Rachat Bombardier : Alstom prêt à vendre une usine française pour convaincre Bruxelles

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Alstom avait notifié le mois dernier son projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour 6 milliards d'euros à la Commission européenne, qui a jusqu'au 16 juillet pour un premier examen de l'affaire.
Alstom avait notifié le mois dernier son projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour 6 milliards d'euros à la Commission européenne, qui a jusqu'au 16 juillet pour un premier examen de l'affaire. (Crédits : Regis Duvignau)
Alstom propose notamment de céder ses trains régionaux pour le marché français, Coradia Polyvalent, et son site de production de Reichshoffen en France. Ces engagements "sont soumis à l'approbation de la Commission européenne", précise le groupe qui estime que l'acquisition de Bombardier Transport "reste en bonne voie pour une clôture prévue au premier semestre de l'année 2021".

Alstom a annoncé ce jeudi qu'il allait proposer à la Commission européenne plusieurs mesures, dont la cession de son site de production de Reichshoffen (Bas-Rhin) ainsi que d'installations sur un site en Allemagne, afin de pouvoir racheter son concurrent Bombardier Transport.

Lire aussi : Alstom confirme plancher sur le rachat de Bombardier

"Pour répondre aux préoccupations initiales de la Commission européenne", gardienne de la concurrence en Europe, "Alstom, en coordination avec Bombardier Transport et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDQP), annonce aujourd'hui son intention de soumettre un certain nombre d'engagements", indique le groupe dans un communiqué.

Alstom propose notamment de céder ses trains régionaux pour le marché français, Coradia Polyvalent, et son site de production de Reichshoffen en France.

Le groupe se dit également prêt à vendre la plateforme Bombardier Talent 3 - des automoteurs vendus en Allemagne et en Autriche - ainsi que "des installations de production correspondantes situées sur le site de Hennigsdorf", au nord de Berlin, en Allemagne.

La société fournira également "un accès à des tiers à certaines interfaces et produits des différentes unités de signalisation embarquée de Bombardier Transport et de systèmes de gestion du contrôle des trains".

Enfin, le nouvel ensemble se recentrerait sur les trains à grande vitesse d'Alstom (TGV), après avoir transféré la contribution de Bombardier Transport dans d'autres trains à grande vitesse (V300 Zefiro).

La Commission aura le dernier mot

Ces engagements "sont soumis à l'approbation de la Commission européenne", précise Alstom qui estime que l'acquisition de Bombardier Transport "reste en bonne voie pour une clôture prévue au premier semestre de l'année 2021".

Alstom avait notifié le mois dernier son projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour 6 milliards d'euros à la Commission européenne, qui a jusqu'au 16 juillet pour un premier examen de l'affaire.

En février 2019, Bruxelles avait mis son veto à un projet de reprise d'Alstom par le groupe allemand Siemens, craignant une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Avec un chiffre d'affaires cumulé de plus de 15 milliards d'euros et un carnet de commandes dépassant les 75 milliards, le mariage Alstom-Bombardier doit créer un groupe puissant, capable d'affronter le mastodonte chinois CRRC.

Lire aussi : Alstom va doubler de taille en rachetant Bombardier pour mieux lutter contre les Chinois

Les deux groupes disposent actuellement d'un quasi-monopole sur le matériel roulant en France, où ils collaborent régulièrement comme sur le métro et le RER de Paris.

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Commentaires
a écrit le 10/07/2020 à 15:24 :
Espérons que le tollé politico économique suite à la fusion refusée d'Alstom Siemens, aura servi à insuffler un à priori positif de la Commission sur ce projet.
Et puis, comme avec cette crise, le terme "stratégique" est à la mode, disons qu'avec l'accord de la Commission, un groupe ferroviaire européen aura enfin acquis une taille stratégique pour tirer son épingle du jeu ds une compétition planétaire pour des marchés pouvant concerner des territoires de la dimension d'un continent.
a écrit le 10/07/2020 à 14:07 :
Nous voilà dans les choux ! ... de Bruxelles...

Les choux de Bruxelles, l'un des légumes qui contient le plus de pesticides !
a écrit le 10/07/2020 à 11:47 :
On rappelera pour les journalistes qui sont généralement assez peu professionnels dans leur présentation de Bombardier , que cette firme canadienne n'a jamais inventé le moindre train , mais a racheté ANF (Ateliers du Nord de la France) en 1989 , une des plus ancienne firme de construction de matériel ferroviaire française , et même mondiale
Il serait bon , à l'heure de Wikipedia , de creuser un peuses dossiers .
a écrit le 09/07/2020 à 15:52 :
Bruxelles a fait capoter plusieurs fois des alliances avec des firmes françaises, serait-ce de la mauvaise volonté ?
Elle a interdit notamment le rachat par Pechiney d'Alcan Aluminium qui quelques mois plus tard rachetait à son tour Pechiney à des conditions avantageuses
a écrit le 09/07/2020 à 9:57 :
Alsthom !!

ils ont virés le h en loucedé par qu'ils avaient honte d'avoir pomper/acheter toutes ces technos électroniques aux anglais et aux américain.

C'était le h de l'ingénieur électronique anglais Thomson ! Qui a donné son nom d'ailleurs à la boite francaise du meme nom qui s'est déguisée en Thalès. Par ce que, you know, after all, we all learn from the greeks, LOL !

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