Covoiturage domicile/travail : pour motiver les salariés, WayzUp propose des trajets gratuits

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WayzUp espère surtout sensibiliser le nouveau gouvernement aux vertus que pourraient avoir un cadre législatif plus favorable au covoiturage domicile-travail, qui en a besoin pour se développer et devenir une vraie alternative à la voiture individuelle.
WayzUp espère surtout sensibiliser le nouveau gouvernement aux vertus que pourraient avoir un cadre législatif plus favorable au covoiturage domicile-travail, qui en a besoin pour se développer et devenir une vraie alternative à la voiture individuelle. (Crédits : WayzUp)
Jusqu’au 30 août 2017, les salariés de BNP Paribas, La Poste, ou encore Renault, Vinci, Veolia et Carrefour pourront faire voiture commune avec leurs collègues, sans que les passagers ni le conducteur ne dépensent un centime. Objectif : pousser les gens à changer leurs habitudes de déplacement pour les trajets domicile/travail.

Aux grands maux, les grands remèdes. Pour inciter les salariés de ses partenaires à covoiturer, la jeune pousse française qui concurrence idvroom, la filiale de la SNCF, sur le segment domicile-travail, met la main au porte-monnaie. WayzUp a en effet décidé de financer à 100% la participation aux frais demandée aux salariés pour leurs trajets pendant trois mois. Concrètement, jusqu'au 30 août 2017, partout en France, les entreprises partenaires de WayzUp telles que La Poste, Carrefour, Veolia, Renault, Vinci ou encore BNP Paribas, pourront offrir les trajets en covoiturage à leurs salariés afin de les encourager à partager leur voiture et ainsi découvrir les avantages du covoiturage domicile-travail à la fois sur le plan économique, environnemental et de la qualité de vie au travail.

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Cette initiative d'écomobilité, baptisée "éco-bonus covoiturage", débutera dès ce mardi, marquant ainsi le coup d'envoi de la semaine du développement durable. Pour WayzUp, l'objectif est de "montrer que pour que le covoiturage passe d'un marché de convaincus, à un marché de masse, il est absolument nécessaire d'avoir un argument financier plus fort qu'aujourd'hui", explique à La Tribune Julien Honnart, Président et fondateur de la jeune pousse, précisant que cela concerne quelque 65.000 salariés des 60 entreprises partenaires de WayzUp dans l'Hexagone.

En finir avec l'autosolisme

Et de poursuivre:

"Notre cible, ce sont les « autosolistes », ces automobilistes qui prennent tous les jours leur voiture seuls pour aller au travail. Pendant 3 mois, nous leur proposons de laisser leur voiture au garage et de covoiturer gratuitement en tant que passager. Pour les faire franchir le pas, c'est WayzUp, en partenariat avec leur entreprise, qui paie leur conducteur !"

Pour évaluer la pertinence de cette opération dont l'Ademe est partenaire, WayzUp analysera deux critères. La jeune entreprise évaluera les "passages à l'acte", c'est-à-dire lorsqu'un automobiliste qui s'inscrit sur la plateforme effectue vraiment son premier voyage en covoiturage, ainsi que la régularité des covoiturages réalisés. WayzUp recense à ce jour en moyenne 3 jours de covoiturage pour un utilisateur actif inscrit sur la plateforme.

"Dans son rapport à paraître prochainement sur les alternatives à la voiture individuelle dans les zones périurbaines, le think tank The Shift Project conclut que le covoiturage présente l'un des meilleurs potentiels de réduction des émissions de CO2 dans ces zones (jusqu'à - 30 %), pour un coût très faible et des gains économiques importants pour les ménages. Ceci à condition de trouver les leviers de son développement: réaffectation de l'espace routier et des financements (Versement Transport, indemnités kilométriques, ou encore Certificats d'Economie d'Energie), incitation pour que les employeurs mettent en place un Plan de Déplacement Entreprise, avantages divers pour les covoitureurs réguliers, etc. L'éco-bonus proposé par WayzUp fait partie de cette palette de leviers possibles", analyse Francisco Luciano, Coordinateur du Groupe de Travail de The Shift Project.

Sensibiliser le nouveau gouvernement

Reste que WayzUp espère surtout sensibiliser le nouveau gouvernement aux vertus que pourrait avoir un cadre législatif plus favorable au covoiturage domicile-travail, qui en a besoin pour se développer et devenir une vraie alternative à la voiture individuelle. Il suffirait en effet de supprimer une à trois voitures sur 10 pour éradiquer la congestion partout en France. Et cela, sans aucun coût d'infrastructure ni investissement supplémentaire, simplement en utilisant les places disponibles dans les voitures qui circulent. On pourrait imaginer que les voies de bus soient autorisées aux covoitureurs, suggère Julien Honnart, qui rappelle que 80% des covoitureurs sur WayzUp étaient auparavant des "autosolistes" et que seuls 20% étaient des usagers des transports en commun. Mais dans les deux cas, "le cercle est vertueux", analyse-t-il, puisque cela fait, au final, moins de voitures sur les routes - et donc moins de congestion et de pollution, avec en prime des transports collectifs moins bondés.

Une fiscalité un peu contradictoire

Or un certain paradoxe existe. A commencer par la désincitation fiscale pour les entreprises qui devront pourtant réaliser des plans de mobilité et encourager le covoiturage de leurs salariés dès le 1er janvier 2018, en vertu de la loi sur la transition énergétique. Cependant, les entreprises qui souhaiteraient réellement le faire en donnant un coup de pouce financier aux salariés qui covoiturent seraient amenées à le payer, dès le premier euro, en charges sociales supplémentaires, ce qui les décourage. Un euros remboursé au salarié coûte donc deux euros à l'entreprise, alors que le remboursement des transports en commun et, depuis 2016, le remboursement du vélo, sont eux exonérés de charges sociales.

Une indemnité kilométrique pour le covoiturage, comme pour le vélo

C'est pourquoi, afin de faire "sauter les bouchons", WayzUp milite pour une "indemnité kilométrique covoiturage", qui fonctionnerait sur le modèle de l'indemnité kilométrique vélo, facultative, pour les entreprises souhaitant s'engager dans la transition énergétique, avec un plafond. "Ne plus prendre sa voiture doit devenir un réflexe et un réflexe qui rapporte, car c'est la société toute entière qui en bénéficiera", conclut Julien Honnart, qui sent bien que la solution n'est plus très loin.

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