Etats-Unis : les Noirs américains victimes de racisme par les chauffeurs d'Uber et de Lyft

 |  | 565 mots
Lecture 3 min.
Une fois la course acceptée, les chauffeurs Uber peuvent avoir accès au nom et à la photo du client - et décider de supprimer la course en conséquence.
Une fois la course acceptée, les chauffeurs Uber peuvent avoir accès au nom et à la photo du client - et décider de supprimer la course en conséquence. (Crédits : © Hyungwon Kang / Reuters)
Une étude américaine révèle que les Noirs américains doivent patienter plus longtemps que les blancs avant de voir leur demande acceptée par les chauffeurs d’Uber et de Lyft. Et leur course sont deux fois plus souvent annulées.

Temps d'attente plus long, annulation deux fois plus nombreuses... Les Noirs américains utilisant Uber et Lyft seraient victimes de discrimination raciale aux Etats-Unis, selon une étude publiée lundi par le National Bureau of Economic Research. Des chercheurs de l'Institut de Technologie de Massachusetts, de l'Université de Stanford et de Washington ont analysé les résultats de 1.500 demandes de courses de VTC Uber et Lyft pendant six semaines, réalisées à Boston et Seattle.

"Nous avons observé des temps d'attente plus long pour les clients Afro-américains à Seattle, avec une différence de 35%", souligne l'étude. Les Noirs américains subissent également plus d'annulations pures et simples de leurs courses. A Boston, le taux d'annulation des courses est deux fois plus important pour les noms à consonance noire américaine. Et cette proportion s'accroît considérablement dans les zones peu desservies, où ils sont "trois fois plus susceptibles d'avoir leur voyage annulé".

Supprimer les noms et les photos

Les chercheurs relient ce taux d'annulation aux conditions d'utilisation des applications. Lorsqu'un chauffeur reçoit une demande de course sur Uber, il peut seulement avoir accès à la localisation du client. Une fois la course acceptée, le chauffeur peut voir le nom et la photo du passager - et choisir d'annuler la demande en conséquence. Sur Lyft, les chauffeurs pouvant accéder à ces informations dès la demande, la discrimination se ferait dès le début.

Pour lutter contre la discrimination raciale, les chercheurs suggèrent donc de ne plus communiquer les noms et de renforcer les sanctions contre les chauffeurs qui annulent des courses, sans raison particulière. "Il y a un processus d'apprentissage, et on ne peut pas attendre de ces entreprises qu'elles soient parfaites dès le départ", estime Christopher Knittel, professeur au MIT et auteur de l'étude, auprès de Bloomberg. Dans une note de blog, un des chercheurs précise : "Nous pensons que cette discrimination résulte probablement de décisions individuelles des chauffeurs."

Rachel Holt, responsable des opérations nord-américaines d'Uber, déclare dans un communiqué : "La discrimination n'a de place ni dans la société, ni chez Uber. Nous pensons qu'Uber aide à réduire les inégalités en matière de transports, mais les études comme celles-ci nous permettent de penser à ce que nous pourrions faire de plus." Lyft s'est également fendu d'un communiqué, affirmant "ne tolérer aucune forme de discrimination".

Un constat similaire chez Airbnb

Uber et Lyft ne sont pas les seuls acteurs de l'économie collaborative a voir le racisme se développer à travers leur service. En 2015, des chercheurs d'Harvard ont mené une étude sur Airbnb. "Nous constatons que les demandes d'invités avec des noms distinctement afro-américains sont 16% moins susceptibles d'être acceptés par rapport à des demandes identiques d'invités avec des noms distinctement blancs", note l'étude. Après plusieurs affaires de racisme dénoncées par des utilisateurs noirs, Airbnb a décidé en juin dernier de lancer une enquête auprès des internautes. La plateforme de location a mis une nouvelle charte en place mardi. Les hôtes sont appelés à "traiter tous les membres de la communauté Airbnb avec respect, sans préjugé et sans distinction de couleur de peau". Les membres de la plateforme sont obligés de signer ce texte afin de pouvoir mettre leur bien à la location.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/11/2016 à 21:12 :
Pas génial avec cependant un bémol: les classes les plus paupérisées habitent aussi dans les quartiers les plus dangereux..
a écrit le 02/11/2016 à 19:43 :
LE racisme revient en force aux états unis, la dictature du raisonnement binaire néolibérale ne peut que nous mener à nous dévorer les uns les autres au lieu de nous en prendre aux véritables responsables de nos maux.

C'est bien fait la World Company mais ça nous fait crever.
a écrit le 02/11/2016 à 17:42 :
Jamais compris cette logique, si le client peut choisir son fournisseur, son magasin etc, pourquoi les entreprises, les indépendants etc ne peuvent-ils pas choisir leurs clients ? Incompréhensible ce dirigisme, ce totalitarisme, ces atteintes à la liberté...

Le monde a vraiment besoin de se faire soigner, quand ces grands génies venant d'un pays qui donne du prozac a des nourrissons, nous pouvons douter du bien fondé de leurs intentions dans leurs fameuses études soce.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :