Livraison du dernier kilomètre : la startup strasbourgeoise ULS embarque Geodis dans la logistique urbaine fluviale et à vélo

Le partenariat entre Geodis et Urban Logistic Solutions (ULS), opérateur strasbourgeois de logistique multimodale, prévoit l'acheminement des marchandises par voie fluviale jusqu'au centre de la capitale alsacienne. Des vélos à assistance électrique avec remorque assurent le transport sur le dernier kilomètre.

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Au centre de Strasbourg, 17 vélos à assistance électrique prennent le relais pour la livraison sur le dernier kilomètre.
Au centre de Strasbourg, 17 vélos à assistance électrique prennent le relais pour la livraison sur le dernier kilomètre. (Crédits : Olivier Mirguet)

Geodis s'attaque au juteux marché de la livraison du dernier kilomètre. La filiale de la SNCF dans le transport routier, maritime et aérien, se lance à Strasbourg dans la logistique multimodale fluviale et à vélo. La prestation de messagerie express et de transport de palettes en centre-ville va être opérée en sous-traitance par Urban Logistic Solutions (ULS). Il se traduit par le remplacement de quatre camions et véhicules utilitaires de Geodis par 17 vélos à assistance électrique avec des remorques attelées. La clientèle desservie (commerces, restaurants, particuliers) représente 15 % des flux de Geodis dans l'agglomération strasbourgeoise.

Opérateur depuis septembre 2020 dans la logistique multimodale, alliant le transport par barge fluviale et le vélo électrique, la startup strasbourgeoise ULS signe avec Geodis son premier partenariat industriel d'envergure. L'activité d'ULS à Strasbourg (1,2 million d'euros de chiffre d'affaires, 27 salariés) pourrait être multipliée par quatre au cours des prochains mois.

Deux bases logistiques dans la ville

A Strasbourg, ville servant de modèle pour le déploiement national, les opérations d'ULS s'appuient sur deux plateformes logistiques distinctes. La première, sur 25.000 mètres carrés couverts dans le quartier périphérique du Port du Rhin, est dédiée au transbordement des marchandises et à leur chargement sur une barge de 122 tonnes. Cette dernière réalise chaque matin une desserte du centre-ville. Le temps de navigation s'établit à 25 minutes. Les marchandises sont ensuite déchargées sur une seconde base logistique, plus petite (400 mètres carrés en plein air), puis distribuées à leurs destinataires par des coursiers à vélo. Le circuit des cyclistes a été restreint volontairement à un isochrone de 12 minutes, afin d'optimiser les temps de trajet. Le retour de la barge ne s'effectue pas à vide : certains commerçants confient à ULS le transport de leurs déchets (cartons) envoyés au recyclage.

La zone de chalandise éligible à cette logistique combinée est limitée au centre historique de Strasbourg (la "Grande île", largement piétonnisée) et aux quartiers de la Krutenau et de l'Esplanade. Chaque cycliste peut transporter jusqu'à 180 kilos de marchandises en un trajet.

ULS s'est préparé depuis cet hiver à dupliquer son concept à Lyon, où l'ouverture d'une base a été annoncée au mois de mars puis reportée jusqu'à la fin du mois de juin. Rouen, Avignon et Arles figurent parmi les prochaines ouvertures à suivre cette année. "Chaque lancement va mobiliser 5 millions d'euros d'investissements en matériel et en immobilier", calcule Thomas Castan, président, fondateur et actionnaire d'ULS, qui ambitionne de recruter 400 personnes au terme d'un plan de développement initial dans 18 villes. La croissance sera financée par des concours bancaires.

Les voies fluviales françaises en ligne de mire

Ancien cadre dans la logistique industrielle, Thomas Castan entend imposer son modèle "dans toutes les villes d'au moins 50.000 habitants qui sont desservies par la voie fluviale". L'implantation à Strasbourg en 2020 a fait écho à un appel à manifestation d'intérêt lancé par Voies Navigables de France (VNF), qui souhaitait tester dans la capitale alsacienne une organisation inédite du transport de petits colis.

"Nous avons imposé une proposition disruptive dans la logistique urbaine en mariant les avantages de la voie d'eau avec ceux du vélo", estime Thomas Castan. Les process des opérations de transbordement, qui créent deux ruptures de charge entre le camion, la barge et le vélo, ont été particulièrement suivis. "Les équipes sont en mesure de transborder 680 palettes en une heure et sept minutes", a calculé Thomas Castan.

Un centre de recherche au Portugal

Optimiste, le fondateur d'ULS parie sur une croissance très rapide et rêve déjà de son expansion européenne au Benelux, en Allemagne et au Royaume-Uni. Il s'apprête à ouvrir le capital à un partenaire industriel ou financier, pour soutenir plusieurs projets de recherche et développement évalués à 3 millions d'euros. Ces projets visent notamment à mettre au point une barge spécifique au transport de palettes. Thomas Castan imagine des remorques plus capacitaires tractées par ses vélos électriques (jusqu'à 500 kilos de charge utile, sans modification d'encombrement) et des outils informatiques (Transport et Warehouse Management Systems) dédiés à sa spécialité. "Notre centre de recherche sera établi au Portugal, où les autorités locales m'accordent des facilités d'installation", annonce Thomas Castan. L'installation de ce centre de recherche à Lisbonne, avec une équipe de jeunes ingénieurs à recruter, est prévue dès septembre 2022.

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