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Air France : "la grève des PNC est une véritable aberration" (PDG).

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 24 juillet 2016 à 10:06 - Mis à jour le 25 juillet 2016 à 07:11

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Dans une interview accordée au Parisien, Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie, appelle les syndicats à "revenir au dialogue". La grève des hôtesses et stewards est prévue du 27 juillet au 2 août.

Article actualisé lundi 25 juillet à 9h00

Alors que la grève d'une partie des personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France du 27 juillet au 2 août est inévitable depuis le refus vendredi des dernières propositions de la direction par deux des trois syndicats représentatifs des PNC, le PDG  de la compagnie, Frédéric Gagey, appelle néanmoins les syndicats de l'entreprise à "revenir au dialogue", estimant que mener une telle grève à cette période chargée, reviendrait à prendre le "risque de compromettre le redressement" d'Air France.

"Ce serait dommage qu'Air France perde à nouveau de l'argent"

"Il faut revenir au dialogue et prendre en compte sérieusement les enjeux pour l'entreprise", a-t-il affirmé dans un entretien au Parisien publié dimanche. "On ne se met pas en grève dans une telle période, au risque de compromettre le redressement d'Air France", juge-t-il.I l voit dans cette grève "une véritable aberration, d'autant qu'il n'y a actuellement aucun couperet, aucune pression sur les partenaires sociaux"."Il ne faut pas oublier que 2015 a été la première année depuis six ans où nous avons affiché un résultat positif", poursuit le PDG d'Air France. "Il y a de quoi être fiers, car c'est le fruit d'un travail collectif. Ce serait vraiment dommage que l'entreprise perde à nouveau de l'argent", estime Frédéric Gagey.

Ce n'est pas encore le cas. Grâce à la baisse du prix du carburant, Air France gagne pour l'heure de l'argent. Le groupe Air France-KLM publiera mercredi des bons résultats semestriels (janvier-juillet) mais tirera aussi la sonnette d'alarme concernant les perspectives de baisses de recettes unitaires, comme l'ont fait Lufthansa et Easyjet.

Depuis mi-mai, une cassure nette de la recette unitaire a été constatée à Air France, de l'ordre de 8% selon nos informations.

La proposition ne comportait pas de mesures de gains de compétitivité

Cette grève reconductible semble en effet un peu sortir de nulle part. Son calendrier et son ampleur contraste avec le contenu de l'accord proposé qui ne comprend pas de mesures de gains de la productivité (alors que l'écart de compétitivité avec les concurrents s'élève à près de 40% selon la compagnie), mais, au contraire, améliore l'accord précédent. En outre, il n'y a en effet aucun caractère d'urgence dans la mesure où l'accord actuel est valable jusqu'au 31 octobre 2016 et que sa renégociation, en 2013 , avait été conclue quelques semaines seulement avant l'échéance de l'accord précédent. Cette grève a lieu car, à trois mois de la fin de l'accord, les deux parties ne sont pas d'accord sur la durée de l'accord. La direction propose 17 mois à partir du 1er novembre quand les syndicats demandent 5 ans.

"Des revendications plus que raisonnables au vu de la situation financière de l'entreprise", font valoir le SNPNC et l'Unsa.

La direction ne le voit pas ainsi.

Il y a un lien entre le contenu et la durée de l'accord. Si le contenu comprenait des mesures d'amélioration de la compétitivité permettant de traverser des périodes difficiles, l'accord pouvait s'inscrire dans la durée. Dans la mesure où la principale revendication des syndicats était de reconduire l'accord existant, nous ne pouvions envisager une période plus longue", a expliqué vendredi Gilles Gateau, le directeur des ressources humaines d'Air France, en précisant que "porter un accord jusqu'en mars 2018 constituait néanmoins une période longue. Il faut plus voir notre proposition comme le prolongement de 17 mois d'un accord de 3 ans."

Et d'ajouter: "Comment un accord qui est bon pour une durée de 5 ans devient mauvais sur 17 mois au point même de justifier une grève de 7 jours en plein été?"

"Des mesures pour les syndicats"

Pour Frédéric Gagey, la direction a proposé "des améliorations" à cet accord d'entreprise: "Des droits de congés, des rémunérations consécutifs à des modifications de programme ont ainsi été revus à la hausse".

Pour Sophie Gorins du SNPNC-FO, "la direction ne propose que des mesurettes et continuant à s'arc-bouter sur la durée de l'accord".

"Reconduire non intégralement l'accord collectif actuel pour une durée de 17 mois est insuffisant pour garantir les conditions de travail et de rémunération de notre population. Les améliorations présentées par la direction en matière de conditions de travail, soit renvoient à des études ultérieures, soit sont très inférieures à nos demandes", expliquait vendredi le SNPNC dans un communiqué.

L'Unac, le troisième syndicat PNC représentatif, a quant à lui repoussé son préavis à octobre.

"Nous avons été cherché du mieux pour le PNC. L'accord qui nous a été mis sur la table demande des clarifications. Cependant nous reconnaissons qu'il s'y trouve des améliorations concrètes pour notre métier et seulement des améliorations, sauf pour la composition équipage du 319 (passage de 4 PNC à 3, ndlr) sur trois destinations. Rien n'est perdu sur ce point, il nous reste jusque la fin octobre pour continuer à négocier", explique Eric Chauvel, le vice-président de l'Unac sur le site du syndicat.

Si les vols long-courriers seront "les plus préservés", les "courts et moyen-courriers risquent d'être les plus impactés".

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Selon les syndicats, "les déclarations des hôtesses et stewards laissent présager d'une mobilisation historique qui atteint déjà 55% de grévistes et pourrait atteindre 70% dès la première journée".

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Fabrice Gliszczynski

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