Air France : les hôtesses et les stewards disent enfin "oui" à un nouvel accord collectif

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Pour les hôtesses et stewards d'Air France, cet accord ne comporte que très peu de mesures d'amélioration de la productivité.
Pour les hôtesses et stewards d'Air France, cet accord ne comporte que très peu de mesures d'amélioration de la productivité. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Après l'UNAC, l'UNSA va signer ce mercredi un nouvel accord collectif d'une durée de 5 ans avec la direction. Ces deux syndicats étant majoritaires à eux deux, cet accord sera valable. L'accord porte aussi sur le périmètre de la nouvelle compagnie à coûts réduits prévue par la direction.

Dans l'attente du résultat du vote des pilotes du SNPL le 17 juillet sur le projet d'accord de la direction concernant les conditions de création d'une compagnie à coûts réduits (projet Boost) et sur des nouvelles conditions de travail à Air France, la direction est parvenue à débloquer avec les syndicats d'hôtesses et de stewards une situation sociale au moins aussi difficile que celle rencontrée avec les pilotes.

Projet Boost

Le nouveau projet d'accord collectif proposé début juillet et ouvert à signature jusqu'au 11 juillet, a en effet été signé comme prévu par l'UNAC et va l'être également ce mercredi par l'UNSA, après le vote favorable de ses adhérents. La signature de ces deux syndicats porte aussi sur l'accord de périmètre du projet Boost, qui prévoit l'embauche de personnels, non pas d'Air France mais recrutés sur le marché à des coûts 40% inférieurs à ceux d'Air France. L'accord prévoit que cette filiale d'Air France limite sa flotte à 10 avions long-courrier et à 18 moyen-courriers. Pour aller au-delà, la direction devra renégocier avec les syndicats des PNC. Une première au sein d'Air France où cette possibilité était jusqu'ici réservée aux pilotes.

Dans la mesure où l'UNAC et l'UNSA représentent à eux deux plus de la moitié des voix des PNC aux élections professionnelles, ces deux accords seront donc valables. Le SNPNC, le troisième syndicat représentatif doit se prononcer à l'issue de la consultation de ses membres qui s'achèvera le 24 juillet.

Peu de mesures de productivité

Pour les hôtesses et stewards d'Air France, cet accord ne comporte que très peu de mesures d'amélioration de la productivité.

"Il maintient pendant 5 ans leur rémunération (et non 4 au prévu initialement, NDLR), leur GVT (glissement vieillesse technicité) et la quasi-totalité de leurs règles d'utilisation", explique un syndicaliste.

Pour autant, il fut néanmoins extrêmement difficile à trouver. L'UNSA et le SNPC ont toujours demandé des améliorations des conditions de travail et de rémunération. La création d'une nouvelle compagnie avec du personnel recrutés sur le marché passait mal également en raison de la crainte d'un transfert d'activité d'Air France vers cette nouvelle compagnie.

Négociations difficiles

En février, ils avaient même claqué la porte la porte des négociations en laissant l'UNAC négocier un projet d'accord collectif ouvert à signature jusqu'au 15 mars. La signature de l'UNAC ne suffisant pas à le valider cet accord, la direction avait défini de manière unilatérale les règles applicables aux PNC pour les trois prochaines années, en reprenant néanmoins le texte retoqué dans ses grandes lignes.

Début juillet, la direction était revenue avec une nouvelle proposition affichant quelques concessions supplémentaires faites aux syndicats. Notamment sur la durée de l'accord. Il sera d'une durée de cinq ans (1er septembre 2017 - 31 octobre 2022), soit un an de plus que le précédent. Il porte en outre "de 400 à 500 l'objectif du nombre d'embauches PNC sur la période de l'accord", selon une lettre envoyée par la direction aux syndicats début juillet.

Si les membres du SNPL valident eux aussi les propositions de la direction, Air France pourra lancer sa nouvelle compagnie.

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a écrit le 12/07/2017 à 12:56 :
La spirale infernale continue pour les PNC qui peuvent se targuer d avoir effectuer les efforts demandés lors du plan T2015 ! Ce n'est pas le cas pour tout le monde mais le peu de participation aux grèves des pnc est probablement un element declencheur de la signature egalement. Les gens sont uses de faire greve sans gains significatifs malheureusement.
Réponse de le 14/07/2017 à 10:03 :
D'autres vous diront que si . Les gains de productivité ont bien été réalisés par tout le monde, contrairement à ce qu'affirmait la fabuleuse équipe de Mr De Juniac ( vous avez , celle qui voulait licencier 300 pilotes, entre autres, il y a un an , alors qu'aujourd'hui AF et Hop en manquent cruellement) . Le tout est de savoir ce que l'on comptabilise réellement dans les gains de productivité.
Moralité : il ne fait pas toujours croire une communication qui s'apparente de trop près à de la propagande et regarder les choses en détail , ce qui est long et difficile , je vous l'accorde...

Sinon on retrouve dans cette signature un petit parfum des bonnes vielles méthodes : faire porter sur les jeunes l'essentiel des gains de productivité..... méthode discutable pour le moins..
Réponse de le 14/07/2017 à 17:13 :
Les clients aussi sont ..."usés" par ces grèves corporatistes sans fin.
A peine un accord trouvé à Air France, et c'est chez HOP que le spectacle continue ...
J'ai cumulé plus de 400.000 miles chez AF (essentiellement par voyages professionnels choisis par ma boite), mais en vacances, je préfère payer pour voyager plus sûrement sur d'autres compagnies.
Réponse de le 16/07/2017 à 9:32 :
@uranus
Si vous connaissez un motif de grève qui ne soit pas corporatif, merci de me prévenir. Chaque syndicat défend les intérêts de ses mandants, et c'est légitime.
La grève des pilotes de Hop ! Vous paraîtrait elle plus justifiée s'ils protestaient contre la loi travail ?

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