Covid-19 : les compagnies aériennes (IATA) veulent un moratoire sur "le droit du grand-père"
Fabrice Gliszczynski
Fabrice Gliszczynski
Après les faillites d'Aigle Azur et Thomas Cook l'automne dernier, la crise du coronavirus met en lumière la problématique des créneaux horaires de décollage et d'atterrissage dans les aéroports congestionnés ("slots").
Ce lundi, l'association internationale du transport aérien (IATA) a appelé à une "suspension immédiate" de certaines règles régissant l'attribution de créneaux, en raison de la dégringolade du trafic aérien à la suite de l'épidémie du Covid-19. Dans le cas de l'Europe notamment, cela revient à demander concrètement la mise en place d'un moratoire sur l'obligation qu'ont les compagnies aériennes d'utiliser les créneaux horaires qu'elles détiennent à moins 80% au cours d'une saison aéronautique sous peine de se les voir retirer la saison suivante.
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Cette obligation est appelée dans la profession le "droit du grand-père". Elle vise à optimiser l'utilisation des créneaux horaires, une denrée rare sur les aéroports congestionnés. Problème, en cas de dégringolade du trafic aérien, cette règle pousse les compagnies aériennes à maintenir leur activité même si les vols sont vides. Avec sa demande, IATA veut éviter aux compagnies de faire voler des avions vides dans le seul but de conserver leurs créneaux. Par le passé, après le 11-Septembre, le SRAS ou la crise en 2008-2009, Bruxelles avait décidé ce moratoire et il serait étonnant que la Commission européenne ne le décide pas avec le Covid-19.
A l'échelle mondiale, plus de 200 aéroports accueillant près de la moitié des passagers aériens dans le monde, sont soumis à une réglementation sur les créneaux horaires.
Ces règles devraient être suspendues immédiatement, selon l'IATA.
"Les compagnies aériennes ont besoin de flexibilité pour ajuster" leurs prévisions en fonction des évolutions de la demande, a-t-elle expliqué.
Fabrice Gliszczynski