Pryntec, la PME bourguignonne qui fabrique les radars pour contrôler les voies réservées au covoiturage
Amandine Ibled
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Le Totem Pryntec
APRR Gilles Galoyer
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Le Totem Pryntec
APRR Gilles Galoyer
Un losange lumineux sur les panneaux de l'autoroute ? Le petit dernier du code de la route - introduit par la Loi d'orientation des mobilités (LOM) en 2019 - signifie que seuls certains véhicules peuvent emprunter cette voie : les véhicules transportant au moins deux personnes, les véhicules Crit'Air 0, les taxis, ou les bus. Ces voies réservées ont pour intérêt et objectif de réduire la pollution, mais aussi de permettre une décongestion du réseau routier lorsqu'il est dense, tout en développant une politique de mobilité durable.
Si jusque-là les premières villes équipées, comme Lyon, Grenoble ou encore Annecy, misaient sur la pédagogie, désormais, des radars sont déployés le long de ces voies. L'État a proposé à ces collectivités d'expérimenter, depuis septembre 2023 et pendant deux ans, l'installation de dispositifs de contrôle et de sanction. Les automobilistes seuls qui empruntent cette voie peuvent désormais être verbalisés. Selon la loi, « un conducteur qui circule sur une voie réservée au covoiturage alors qu'il n'en a pas le droit est passible d'une amende forfaitaire de 135 euros. » Petite précision, par covoiturage, la législation entend « une situation avec plusieurs occupants ». « On ne traite pas la notion de covoiturage comme un ticketing. C'est le fait d'être en mobilité multiple, c'est-à-dire un véhicule avec plusieurs passagers à l'intérieur », précise Stéphane Bidault, directeur du groupe TEB, dont Pryntec est une filiale. Autrement dit, une famille voyageant au sein de sa voiture est comptabilisée comme un véhicule de covoiturage.
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Une seule entreprise a réussi à développer la technologie qui permet de contrôler le nombre de passagers à bord d'un véhicule : Pryntec, située à Corpeau, en Côte-d'Or. La PME, créée il y a quarante ans, est spécialisée dans les capteurs intelligents, l'intelligence artificielle et la transformation de la vidéo en données, à des fins de sécurité, de mobilité, de fluidité, de tranquillité, et de mobilité durable. « Il aura fallu quatre ans de recherche et développement pour concevoir notre technologie », confie Stéphane Bidault. Soit au total, 25 personnes à temps plein et un million d'euros d'investissement par an. Cette innovation fonctionne avec l'intelligence artificielle. « Nous avons développé des algorithmes capables de compter et de déterminer le nombre de personnes à bord, mais également de relever les plaques d'immatriculation », précise le chef d'entreprise. Cette technologie a été intégrée par les ingénieurs de Pryntec dans des « totems » au bord des périphériques des premières villes françaises qui ont fait le choix de réserver une voie de circulation au covoiturage. L'entreprise préfère parler de « totems » plutôt que de « radars » car au moment où les premiers modèles ont été installés, il n'y avait encore pas de sanction possible. Aujourd'hui encore, ces VR2+ (voies réservées à deux occupants) sont en cours d'expérimentation. Même si la loi prévoit une amende, « Nous ne sommes pas dans une philosophie de répression », souligne Stéphane Bidault. Ce dernier croit beaucoup en la pédagogie pour inciter les conducteurs à adopter des comportements plus responsables et plus sobres. « Nous ne travaillons pas sur la reconnaissance faciale puisque je rappelle que cela est interdit ou très encadré en France. Nous avons plutôt travaillé sur deux axes : la mobilité durable et la sécurité sur la route », poursuit-il.
Amandine Ibled
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