Covid-19: suspendre le "droit du grand-père" des compagnies aériennes ? Pas si simple, dit l'UE
Fabrice Gliszczynski

Photo d'illustration
Kai Pfaffenbach
Fabrice Gliszczynski

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Les compagnies aériennes devront patienter, du moins en Europe. La demande d'assouplir les règles d'utilisation des créneaux horaires de décollages dans les aéroports congestionnés n'est pas simple à mettre en place.
En raison de l'impact du Covid-19 sur leur activité, les transporteurs européens ont demandé à la Commission européenne de suspendre immédiatement les dispositions du Règlement sur les créneaux qui les obligent à utiliser les créneaux horaires à au moins 80% au cours d'une saison sous peine de les perdre la saison suivante. C'est la règle du « use-it-or-lose-it ». Egalement appelée dans la profession le « droit du grand-père », elle peut pousser les compagnies aériennes à voler à vide.
S'il a déjà été mis en œuvre dans le passé pour atténuer l'impact des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, puis du SRAS en 2003, et de la crise de 2009, un tel moratoire ne se décide pas en un claquement de doigts. Il a été validé pour la saison hiver pour les vols desservant la Chine, et peut-être demain l'Italie, mais il est toujours à l'étude pour la saison estivale, laquelle constitue le véritable enjeu pour les compagnies aériennes. Et, là les choses ne sont pas simples comme l'explique à La Tribune, Filip Cornelis, directeur Aviation à la DG Move, responsable de la politique de l'Union européenne pour la mobilité et les transports.
La Commission veut donc avoir la photographie la plus nette possible de la situation qui évolue rapidement, pour prendre les décisions correspondant à la réalité du marché. Si moratoire il y a, il faut effectivement définir sa durée et préciser son périmètre géographique.
Au regard des cas précédents, il faudra encore un peu de temps avant que la Commission ne se prononce. En 2003, la Commission avait suspendu la règle des 80-20 le 25 avril soit grosso-modo plus d'un mois après le pic du SRAS et moins d'un mois après l'intervention militaire menée par les Etats-Unis en Irak. Pour la crise économique de 2009, la décision avait été prise le 15 juin, grosso modo six mois après le grand plongeon de l'activité qui avait suivi la faillite de la banque Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.
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Fabrice Gliszczynski