Dans les coulisses logistiques du Tour de France, l'autre « course contre-la-montre »

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(Crédits : Reuters)
REPORTAGE. Pour une somme qui demeure confidentielle, l'Américain XPO Logistics, l'un des leaders mondiaux du transport de marchandises, coordonne, depuis trente-neuf ans, tous les chargements et déchargements de stands, barrières et podiums de la Grande Boucle. Au menu : 400 tonnes de matériel, 45 camions, 55 conducteurs et des pauses de 24 à 45 heures.

Dès que la voiture-balai est passée, signe que tous les cyclistes ont franchi la ligne d'arrivée après avoir pédalé pendant près de quatre heures, démarre, en coulisses, une autre « course contre-la-montre ».

Stands préfabriqués et climatisés, barrières de sécurité aux couleurs des sponsors, podiums, pots de peinture, réapprovisionnements de goodies, ces saucissons, maillots, lunettes et casquettes envoyés par les marques partenaires du haut de leur char... Tout doit disparaître en deux-trois heures maximum.

400 tonnes de matériel chaque jour

Ce soir-là à Nîmes, près de 400 tonnes de matériel - et ce volume ne fait que croître d'année en année - doivent être encore recueillies par des manutentionnaires et chargées dans des camions prévus à cet effet, direction Gap.

Tour de France chargement

Prestataire de l'Amaury Sport Organisation depuis 1980 et au moins jusqu'en 2024, c'est l'Américain XPO Logistics qui fournit les 45 semi-remorques de 120 mètres cubes chacun. En cas d'avarie ou de panne, le maillage des 80 agences et franchises est tel qu'il y a toujours un atelier de maintenance à moins de 100 kilomètres de l'incident.

45 camions et 55 conducteurs

En réalité, tout démarre en février après un appel à candidatures lancé auprès des 4.800 conducteurs, à l'issue duquel 55 sont sélectionnés pour circuler en parallèle des sportifs et des dix à douze millions de spectateurs au bord du parcours.

"De même que nous misons sur l'expérience des anciens, nous les réunissons tous avant de partir pour un brief "opération et sécurité" dont l'objectif est simple : zéro accident", explique le directeur événementiel Jean-Baptiste Hocquaux.

Des pauses de 24 à 45 heures

Présent pour la seizième année consécutive sur la Grande Boucle, Manolo57 ans, est de ceux-là. Sur un vaste parking entre le pont du Gard et Alès, il est en train de coordonner le ballet des chariots-élévateurs qui installent le village de départ du lendemain.

"Pour la cohésion avec les jeunes, on mange un bout, c'est ça qui crée le respect !"

Tour de France déchargement

Comme tous ses collègues au volant, ce passionné de vélo et de moto-cross roule cinq jours, se repose 24 ou 45 heures dans un camping-car situé dans un "village vie" équipé en douches et machines à laver, puis remonte à bord de son camion.

Car, dès la semaine prochaine, Manolo reprendra son travail au Luxembourg, davantage habitué aux zones industrielles qu'aux cols de montagne.

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