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Français et Européens veulent bien laisser la voiture au garage... si on leur en donne les moyens

Photo de Mounia Van de Casteele

Mounia Van de Casteele

Publié le 26 avril 2017 à 09:08 - Mis à jour le 26 avril 2017 à 12:23

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18 juillet 2026

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Les Européens plébiscitent davantage d'intermodalité (utiliser différents modes de transports au cours d'un même voyage) pour peu qu'on le leur permette, d'après la première édition de l'Observatoire européen des mobilités, réalisé par le Boston Consulting Group et Ipsos.

La voiture est encore très présente dans le quotidien des Européens. C'est en tout cas l'un des enseignements tirés de la première édition de l'Observatoire européen des mobilités, réalisé par le Boston Consulting Group (BCG) et Ipsos. Cette étude a été menée conjointement dans 10 pays de l'Union Européenne sur la perception des infrastructures de déplacement auprès de 10.000 personnes dont 1.000 Français. Il en ressort entre autres que la voiture est de loin le mode de transport le plus utilisé par les Français pour les déplacements du quotidien (67% l'utilisent pour aller au travail ou sur leur lieu d'études, contre 61% pour l'ensemble des Européens).

"C'est une première qui permet de voir quel usage font les Européens de la mobilité", se réjouit Romain de Laubier, directeur associé au BCG de Paris, expert de la mobilité et auteur du rapport. Celui-ci corrobore les dernières conclusions de l'Obsoco, l'observatoire société et consommation, à savoir que 85% des Français utiliseraient leur voiture dans leurs déplacements, dont 59% de manière quotidienne. Ce mode de déplacement reste ainsi le préféré des résidents de l'Hexagone. Et c'est parti pour durer, étant donné que pour 80% des personnes interrogées, la formule idéale réside dans la possession d'une voiture. D'ailleurs, l'Obsoco révélait en septembre 2016 que l'usage de la voiture personnelle avait augmenté de 11%, par rapport à il y a trois ou quatre ans.

On aime sa voiture malgré les bouchons

Cependant, l'étude d'Ipsos et du BCG relativise un tel engouement, dans la mesure où 58% des Français se disent insatisfaits de la fluidité du trafic aux heures de pointe, tout en notant qu'il s'agit là d'un niveau d'insatisfaction identique à la moyenne européenne. Alors pourquoi ne pas changer de comportement en matière de mobilité ? Les Français déclarent en majorité être prêts à le faire si des investissements sont réalisés. Mais moins que la moyenne des Européens. Ils se disent prêts à utiliser plus souvent les transports en commun (65% contre 72% pour les Européens), le covoiturage ou l'autopartage (40% contre 44%) et à utiliser moins souvent leur véhicule personnel (60% contre 66%). Notons sur ce point que ce sont les Allemands qui sont le plus difficile à convaincre, suivis des Belges, des Français et des Irlandais, qui restent très attachés à l'usage de leur voiture personnelle.

     | Lire aussi Les alternatives à l'autosolisme

Cela explique en partie un autre enseignement de cette enquête : les Européens et les Français sont assez contents des infrastructures de transport et de mobilité. L'étude note ainsi une satisfaction générale concernant l'état global des infrastructures et des mobilités.

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"Cela peut surprendre, quand on sait que d'après le World Economic Forum(WEF), l'état général des infrastructures est plutôt en baisse, avec une note désormais inférieure à 6 sur 10. Pourtant la perception des Européens reste positive", remarque Romain de Laubier.

Les Français passent 7 heures par semaine dans les transports

En revanche, les sondés ne se déclarent pas satisfaits de l'intermodalité (utiliser différents modes de transports au cours d'un même voyage). Passer d'un mode de transport à un autre au cours d'un même trajet ne serait pour l'instant pas toujours aisé. Toujours selon cette enquête, les Européens passeraient ainsi beaucoup (trop) de temps à se déplacer. Les Français y consacreraient ainsi 7h12 de leur temps, chaque semaine, soit pratiquement une journée complète de travail. Cela revient à une heure et demi par jour par personne, traduit Romain de Laubier. Or, ce temps empiète sur le temps libre des usagers, prévient-il. D'autant que, paradoxalement, si l'intermodalité est censée améliorer la mobilité, elle implique un temps difficile à valoriser, tout comme l'usage de la voiture en tant que conducteur. Cependant, cette durée reste inférieure à la moyenne européenne de 9h35 par semaine (du lundi au vendredi), soit 1h55 par jour.

Mais pour favoriser l'intermodalité et améliorer leur mobilité, les Français souhaitent plus d'infrastructures et de services digitaux. Problème : à qui revient la charge de financer de nouvelles infrastructures ? C'est indéniablement la grande question au niveau mondial, reconnaît Romain de Laubier. Au niveau européen, il y aurait selon lui "un manque à financer de quelque 500 milliards d'euros"... Le public pourrait alors être sollicité. Cependant, cela paraît peu probable compte tenu de l'état des finances publiques, note de Laubier. Sinon cela pourrait passer par une participation du privé, via des PPP (partenariats public/privé) et/ou les usagers, avec des solutions de type péage urbain, comme à Londres.

Un tiers des Européens se diraient favorables à cette dernière solution, assure-t-il. Avant d'analyser : "ce n'est pas colossal, mais plus élevé que ce à quoi l'on pouvait s'attendre". Tout dépend de l'objectif. "S'il s'agit de limiter la circulation dans l'hyper centre d'une grande métropole, cela fonctionne bien. Mais à Paris par exemple, cela nécessiterait de délimiter un tel hypercentre".

Un titre unique de transport

En outre, toujours selon cette étude, une piste d'amélioration de la mobilité serait un titre unique de transport, sollicité par 81% des sondés. "Un titre unique de transport doit être le moyen envisagé dans les politiques de transport. Sachant qu'il faut faire en sorte que les acteurs se coordonnent", commente Romain de Laubier. C'est d'ailleurs ce qui est en train de se passer dans plusieurs métropoles en France, comme à Paris, sous l'impulsion du Stif, avec la création d'un smart navigo. Ce pass dématérialisé permet de jongler entre les différents modes de transport qui s'offrent aux franciliens : du RER au bus en passant par le tram, le batobus, ou encore Autolib' et Vélib'. Mais pour l'instant, il faut payer autant d'abonnements mensuels ou annuels pour bénéficier d'autant de services.

A terme, il pourrait être envisagé de ne payer qu'un seul abonnement - sorte de forfait "illimité" comme pour les télécommunications - pour simplifier les déplacements et favoriser l'intermodalité. "Technologiquement, un pass illimité semble possible", commente le BCG. Le problème est ensuite le partage des recettes entre les différents opérateurs de mobilité...

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En attendant, il faut "mettre les nouveaux acteurs et les nouvelles mobilités au centre du jeu", estime Romain de Laubier, tout comme le Gart, le groupement des autorités de transports, mais aussi de l'UTP (Union des transporteurs publics) et de la Fnaut, la fédération nationale des associations d'usagers des transports. Le directeur associé au BCG de Paris confirme que les nouveaux types de mobilités, comme les VTC (voitures de transport avec chauffeur) partagés, seraient des leviers pour résoudre en partie l'accessibilité des zones mal desservies par les transports en commun, augmentant une certaine dépendance à l'égard de l'automobile. En effet, l'étude met en lumière que 36% des Européens et 37% des Français déclarent qu'ils devraient déménager s'ils perdaient leur emploi. Un Français sur quatre pense qu'il est un peu trop loin de tout. C'est logiquement le cas de ceux qui habitent en zone rurale.

Reste que pour la majorité des personnes interrogées, les innovations en matière de mobilité auront des conséquences positives sur leur qualité de vie d'ici 15 ans.

*Un graphique de notre partenaire Statista

Mounia Van de Casteele

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