A la COP28, une déclaration historique pour décarboner le transport maritime

Laurence Bottero
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... sabilités, y compris l’Organisation maritime internationale.
On déplore souvent les grandes déclarations non suivies d'effets. Celle, commune, des PDG des plus grandes compagnies maritimes mondiales, faite lors de la seconde journée de la COP28, ne devrait pas être de celles-là. C'est une véritable feuille de route que les PDG de CMA CGM (propriétaire de La Tribune, NDLR), Maersk, MSC, Hapag-Llyod et Wallenius Wilhelmsen - rejoints par le coréen HMM - ont proposé ce vendredi, sous forme de recommandations qui embarquent tous les acteurs concernés.
Il faut dire que le maritime - responsable de 2 à 3% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial est très souvent critiqué pour son empreinte carbone. Certes, le secteur n'ignore pas, depuis plusieurs années, les sujets de décarbonation. Mais parce que les enjeux sont importants, les investissements nécessaires vertigineux et les mentalités longues à imprimer le changement, la meilleure façon de frapper fort est de parler d'une seule et même voix. À Dubaï, les PDG des compagnies française, italienne, suisse, allemande et coréenne ont posé quatre leviers d'action ambitieux .
D'abord celui de la réglementation, potentiellement cause de déséquilibre. L'objectif : faire en sorte que la tarification permette de rendre le carburant vert compétitif par rapport au carburant fossile, le temps que la transition totale se fasse. L'idée est d'encourager les investissements et de ne laisser personne à la traîne. Ce qu'il faut c'est inciter, mais inciter très fortement. Au point même de pousser les revenus générés par cette balance verte vers un fonds de R&D et des investissements dans les pays en développement, par nature plus contraints financièrement dans leur transition. Une vision globale qui est mère de réussite et surtout d'accélération.
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Car le point central de la déclaration commune c'est cela : aller vite, beaucoup plus vite. Mais bien. D'où l'intérêt - toutes les compagnies sont alignées sur cette conviction - d'une réglementation qui joue un rôle essentiel dans l'atténuation du coût de la transition et du risque d'événements météo extrêmes. L'idée est bien d'avoir des contraintes, mais que celles-ci tirent vers le haut toute l'industrie, sachant que subir les conséquences des conditions météorologiques extrêmes coûte toujours plus cher...
Laurence Bottero