Où en est SeaBubbles, le projet de taxis volants sur l'eau ?

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SeaBubbles effectue une démonstration de son taxi volant sur la Seine, à Paris, le 22 mai 2018.
SeaBubbles effectue une démonstration de son taxi volant sur la Seine, à Paris, le 22 mai 2018. (Crédits : Reuters)
Alain Thébault, le fondateur de cette startup française, espère en lancer la production en série début 2021. Neuf SeaBubbles, vendues autour de 250.000 euros pièce, ont déjà été commandés, affirme-t-il.

La production en série des SeaBubbles, des "taxis volants" sur l'eau, commencera en janvier, affirme le fondateur de la startup française, Alain Thébault.

"On finalise la version définitive du SeaBubble jusqu'en décembre, puis elle rentre en production début 2021 pour des livraisons six mois plus tard", a précisé à l'AFP M. Thébault.

Créée en 2016, l'entreprise veut décongestionner les villes en développant le transport aquatique, avec une promesse: "une absence de bruit, de vagues, de pollution et un véhicule qui recrache juste de la vapeur d'eau grâce à [sa propulsion à] l'hydrogène", s'enthousiasme l'architecte naval.

Pour réaliser cette prouesse, les SeaBubbles reprennent le principe de l'hydroptère développé par Alain Thébault, avec lequel il a battu un record de vitesse à la voile en 2009.

Des "foils", sorte d'ailerons immergées, maintiennent le bateau hors de l'eau à environ 50 centimètres au-dessus des vagues, grâce à la vitesse. "Cela fait 30% à 40% de frein en moins", explique l'entrepreneur.

Le PDG table sur une production initiale de 50 véhicules. Neuf SeaBubbles ont déjà été commandés, affirme-t-il.

M. Thébault met en avant l'intérêt de villes comme "Dubaï, Venise, Zurich, Paris..." et espère vendre les 50 premières unités "avant la fin de cette année".

"J'ai adopté le modèle de Tesla [le constructeur américain de voitures électriques haut de gamme, Ndlr]. Il faut verser un acompte symbolique et vous la payez à la livraison", explique l'inventeur.

Destinées avant tout aux métropoles, les Bubbles sont vendues autour de 250.000 euros pièce.

En France, les relations entre l'entrepreneur et les pouvoirs publics connaissent des hauts et des bas. Alain Thébault fait l'éloge de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui l'a soutenu publiquement dans son projet, mais se plaint des lourdeurs administratives qui ont causé l'ajournement d'essais sur la Seine en 2017.

La réglementation impose une vitesse maximum de 12 km/h sur les rivières, alors que les SeaBubbles sont conçus pour circuler à 40 km/h.

Levée de fonds

"Quand on a été reçu par les ministres à Dubaï, on nous a dit: 'ici, tout est possible. Il n'y a pas de limite de vitesse'", relève le PDG.

"Il y a un besoin de financement de cinq millions pour le premier objectif des 50 bulles, et de sept millions pour la partie HiBus", a détaillé à l'AFP le conseiller de l'entreprise pour les questions financières.

Car, en plus des SeaBubbles à sept places (dont une pour le pilote), Alain Thébault ambitionne de commercialiser un bateau-bus de 12 ou 32 places, à l'horizon 2022.

Pour concrétiser ces projets, la startup est en "discussion préliminaire avec une famille franco-suisse" pour répondre à la première partie de ses besoins d'investissement, confie ce consultant extérieur à l'entreprise.

Jusqu'ici, SeaBubbles a levé 13 millions d'euros, principalement auprès de la MAIF, mais aussi du fonds Partech, de Henri Seydoux (Parrot) et de Philippe Camus (ex-Lagardère et Airbus).

La startup a également reçu des subventions de Bpifrance et de l'Union européenne.

En 2019, le rachat par un fonds d'investissement étranger des 65% du capital de la famille Thébault a été annoncé dans les médias, avant un rétropédalage. "Nous avons jugé avec mes enfants qu'il était trop tôt pour vendre", justifie ce père de cinq enfants.

Le véliplanchiste suédois Anders Bringdal, cofondateur de SeaBubbles, a pour sa part été récemment "débarqué par le board", indique M. Thébault.

À terme, les SeaBubbles pourraient devenir autonomes et être fabriquées en matériaux biodégradables. Pour l'instant, l'innovation majeure de la première série sera un moteur hybride, électrique et hydrogène, offrant une autonomie de "2h30 pour quatre minute de temps de charge", affirme le PDG.

Pour produire les 50 premières SeaBubbles, l'entreprise a basé son bureau d'études et sa ligne d'assemblage à Saint-Jorioz, sur les rives du lac d'Annecy. Le HiBus pourrait être pour sa part être assemblé à Lyon.

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Commentaires
a écrit le 18/08/2020 à 15:30 :
On dira 1million pour 4 , ça fait plus riche Mme Hidalgo .
a écrit le 17/08/2020 à 14:55 :
250000 euros pour l'équivalent d'un minibus en matériaux , cela fait cher le kilo d'écologie .
C'est vrai que c'est un marché ^porteur !
a écrit le 10/08/2020 à 15:52 :
pour 250 000 euros je préfèrerait acheter une supercar !
a écrit le 07/08/2020 à 12:39 :
Il n'y a qu'en France que des trucs aussi loufoques voient le jour, paye bien sur a terme par le contribuable.
Vous n'avez pas encore touche le fond, patience tout arrive pour celui qui sait attendre.
a écrit le 06/08/2020 à 16:55 :
Au prix que seront vendus ces taxis volants je ne suis pas sûr que ça sera trés rentable pour ceux qui les exploiterons
a écrit le 06/08/2020 à 16:05 :
Le bateau volant. Ça semble une bonne réalisation, cependant pour aller sur la Seine à Paris, ça ne sera pas intéressant, car la vitesse est limitée à 14 km heure.
a écrit le 06/08/2020 à 9:02 :
Principe de la start up: avoir un projet dans l'air du temps plus ou moins louffoque, recueillir des subventions, se payer de bons salaires et 5 ans apres déclarer que l'administration bloque, les gens ne sont pas près... Combien de millions d'euros publics pour transporter quelques personnes privilégiées sur la seine? pendant ce temps, Valerie Pécresse achête 170 bus diesel, Vinci et sa filiale mobilité utilise des cars diesels surdimensionnés en banlieue et polluent alors que la plupart des pays européens n'ont plus de cars ou bus publics diesel mais méthanol... Enfin, cela fait bien pour la photo n'est ce pas Madame Hidalgo.
Réponse de le 06/08/2020 à 14:16 :
Le jour où des journalistes d'investigation vont faire une enquête sérieuse sur le financement des seabubbles, de Bercy à la Mairie de Paris, on va en entendre de belles !!!
a écrit le 06/08/2020 à 8:14 :
Tout a fait d'accord avec les avis globalement négatifs déjà émis.
En ce qui concerne l'usage des piles à combustible, elle rejettent effectivement de l'eau, mais chargée de toutes les cochonneries que la pile a absorbé avec l'air ou elle puise son oxygène.
De plus, le rendement étant d'environ 50%, pour une puissance motrice de 50kw, la pile va rejeter 50kw d'air chaud soit une vingtaine de radiateurs domestiques.
a écrit le 05/08/2020 à 14:13 :
Seabubbles restera comme la plus grande arnaque refilé à des politiques qui n'ont aucun sens du rendement économique. Depuis les avions renifleurs de Giscard, on n'a pas fait mieux. Les informations sont d'ailleurs contradictoires puisque le créateur avait selon certaines informations publiées revendu son concept et avait empoché la mise.
a écrit le 05/08/2020 à 10:34 :
" sera un moteur hybride, électrique et hydrogène" j'avais lu qu'un constructeur automobile, le seul qui envisageait d'utiliser l'hydrogène en tant que carburant avait laissé tomber. L'hydrogène sert en pile à combustible pour faire de l'électricité qui alimente un moteur électrique. Le moteur hybride serait donc électrique et électrique ? Ou eux ont réussi à "brûler" l'hydrogène dans leur moteur (ça se fait dans les fusées, H2 O2 liquides).
Moteur hydrogène seul c'est pas possible ? L'hybride c'est bien pour la route où on change de contexte, ville/route, là c'est Seine, Seine, Seine. Ou palier la vacuité du réservoir à hydrogène de la ville de Paris, faut continuer à circuler.
a écrit le 05/08/2020 à 10:34 :
Même problème que Smart...

On fabrique un produit qui ne colle pas à la réglementation et après on râle parce que l'Etat ne suit pas les desiderata de l'entreprise...

Smart vendait du stationnement 1/2 tarif (jamais réalisé et non prévu par la réglementation), eux veulent s'affranchir de la vitesse limite sur la Seine (et c'est le principal problème, pourquoi eux seraient dispensés des 12 km/h et pas les autres...).

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