Corsair négocie un incroyable plan de sauvetage
Fabrice Gliszczynski
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Par le scénario et les acteurs concernés, c'est à coup sûr le plan de sauvetage le plus incroyable du transport aérien français qui se négocie aujourd'hui en coulisse. Il concerne Corsair (1.200 salariés), cette compagnie aérienne que les concurrents ont déjà condamnée en raison de l'impasse dans laquelle elle se trouvait. Avec ses difficultés financières ces dernières années, celles de ses actionnaires qui évoluent dans le secteur du transport aérien et du tourisme, le refus des banques de lui accorder un plan garanti par l'Etat (PGE), l'horizon semblait en effet bouché. Même si le ministre des Finances Bruno Le Maire avait assuré en mai que l'Etat ferait un geste à condition que les actionnaires actuels mettent la main à la poche, les propos pouvaient s'apparenter à une promesse de gascon vu le profil et les difficultés des deux actionnaires de Corsair.
Le principal d'entre eux, la société allemande Intro Aviation, actionnaire depuis la reprise l'an dernier de 53% du capital à l'actionnaire historique TUI qui cherchait à se désengager, n'a pas la surface financière pour assumer une recapitalisation d'une entreprise de la taille de Corsair, plus importante que la sienne. Resté dans le capital à hauteur de 27% (les 20% restants appartiennent aux salariés), le groupe touristique TUI est quant à lui aux abois avec la crise du Covid-19. En témoignent les suppressions de postes de la moitié des effectifs en France.
Aussi, malgré une trésorerie confortable liée au renflouement l'an dernier de TUI à hauteur de 37 millions d'euros, de la vente d'un A330 en début d'année et de celle récente de trois B747-400 pour 25 à 30 millions d'euros, selon nos informations, tout semblait réuni pour que Corsair meure à petit feu.
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Après deux mois et demi d'inactivité, la reprise qui débute ce jour s'annonce en effet extrêmement difficile avec une faible demande. Les recettes ne permettront pas de compenser les coûts de la remise en service. A l'inverse des années "normales", les compagnies ne pourront engranger suffisamment de cash au cours de l'été pour passer sans encombre la prochaine saison hivernale.
Fabrice Gliszczynski