Code du travail : les routiers "effarés" après une rencontre avec patronat et ministère

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Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de toutes les primes qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives.
Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives. (Crédits : Regis Duvignau)
Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" après une réunion avec le ministre des Transports Elisabeth Borne, et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route". Une nouvelle réunion est programmée le 4 octobre

Loin de résoudre les problèmes existant, la réunion en a amené d'autres. Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir après s'être entretenus avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances.

Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère. Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué à l'AFP, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission.

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures.

Nouvelle réunion le 4 octobre

Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21H00 sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la ministre a "pris acte" du fait que "de nouveaux sujets sont apparus lors de la discussion". "Ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable", a-t-elle indiqué.

L'expertise devra porter sur "les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers", précise le communiqué, qui ajoute que Elisabeth Borne a "proposé par ailleurs que les accords d'entreprise sur les rémunérations dans le transport routier fassent l'objet d'un suivi par les observatoires de la négociation, prévus par les ordonnances, en lien avec les instances nationales de branche".

D'ici au 4 octobre, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/09/2017 à 10:47 :
les crédules ! ! sont bien les victimes de politique de communication.. tout pour le MEDF
a écrit le 30/09/2017 à 6:59 :
Bloquer OUI , mais les "décideurs" uniquement ......
a écrit le 29/09/2017 à 21:27 :
L'effarement est permanent lorsque nous les voyons sur la route ...
a écrit le 29/09/2017 à 17:15 :
"Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT".

Et donc Laurent Berger n'a rien vu lors des 50 réunions de ...concertation.Bon faut dire qu'il est "déçu" des ordonnances c’est déjà ça.
a écrit le 29/09/2017 à 15:16 :
Il faut dire déjà que Mme Penicaud a été assez nulle sur les conséquences de ses ordonnances sur le salarié lambda en cas de licenciement (preuve de son investissement en la matière)....alors les conséquences sur les frais de route des routiers "damned".....mon Dieu delivrez-nous de Jupiter et de sa bande de bras cassés....
Réponse de le 30/09/2017 à 7:01 :
Comme El Khomri , Pénicaud n'est qu'une potiche (peu crédible en plus !)
Ce n'est pas a elle qu'il faut s'en prendre
a écrit le 29/09/2017 à 14:43 :
Les Fançais sont anesthésiés et sont en train de se faire tondre, le réveil va être douloureux.
a écrit le 29/09/2017 à 14:05 :
Quand on pense qu'il suffirait de mettre en place un salaire horaire minimum européen pour résoudre une partie des problèmes.
a écrit le 29/09/2017 à 12:35 :
Allez les fainéants au boulot et arrêtez de prendre les usagers en otage!
Réponse de le 29/09/2017 à 14:01 :
Allez les hypocrites au boulot et ayez le courage de vous asseoir sur 1 jour de salaire dans votre propre intérêt.
a écrit le 29/09/2017 à 12:18 :
Les syndicats découvrent seulement maintenant ce que signifient pour eux le contenu des ordonnances?
Ils ont été long à la détente....
Réponse de le 29/09/2017 à 13:29 :
@papi mougeon: le problème depuis le départ, c'est que personne ne sait vraiment en quoi consiste le programme Macron, c'est le flou absolu jusqu'au dernier moment. C'est la raison pour laquelle, moi qui aime les choses claires et nettes, j'ai des doutes sur ce gouvernement qui n'a aucune crédibilité à évoluer dans la "twilight zone" :-)
a écrit le 29/09/2017 à 11:25 :
Comprends pas pourquoi c'est la ministre qui a géré ça....Y a des syndicats patronaux et salariés, ils négocient et puis c'est tout. Dans mon métier aussi on a des primes panier, on va pas au ministère pour en discuter!
Ces partenaires sociaux doivent murir, on nous rabâche les oreilles avec le dialogue social, mais bon sang qu'ils le mettent en pratique.
Réponse de le 29/09/2017 à 12:10 :
Il n'y a plus d'accord de branche
C'est l'accord d'entreprise qui prime. Les partenaires sociaux n'ont plus rien à faire au niveau national comme la ministre.
Maintenant c'est chacun pour soi !
Réponse de le 29/09/2017 à 16:35 :
Effectivement la ministre devient inutile, ce sera la dernière :)
a écrit le 29/09/2017 à 11:09 :
Il ne fallait pas voter pour un banquier mondialiste et complètement dédaigneux des français.
a écrit le 29/09/2017 à 10:57 :
les forcats de la route ne se défendent plus ! !
a écrit le 29/09/2017 à 9:18 :
"Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT".

Pour d'autres le jackpot :

Dorénavant la possession d’un jet privé, d’un yacht ou de tableaux de maîtres n’entreront plus dans le calcul du patrimoine soumis à l’ISF.
Une situation que le premier ministre assume. « Vous avez parlé des yachts, des jets privés , des tableaux de maîtres, des chevaux de courses , des lingots d'or ,vous auriez pu parler des montres, des bijoux. Je l’assume, notre objectif c’est de faire en sorte que le capital reste en France et même d’attirer des gens riches en France », a plaidé Edouard Philippe sur le plateau de « L’Emission politique » de France2.
Réponse de le 29/09/2017 à 14:03 :
L'ISF : blesser les personnes en bonne santé pour faire croire aux malades/handicapés qu'ils iront mieux. Plutôt que de se réjouir du bonheur d'autrui (surtout que l'argent ne suffit pas seul au bonheur) on préfère faire son malheur. Les "riches" ont déjà payé des impôts sur leurs revenus et héritages. Ne leur reprochez par la gestion de leur patrimoine, leur travail et les chances dont ils ont pu bénéficier. Que les biens mal acquis soient confisqués via l'intervention de la justice serait déjà une bonne chose.
Réponse de le 29/09/2017 à 14:49 :
Le Premier Ministre, encore un qui croit à la théorie du ruissellement, alors que celle-ci est loin, très loin d'être prouvé, l'argent allant surtout vers la spéculation ou les placements ultra rentables. Les riches ne le seraient pas s'ils plaçaient cet argent dans des entreprises à risques, même dans les startups, ils espèrent toucher le jackpot.
Réponse de le 29/09/2017 à 18:19 :
"Ne leur reprochez par la gestion de leur patrimoine, leur travail et les chances dont ils ont pu bénéficier".

Tu es concerné ou tu défends une classe sociale qui t"attire ?
a écrit le 29/09/2017 à 9:08 :
"Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue","

On est donc dans la continuité de cette europe qui nous impose un dumping salarial via son travail détaché puisque la profession de routier est l'une des plus touchée. Par chez moi une boite de déménageurs polonais détenus par des français qui tourne de mieux en mieux.

Hé oui cette UE que l'on nous a imposé est en train de nous déchirer entre nous, parce que la vie du polonais payé 400 euros par mois et qui ne voit jamais sa famille ça doit pas être terrible non plus.

Quand allons nous arrêter ce massacre néolibéral ? Quand nous nous révolterons et pour l'instant nous n'avons pas assez faim, c'est donc bel et bien les régimes d'extrême droite que plébiscitent cette immonde europe oligarchique.
Réponse de le 29/09/2017 à 10:34 :
Si nous étions restés hors d'UE, vous croyez que notre économie n'aurait jamais ressenti le fait qu'un travailleur chinois coûte x fois moins cher qu'un smicard ?

Le nivellement par le bas du coût du travail dans le monde était quasi inévitable dès le jour où des porte-conteners se sont mis à sillonner le monde.
Réponse de le 29/09/2017 à 11:03 :
Massacre néo libéral?LOL!!!!!Allez travailler comme indépendant,vous verrez pas de primes de comité d'entreprise,de congés payés et de durée légale du travail!Et on y arrive quand meme!
Réponse de le 29/09/2017 à 13:10 :
"Le nivellement par le bas du coût du travail dans le monde était quasi inévitable dès le jour où des porte-conteners se sont mis à sillonner le monde. "

Entièrement d'accord avec vous, le premier des dumping social fut cette délocalisation de masse dans des dictatures afin de faire exploser la marge bénéficiaire des actionnaires et monter en flèche la consommation du pétrole via ces portes containers.

Nous sommes donc d'accord, notre économie est une économie de voyous, merci.

Gérard comme d'habitude je ne comprends absolument rien à votre commentaire pourriez vous je vous prie vous calmer dans un premier temps et m'expliquer plus clairement ce qui vous inquiète ? Merci.
Réponse de le 29/09/2017 à 18:14 :
@gérard

Juridiquement, le travailleur indépendant est un chef d'entreprise.

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