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Entreprises & FinanceTransport & Logistique

Transdev prône le modèle de Dublin pour financer les transports publics pendant la crise

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 25 mars 2020 à 06:35 - Mis à jour le 25 mars 2020 à 07:14

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Pour amortir la chute de la fréquentation dans les transports en commun, l'opérateur français de transport public veut renégocier ses contrats avec les collectivités locales. Face à l'effondrement des recettes passagers, il leur demande une rémunétation forfaitaire pour couvrir ses coûts comme la ville de Dublin a décidé de le faire.

Temps orageux pour Transdev. Pour traverser la crise du coronavirus, l'opérateur français de transport public (bus, tramways, trains...) demande une adaptation des contrats passés avec les autorités organisatrices de transport (collectivités locales) pour assurer la continuité du service public.

"Des négociations au cas par cas sont en cours sur la plupart de nos contrats", a expliqué ce mardi Thierry Mallet, le PDG de Transdev, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Ces contrats précisent la rémunération de l'opérateur. Celle-ci est composée d'une subvention et de la vente des titres de transport aux passagers, dans des proportions variables selon les contrats. Aux Pays-Bas par exemple, la moitié des recettes de Transdev est censée provenir de la vente de tickets. Au Portugal, c'est 100%. Or, avec la généralisation des confinements et le télétravail massif, la fréquentation est en chute libre : -90% par exemple dans l'Hexagone ou aux Pays-Bas. De facto, même si la réduction de l'offre de service (de 50 à 70% en France) et la mise au chômage partiel des salariés qui l'accompagne font baisser les coûts, les contrats sont en risque et leur structure menace la trésorerie.

Plus d'un milliard d'euros de liquidités

Le groupe dispose aujourd'hui de plus de 1 milliard d'euros de liquidités et "peut tenir un mois et demi sans aucune recette", a précisé Thierry Mallet. Un scénario qui n'est pas d'actualité aujourd'hui. La crise est récente et "les clients, notamment les collectivités locales, continuent de payer". Surtout a expliqué le directeur financier de Transdev Marcos Garcia, "contrairement à Air France qui reste tributaire des recettes passagers et mesure sa résilience à la capacité de durer sans faire voler d'avions, nous sommes dans une autre logique. Nous discutons avec nos clients publics pour obtenir la couverture de nos coûts fixes".

Encore faut-il y parvenir. Pour l'heure, la direction de Transdev se dit confiante.

"D'une manière générale, les autorités organisatrices de transport nous disent qu'elles vont nous aider à assurer la continuité du service. Nous avons des signaux positifs qui ne se sont pas traduits pour des raisons évidentes par des contrats formels. Je n'ai pas d'inquiétude à court terme sur le sujet. Si la crise devait durer plus longtemps, peut-être", a indiqué Thierry Mallet.

Et de préciser :

"Certaines autorités organisatrices ont confirmé qu'elles paieraient entre 80 et 100% des services" et notre contrat à Dublin va passer en "cost+fee", c'est à dire que tous les coûts seront pris en charge accompagnés d'une rémunération. Autrement dit une rémunération forfaitaire.

Capacité des collectivités locales à payer des subventions

Thierry Mallet ne s'en cache pas. L'idéal pour Transdev serait de généraliser ce modèle.

"Nous souhaitons trouver avec les collectivités locales un moyen commun de couvrir les coûts de ce service public qui va être probablement inférieur au coût normal. Le modèle mis en place en Irlande serait un très bon modèle", a-t-il expliqué.

Pour autant, cette reformulation des contrats ne garantit pas leur paiement sur la durée.  La santé financière des collectivités locales sera évidemment déterminante pour tous les opérateurs de transport urbain.

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"La capacité des collectivités locales de continuer à payer la partie subventions va être un élément très important de notre capacité à tenir dans le temps puisque l'on sait que ce n'est pas du côté des passagers que l'on peut attendre des recettes importantes", a rappelé Thierry Mallet.

Des acquisitions en vue après la crise

Comme toutes les entreprises, Transdev surveille sa trésorerie comme le lait sur le feu. Pour l'heure, le groupe n'a pas besoin d'utiliser les systèmes de garanties mis en place par l'Etat pour accéder au crédit. Néanmoins, si la crise devait durer, Thierry Mallet se dit "prêt à mobiliser ces ressources".

Même si la crise vient seulement de commencer pour Transdev, Thierry Mallet se projette déjà dans la phase de l'après-crise qui pourrait, comme dans d'autres secteurs, accentuer la consolidation. Selon lui, des opportunités de mener "deux ou trois acquisitions" pourraient voir le jour, notamment au Royaume-Uni.

Encadré : Transdev est revenu dans le vert en 2019

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Transdev est revenu dans le vert en 2019. Le groupe, détenu par la Caisse des dépôt et le groupe allemand Rethmann, a enregistré l'an dernier un bénéfice d'exploitation de 145 millions d'euros contre une perte de 62 millions en 2018. Le bénéfice net s'est élevé à 45,7 millions d'euros alors que le groupe avait essuyé une perte nette de 96 millions d'euros en 2018, en raison d'une dépréciation exceptionnelle de 150 millions. Le tout pour un chiffre d'affaires de 7,42 milliards d'euros, en hausse de 6,7%. Transdev a décidé de distribuer un dividende de 22,85 millions d'euros à ses actionnaires, mais le versement interviendra après crise. Pour 2020, la direction ne fait pas de prévisions financières.

Fabrice Gliszczynski

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