Ce rapport (sceptique sur l'avion décarboné) qui pousse à baisser le trafic aérien
Fabrice Gliszczynski
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L'aile volante est l'un des trois concepts d'avions à hydrogène sur lequel travaille Airbus
DR
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L'aile volante est l'un des trois concepts d'avions à hydrogène sur lequel travaille Airbus
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... baisse de la constuction d'avions de 55%. Pour la France, il suggère plusieurs mesures fortes pour limiter l'offre, mais aussi la demande.
"Supprimer les vols aériens dès lors qu'une alternative ferroviaire existe en moins de 4h30"; "allouer des droits à voyager", sorte de quota d'heures de vol à ne pas dépasser; instaurer une "taxe progressive indexée sur la fréquence des voyages et de la distance parcourue" à la manière de l'impôt sur le revenu : voici quelques exemples des mesures radicales pour réduire l'impact de l'aviation française sur le réchauffement climatique d'ici à 2050 préconisées par le think tank de la transition carbone "Shift Project" et le "collectif Supaéro Décarbo", un groupe d'une centaine d'élèves et anciens élèves de l'Isae-Supaero, l'institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace qui forme des ingénieurs de ces secteurs.
Contrairement aux industriels du secteur et aux compagnies aériennes, ils expliquent dans un rapport qu'une réduction du trafic aérien est quasi inévitable pour permettre à l'aviation de respecter les ambitions de l'Accord de Paris sur le climat, lequel vise à limiter le réchauffement climatique à +2° en 2100 par rapport à la période pré-industrielle.
A leurs yeux, les innovations technologiques (avion à hydrogène, renouvellement des flottes, carburants alternatifs....) ne seront pas suffisantes pour y parvenir. Au mieux, elles pourraient permettre une très légère progression du trafic, mais pas de maintenir une croissance estimée à 4% par an à partir de 2024, au moment où le trafic aura retrouvé son niveau de 2019. La prévision fait débat. "Si le trafic retrouve son niveau de 2019 après 2024 et qu'il ne progresse ensuite de 2% environ chaque année comme certains experts le prévoient, l'équation change considérablement", fait valoir un profesionnel du secteur, peu complaisant à l'égard de ce rapport.
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Le discours du Shift Project et du Supaero-Décarbo remet en question les objectifs des acteurs du secteur, dont la feuille de route visant à réduire de 50% les émissions de CO2 du secteur en 2050 par rapport à 2005, doit permettre de respecter l'Accord de Paris sans réduction de trafic. Les compagnies aériennes se sont en effet engagées à stabiliser leurs émissions à partir de 2020 à travers un système de compensation mondial des émissions (système Corsia) avant de les réduire grâce à la réorganisation de la gestion du ciel aérien, le renouvellement des flottes d'avions, l'utilisation accrue des carburants alternatifs ou encore la mise en service de nouveaux appareils moins énergivores, comme l'avion à hydrogène sur lequel travaille Airbus à l'horizon 2035.
Fabrice Gliszczynski