fois accélérateur de son développement. La France, la Suisse et accessoirement l'Allemagne se partageront les coûts du chantier (475 millions d'euros) de la desserte ferroviaire, désormais prévue en 2035. Le projet prévoit l'aménagement de deux quais situés à l'extérieur de l'actuelle aérogare. Pour y accéder, les trains régionaux emprunteront six kilomètres de voies nouvelles aménagées sur un tracé inédit, à l'Ouest de la desserte existante entre Mulhouse et Bâle. Les TGV en provenance de Mulhouse, Colmar et Strasbourg ne s'y arrêteront pas.
La dynamique économique de sa zone de chalandise trinationale justifie depuis plusieurs décennies des investissements publics conséquents (40 millions d'euros pour la zone de fret en 2014) et récurrents à l'Euroairport. Avec 8,1 millions de passagers en 2023, en progression annuelle de 19 %, l'activité aéronautique a connu un rebond post-Covid plus soutenu que la moyenne française. La dynamique du fret (108.000 tonnes en 2023) a conforté le rôle de l'Euroairport dans les échanges économiques internationaux depuis l'Alsace, le Bade-Wurtemberg et la Suisse du Nord-Ouest.
Ce nouveau projet, complexe et coûteux, donne pourtant du fil à retordre aux aménageurs. La « nouvelle liaison ferroviaire » vient d'entrer dans sa troisième décennie d'études. L'avant-projet détaillé a été livré par la SNCF mais la mise en service, promise initialement en 2026, a été reportée à plusieurs reprises.
« La ligne traversera des zones qui sont déjà fortement urbanisées. Le chantier s'inscrit dans un cadre réglementaire de plus en plus sévère », observe Marc Steuer, directeur adjoint de l'Euroairport. Le tracé choisi nécessitera la construction d'ouvrages pour franchir l'autoroute existante et les parkings seront réaménagés.
À lire également
Conséquence : le prix de la « Nouvelle liaison ferroviaire de l'Euroairport » (NLFEAP) s'est envolé. Estimé à 250 millions d'euros en 2010, l'investissement est désormais annoncé à 475 millions d'euros « compte tenu de l'inflation prévisionnelle ». Soit 353 millions d'euros aux conditions économiques de janvier 2023, partagés entre les autorités territoriales françaises et suisses (130 millions d'euros et 150 millions d'euros), l'Allemagne (30 millions d'euros) et l'Euroairport, qui apportera 80 millions d'euros en fonds propres. Le solde devrait être apporté par l'Union européenne, par le biais de son mécanisme européen d'interconnexion (MIE).
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Olivier Mirguet
Parcs éoliens et solaires : l’ombre de 2027 ouvre la perspective de « rachats à la casse »
Résistance aux antibiotiques : le CHU de Lyon en première ligne de la révolution des phages
Alstom, Forvia : des usines françaises passent à la défense en Allemagne
Chute des cours : le baril de pétrole retrouve niveau d'avant la guerre en Iran