Article actualisé lundi 25 juillet à 9h00
Alors que la grève d'une partie des personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France du 27 juillet au 2 août est inévitable depuis le refus vendredi des dernières propositions de la direction par deux des trois syndicats représentatifs des PNC, le PDG de la compagnie, Frédéric Gagey, appelle néanmoins les syndicats de l'entreprise à "revenir au dialogue", estimant que mener une telle grève à cette période chargée, reviendrait à prendre le "risque de compromettre le redressement" d'Air France.
Ce n'est pas encore le cas. Grâce à la baisse du prix du carburant, Air France gagne pour l'heure de l'argent. Le groupe Air France-KLM publiera mercredi des bons résultats semestriels (janvier-juillet) mais tirera aussi la sonnette d'alarme concernant les perspectives de baisses de recettes unitaires, comme l'ont fait Lufthansa et Easyjet.
Depuis mi-mai, une cassure nette de la recette unitaire a été constatée à Air France, de l'ordre de 8% selon nos informations.
Cette grève reconductible semble en effet un peu sortir de nulle part. Son calendrier et son ampleur contraste avec le contenu de l'accord proposé qui ne comprend pas de mesures de gains de la productivité (alors que l'écart de compétitivité avec les concurrents s'élève à près de 40% selon la compagnie), mais, au contraire, améliore l'accord précédent. En outre, il n'y a en effet aucun caractère d'urgence dans la mesure où l'accord actuel est valable jusqu'au 31 octobre 2016 et que sa renégociation, en 2013 , avait été conclue quelques semaines seulement avant l'échéance de l'accord précédent. Cette grève a lieu car, à trois mois de la fin de l'accord, les deux parties ne sont pas d'accord sur la durée de l'accord. La direction propose 17 mois à partir du 1er novembre quand les syndicats demandent 5 ans.
La direction ne le voit pas ainsi.
Et d'ajouter: "Comment un accord qui est bon pour une durée de 5 ans devient mauvais sur 17 mois au point même de justifier une grève de 7 jours en plein été?"
Pour Frédéric Gagey, la direction a proposé "des améliorations" à cet accord d'entreprise: "Des droits de congés, des rémunérations consécutifs à des modifications de programme ont ainsi été revus à la hausse".
Pour Sophie Gorins du SNPNC-FO, "la direction ne propose que des mesurettes et continuant à s'arc-bouter sur la durée de l'accord".
L'Unac, le troisième syndicat PNC représentatif, a quant à lui repoussé son préavis à octobre.
Si les vols long-courriers seront "les plus préservés", les "courts et moyen-courriers risquent d'être les plus impactés".
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Selon les syndicats, "les déclarations des hôtesses et stewards laissent présager d'une mobilisation historique qui atteint déjà 55% de grévistes et pourrait atteindre 70% dès la première journée".
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